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2019 : "la mort de la médecine libérale"

L'étau se resserre sur les médecins libéraux. Alors qu'Emmanuel Macron a décrété "la fin de l'exercice isolé" pour 2022 et que la liberté d'installation est attaquée de toutes parts, les contraintes s'accumulent : obligation de rejoindre une CPTS, engagement à soigner davantage de patients pour bénéficier du financement d'un poste d'assistant, création d'un "droit opposable" au médecin traitant… Devenus les boucs-émissaires des déserts, vous avez été nombreux ces dernières semaines à témoigner de votre désarroi. Et à partager un même constat : la médecine libérale vit ses dernières heures.

 

"La France n'aime pas les médecins", se désole un Egoranaute. La semaine dernière, lors de l'examen du projet de loi de santé en commission des Affaires sociales, les preuves de ce désamour se sont accumulées : amendement fustigeant  "l'ingratitude corporiste" et proposant d'instaurer une coercition à l'installation, délégations de compétences aux pharmaciens et aux infirmières, création d'une obligation de prendre en charge les patients sans médecin traitant...

Mais pour vous, ce ne sont que les derniers coups portés à la médecine libérale. Enjoints de soigner toujours plus de patients, incités par tous les moyens à vous regrouper, voire à vous salarier, vous nous avez fait part de vos inquiétudes sur l'avenir de la profession. Voici une sélection de vos commentaires.

 

"Nous sommes bien devenus des salariés des caisses"

Par Bozboz

À ce rythme, avec nos députés, demain nous serons probablement tous des salariés !

Si en droit français, ce qui caractérise un contrat de travail est bien : 

- en premier, la prestation de travail ; 
- en deuxième, la rémunération de ce travail
- en trois, le lien de subordination juridique

Alors, si, grâce à nos élus, demain "le directeur de l’organisme gestionnaire" a le pouvoir d'imposer au médecin quels seront ses patients, et que le médecin ne pourra s'y soustraire, il y aura bien un lien de subordination manifeste entre le médecin et l'organisme gestionnaire ! 

Comme cette imposition ira de paire avec une demande de prestation et une rémunération par l'organisme gestionnaire, il est évident que tôt ou tard un tribunal confirmera que nous sommes bien devenus, preuves à l'appui, des salariés des caisses. 

À moment donné, nos députés devront assumer, s'ils sont adoptés, leurs amendements, évaluer le coût de l'étatisation de la médecine libérale, et réécrire -cela va de soit- notre code de déontologie, qui en dehors d'une urgence ne nous oblige pas à prendre en charge tel ou tel patient ! 

Et si nous nous habituions déjà à notre futur statut de salarié en adoptant les 35 heures hebdomadaires et les 5 semaines de congés payés ? Pour le treizième mois, je fais confiance à nos syndicats pour le négocier ! 

[...]

Si un tel amendement passait, je proposerais volontiers à nos syndicats réunis ( j'ai le droit de rêver ) de lancer un mot d'ordre demandant simplement aux médecins de ne plus...

22 commentaires

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