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Comment faire sortir les PU-PH et les internes des CHU ?

Une table ronde visant à identifier les solutions pour encourager les professionnels de santé ainsi que les étudiants en médecine à s’impliquer dans les établissements hors CHU a eu lieu à l’occasion d’un colloque sur l’accès aux soins, ce mercredi 4 février au sein de l'Académie de médecine. 

06/02/2026 Par Alexis Vignais
Internat Hôpital
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Comment “casser les murs” du CHU ? Voilà la question qui a occupé les esprits, lors d’une table-ronde du colloque, axé sur l’accès aux soins, organisé par l’Académie nationale de médecine et la conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine. Casser les murs pour projeter les centres hospitalo-universitaire (CHU), ainsi que les facultés dans les territoires qui les entourent.

Une mission complexe qui doit d’abord débuter par “un diagnostic territorial”, selon Marie Essig, doyenne de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yveline. Objectif : identifier les besoins du territoire, un prérequis à toute action et une garantie d’éviter d'éventuelles erreurs. “À quoi ça sert d'aller mettre un PUPH de neuroépidémiologie tropicale dans un territoire de santé où il n'y a absolument aucun besoin de santé sur cette spécialité ?”, image la doyenne.  

Mais quels outils sont vraiment disponibles pour permettre aux praticiens de santé de sortir des CHU et d’évoluer, même ponctuellement, au sein des CH ? “Chefs de clinique territoriaux”, “enseignants associés”, “assistants universitaires de médecine générale”, ce n’est pas les statuts qui manquent selon Marie Daudé. La directrice générale de la DGOS encourage : il faut utiliser les dispositifs existants.

Rendre les CH accessibles

Pierre Michel, membre de la conférence des PCME-CHU, a lui notamment opté pour la valorisation des postes d’assistants partagés. “ C'est-à-dire que les gens font 60% en CH, 40% au CHU, ce qui leur permet à la fois de travailler leur surspécialité en CHU, [et] de découvrir un mode d'exercice différent, de s'implanter [...] ” Toutefois, comme nombre de dispositifs, l’organisation pratique n’est pas négligeable. “Il faut un certain nombre de conditions pour qu'il fonctionne. Il y a des conditions toutes bêtes d'accessibilité. Si vous êtes obligé de faire 1h30 de route matin et soir pour aller dans le CH, ça ne va pas fonctionner.”

Encourager les professionnels de santé à emprunter cette voie, mais également les étudiants en médecine. Un processus qui passe notamment, selon Thierry Godeau, président de la conférence des PCME-CH, par une meilleure découverte des CH. “Souvent, les étudiants n'ont découvert l'hôpital qu'à travers le CHU. Or, l'exercice à l'hôpital, notamment en CH [...] est complètement différent et il doit être obligatoirement découvert tout au long des études.”

Marie-Bérénice Roux, vice-présidente de l’ISNI complète : “il faut se rendre compte que pour un interne, ça peut être compliqué de partir [du CHU et de la métropole], car ça veut dire qu’il doit déménager. [...] Il faut lui proposer une solution de logement de facilité ou à moindre coût”, indique-t-elle. “Ça va se jouer aussi au niveau du transport. L'indemnité d'aujourd'hui de transport pour un interne est de 130 € s'il fait un stage en ambulatoire. Sauf que beaucoup d’internes ont un appartement dans la métropole et vont se faire les trajets tous les jours, ce qui peut être très long.” La valorisation du dialogue avec ces structures a aussi été mise en exergue. “Moi, je viens de la ville de Marseille et ce qu'on a décidé de faire à Marseille, avec notre ARS, c'est d'aller à la rencontre des CH.” Des discussions sur les agréments et sur l’opportunité de stages CH / CHU en sont ressorties.

Marion Da Ros Poli, présidente de l’ANEMF, tempère. Il ne faut pas oublier le “libéral”, le “salariat” ou encore “les maisons de santé”, pour que les étudiants puissent “se faire une idée” de l’exercice futur qu'ils souhaitent avoir. Alerte est également donnée à ne pas “priver les étudiants” des centres de formation d’excellence à l’image de celui de “Nantes pour l'hématologie” ou de “Bordeaux pour la cardiologie.”

Il faut aussi identifier les “cercles vicieux”, ainsi nommés par Marie Essig. C'est-à-dire les lieux “Il n'y a plus d'internes parce que le service, l'établissement est dysfonctionnel”. Thierry Godeau, président de la conférence des PCME-CH, abonde : Un jour j’ai appris en pleine commission que, dans un service, les seniors ne se levaient pas la nuit quand on les appelait. Donc les internes ne voulaient plus y aller. Ça durait depuis des années, on n'en avait jamais entendu parler, il y avait de l'omerta. Ça s'est réglé une fois que la gouvernance a été au courant.” L’échange et la libération de la parole pourraient ainsi se révéler les alliés insoupçonnés pour enfin aller “hors les murs”.

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