Crédit photo : Alexis Vignais.

Régionalisation de l'internat, quatrième année... La prescription des doyens et académiciens

À l'occasion d'un colloque sur l'accès aux soins, ce mercredi, les doyens et les académiciens ont rappelé leurs positions sur des sujets majeurs, comme la régionalisation de l'internat ou la quatrième année de médecine générale, qui suscite de vives inquiétudes chez les futurs docteurs juniors.

05/02/2026 Par Alexis Vignais
Internat Padhue
Crédit photo : Alexis Vignais.

Le colloque sur l'accès aux soins organisé ce mercredi par l'Académie de médecine et la Conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine n'a pas échappé à l'actualité. Sommée, lors d'une conférence de presse qui a clôturé cette journée, de rebondir sur la réforme de la quatrième année, la cheffe de file des doyens, la Pre Isabelle Laffont, a notamment rappelé son soutien à une réforme qu'elle estime "nécessaire". 

Tout en ne cachant pas une pointe de préoccupation : "Il manque encore 40 % des maîtres de stage universitaire (MSU)." Une inquiétude vite balayée par de l'optimisme : "Je pense qu’on va y arriver. [...] Les derniers détails qui restent à régler sont des détails essentiellement techniques, organisationnels et sur le circuit des financements." Pour autant, les syndicats espèrent toujours des avancées, l'Isnar-IMG appelle même à faire grève "chaque premier lundi du mois", depuis le 2 février, et "jusqu'à la publication de textes réglementaires" accédant à leurs revendications.

Peu avant, la doyenne a rappelé l'importance des collectivités territoriales, notamment pour accueillir les étudiants en stage. Une volonté reposant sur le postulat que les étudiants s'installent là où ils ont réalisé leur formation. En effet, selon une étude de l’Insee, publiée en novembre 2024, la moitié des médecins généralistes libéraux ayant débuté leur internat entre 2004 et 2007 exerçait en 2019 à moins de 43 kilomètres à vol d'oiseau de l'université dans laquelle ils ont effectué leur internat.

Territorialiser les stages 

Mais "pour pouvoir territorialiser ces stages, on a besoin de travailler avec les collectivités territoriales. C'est une alliance qui est indispensable. [..] D’abord pour l'expression des besoins des territoires, ensuite pour l'organisation pratique et la qualité de l'accueil qu'on va pouvoir donner à ces étudiantes et à ces étudiants", a ajouté la présidente de la Conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine. Le soutien à l'hébergement, de la part de ces collectivités, tout comme la création de postes d'enseignants dans les territoires, complètent le panel pour permettre un bon accueil de ces étudiants, selon les doyens. 

Aider les étudiants à s'installer dans les territoires, oui, mais les doyens comme les académiciens ont, à nouveau, fait part de leur volonté que le concours de l’internat "reste national". La proposition de loi relative aux formations en santé, adoptée au Sénat, invite notamment à régionaliser l'internat, en fixant comme objectif d'affecter deux tiers des internes dans la région dans laquelle ils ont réalisé leur externat. 

Francis Michot, président de l'Académie nationale de médecine, propose, lui, "plutôt que de courir après des mesures coercitives", une "mesure incitative" : un futur interne, faisant le choix d'un territoire "particulièrement en difficulté en termes de démographie médicale", pourrait se voir attribuer "un coefficient de pondération", lui permettant d'avoir accès "dans la subdivision où il a débuté ses études, à une spécialité à laquelle il ne pourrait pas accéder ailleurs".

Etudiants trop nombreux en stage 

A l'occasion de cette conférence de presse, les doyens et académiciens ont également appelé à la vigilance concernant les Padhue. Si tous les acteurs s'accordent à dire que ces derniers sont essentiels pour faire fonctionner le système de soins, ils alertent sur les conditions d'organisation de la phase de consolidation. Celle-ci intervient après la validation des épreuves de vérification de connaissances (EVC). "Il y a des difficultés parce qu'il y a beaucoup de Padhue qui ont été reçus aux épreuves de vérification des connaissances cette année, et ils ont été affectés dans des stages pour certains qui sont agréés à la formation des internes, pour d'autres qui ne le sont pas", regrette Isabelle Laffont. 

Second point de vigilance : certains Padhue sont affectés dans des stages où des internes sont déjà présents. "Donc ça crée un afflux massif d'étudiants dans certaines régions et dans certaines spécialités qui posent parfois la question de notre capacité à garder une formation de qualité. [...] On attire l'attention sur le fait qu'il faut qu'on fasse attention à ne pas créer des tensions sur le terrain avec des étudiants trop nombreux en stage." 

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