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24 millions de profils activés en 4 ans sur Mon espace santé : la Cnam fait le bilan

À l’occasion des quatre ans du lancement de Mon espace santé, l’Assurance maladie est revenue sur les nouveautés du carnet de santé numérique et sur les projets à venir. L’objectif est de rendre cette interface plus simple et ergonomique pour les professionnels de santé, et plus personnalisée pour les patients. 

30/01/2026 Par Mathilde Gendron
E-santé
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Voilà quatre ans que Mon espace santé est accessible pour les soignants et les patients. Lors d’une conférence de presse tenue pour cette occasion, Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) a déclaré fièrement : "Mon espace santé est encore jeune, mais il s’est installé dans la vie des assurés et de plus en plus dans la pratique des professionnels de santé."

24 millions de profils ont été activés. "Ce ne sont pas des activations isolées, c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose que j’ai activé et sur lequel je ne reviens plus jamais", ajoute Thomas Fatôme. Un utilisateur sur deux enrichit en effet son dossier, d’après les chiffres de la Cnam et près de la moitié des usagers revient sur Mon espace santé d’un mois à l’autre. L’outil se déploie également sur le smartphone. 8 millions de personnes ont téléchargé l’application mobile. "Et les activations se poursuivent, on est autour de 600 000 chaque mois", confie le directeur général de la Cnam, mentionnant le nouvel objectif de 40 millions d’activation d’ici fin 2027. 

Du côté des professionnels, 150 000 soignants et 3 800 établissements de santé l’ont déjà alimenté. En 2025, 420 millions de documents ont été déposés par les soignants. "C’est 40% de plus par rapport à 2024", se félicite-t-il. Avec la vague 1 du Ségur du numérique, "400 logiciels ont été référencés tout secteur confondu", poursuit Thomas Fatôme. En ce début d’année, la vague 2 du Ségur, dédiée à la facilitation de la consultation du DMP, est enclenchée.

Pour que les professionnels alimentent les espaces, il leur faut une utilisation facile et une bonne ergonomie. "Il y a de fortes attentes des professionnels de santé pour avoir un accès simplifié au contenu du dossier médical. C’est la priorité des prochains mois avec les acteurs du monde du logiciel", confie Hela Ghariani, co-responsable du numérique en santé. "À partir de 2026, on aura [...] dans le secteur hospitalier et en médecine de ville les premiers déploiements de logiciels compatibles qui permettront [aux médecins] de consulter rapidement Mon Espace Santé, et de répondre aux frustrations sur le terrain", estime Claire Vigier, directrice de projet à la délégation du numérique en santé. 

Principal enjeu : la prévention 

En moyenne, chaque Français possède une dizaine de documents sur son sspace santé. "Avec le temps on va avoir besoin de l’aide de l’Intelligence artificielle (IA) pour permettre à cette information d’être facilement accessible pour le patient et pour les professionnels. Les acteurs économiques du secteur commencent à y travailler et au sein de l’Assurance maladie, on développe aussi des modules d’IA qui permettront de simplifier le contenu du dossier médical du patient", indique Hela Ghariani. 

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist a également dévoilé l’un des projets phares de 2026 pour Mon espace santé : "La prévention personnalisée avec des parcours spécialisés à chacun. Quand la prévention est adaptée à chaque personne, les problèmes de santé sont repérés plus facilement." Si jusqu’ici, Mon espace santé consistait en un coffre-fort numérique de documents, cette année, c’est un "virage préventif" qu’il va prendre. "Notre enjeu c’est de proposer un outil qui permet aux patients de prendre en main leur santé", ajoute la Dre Annika Dinis, directrice opérationnelle du numérique et de l’innovation en santé à la Cnam.

Un agenda a été mis en place, permettant de planifier les consultations. "Des rappels automatisés sont envoyés par mail ou en push dans l’application", poursuit-elle. Des notifications sont aussi envoyées pour les rendez-vous des enfants, les examens de dépistage, ou dans le cadre des bilans de prévention aux âges clés… "Depuis août 2025, on a envoyé 13 millions de notifications." Mon espace santé devient également "une caisse de résonance pour les campagnes de santé publique, comme la vaccination", insistant là encore sur la prévention. 

Un espace personnalisé 

L’utilisateur est invité à renseigner ses habitudes de vie. "Car on sait qu’elles sont déterminantes pour mieux préserver sa santé", ajoute la Dre Annika Dinis, rappelant que 950 000 usagers ont déjà répondu à ces questionnaires. Des recommandations validées par les sociétés savantes seront ensuite émises en fonction des résultats. L’utilisateur recevra également des informations par exemple sur la vaccination, les accidents domestiques... provenant d’une bibliothèque de contenus vérifiés. 

Un parcours grossesse a également été intégré. "Plus de 80 000 femmes, -soit un quart des femmes enceintes- ont déclaré leur grossesse sur Mon espace santé depuis juillet 2025", annonce la Dre Annika Dinis. Elles ont ainsi reçu des conseils, des rappels de rendez-vous, des examens à faire et la possibilité de stocker et consulter tous leurs documents au même endroit. Même processus pour les utilisateurs souffrant de maladies chroniques.

Mon espace santé propose aussi un catalogue de services comprenant 45 applications "qui ont fait l’objet d’un [contrôle poussé] de 70 critères concernant des sujets de sécurité de la donnée, de RGPD, de fiabilité des contenus…" En septembre dernier, une première application, LiveView a pu échanger ses données directement avec Mon espace santé pour qu’elles soient visibles des soignants. Dans cette même dynamique, la Cnam a confié travailler "avec plusieurs entreprises comme Doctolib, l’AP-HP..."

Pour Hela Ghariani, Mon espace santé a "fait un pas de géant en quatre ans", et 2026 doit permettre d’accélérer son déploiement et d’améliorer son usage, avec une utilisation simplifiée et plus ergonomique, tout en mettant l’accent sur la prévention. 

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