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"Tout, tout de suite" : lassé des exigences des patients, un généraliste ferme son cabinet au bout de 9 mois

Installé en juillet dernier dans la commune de Saint-Augustin (Charente-Maritime), le Dr Mehdi Aber a informé sa patientèle qu'il cessait son activité au 5 avril. Dans un mail, il déplore de n'avoir pu satisfaire les "attentes plutôt administratives et secrétariales" de certains de ses patients. Ses honoraires libres de médecin conventionné secteur 2 auraient également posé problème.

12/04/2024 Par Aveline Marques Moins de 5 min
Patients
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"C'est dans un triste climat que je mets fin à mon activité médicale à Saint-Augustin à compter de ce jour, après une dernière tentative de restructuration récente", écrit le Dr Mehdi Aber, dans un mail adressé le 5 avril dernier à ses patients, cité par nos confrères de Sud Ouest. Installé en juillet 2023 en secteur 2, le jeune généraliste s'est résolu à déplaquer au bout de 9 mois, lassé des exigences de certains patients. "La proposition de soins qui fut la mienne n'a pas répondu aux attentes plutôt administratives et secrétariales ('tout, tout de suite') et beaucoup d'esprits n'ont pas trouvé justifié d'en respecter les lieux, l'organisation et le praticien", expose-t-il dans ce mail.

Le quotidien régional évoque des "incivilités" signalées auparavant par le généraliste : venir à plusieurs pour un seul rendez-vous, exiger une IRM sous deux jours... Les honoraires libres pratiqués par cet ancien chef de clinique universitaire à la Sorbonne Université, installé de droit en secteur 2, auraient également fait l'objet de reproches.

Les 1 300 habitants de la commune de Saint-Augustin ne perdent pas un mais deux médecins, car l'épouse du généraliste, qui devait également y ouvrir son cabinet, a finalement choisi d'orienter son activité vers la chirurgie esthétique, précise Sud Ouest.

[avec Sud Ouest]

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PETIT BOBO
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Débatteur Passionné
Autre spécialité médicale
il y a 2 ans
Le choix du lieu d'installation ! Moment passionnant mais difficile. Je suis triste pour ce jeune médecin de haut niveau. Il a choisi un bel endroit où il pensait pouvoir pratiquer (en famille) sa médecine de haut niveau, et au tarif du secteur 2... Ca paraissait logique, justifié et ça nous renvoie à nos discussions crispées sur "la consultation à 50€" (pour faire simple), y compris après déconventionnement. Faut pas rêver , la population française n'est pas demandeuse, et donc n'est pas prête. Je ne connais pas son expérience de l'exercice libéral comme généraliste, mais moi ça m'avait ouvert les yeux ! Je ne prétendais à rien d'autre que de faire "le médecin de famille" . J'ai remplacé très tôt (22-23 ans) comme on pouvait le faire dans les années 60 et dans des endroits très différents. Les quartiers bourgeois, les gens avaient tous des enfants professionnels de santé... Une station de ski ? Clientèle friquée (étrangère) mais il fallait se prostituer auprès des gérants des hôtels... Ayant découvert que la médecine de famille c'était surtout de la bobologie, et qu'il fallait surtout être dévoué, empathique, je me suis installé à la limite d'un quartier de HLM et de petites maisons de retraités. Mais en 2024 est-ce toujours valable ? Côté patients, côté médecins...les 2 parties ont elles tant changé que ça entre 1970 et 2024 ?
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CHAMBON dominique
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 mois
Egora propose à ses contributeurs de faire une lettre à un futur médecin: "Si vous pouviez revenir en arrière et adresser quelques mots au jeune étudiant en médecine que vous étiez, que lui diriez-vous ?" Bien que j’ai le bonheur d’une vie professionnelle plus que satisfaisante, je ne me sens pas capable de faire cette démarche, et en l’état actuel de notre profession, je me demande même si j’en ai réellement envie. Que pourrions nous dire à un futur médecin, sans arrière-pensée négative, comment l’exhorter à foncer tête baissée pour 10 ans d’études et 35 ans et plus d’exercice, quand on connaît le contexte présent (et probablement futur)? Dans le même temps, cette pensée est effrayante car si on pousse le raisonnement au bout, c’est organiser à terme une très grosse pénurie de soignants à l’horizon 2050. Nous sommes donc au début d’un processus de refondation majeure de notre profession dont il ressort que ni l’état, ni même les soignants et encore moins la population, ne sont en mesure de l’anticiper. Il faudrait pour ce faire, que les caciques de la SS et du ministère nous fassent des confidences sur leurs intentions RÉELLES, et que nous posions nous-mêmes les nôtres sur la table, avec force et conviction. Mais le compromis n’est pas dans notre culture… Finalement, c’est peut-être cela que j’écrirais à un futur confrère!
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FRANCOIS CORDIER
4 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 9 mois
Un tarif horaire pour l'exercice médical responsable et durable aurait dû être proposé par le conseil de l'ordre comme référentiel de négociation avec les acteurs de l'assurance-maladie, SS et complémentaires. Il n'est pas trop tard et cet item contractuel référentiel simplifierait au passage l'inventaire à la Prévert de la "Nomenklature" . C'est sur cette omerta économique et éthique que chacun peut mesurer l'ampleur de la trahison des clercs (Ordres, syndicats, acteurs d'assurance, décideurs politiques) .
 
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