Médecine esthétique : plus de 2000 professionnels demandent un encadrement urgent face aux dérives
Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, plus de 200 médecins réunis au sein du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique alertent sur la multiplication des actes médicaux réalisés hors cadre médical.
"Les actes médicaux à visée esthétiques comportent des risques connus, parfois graves. Pourtant, leur encadrement reste insuffisant, leur accès médical se dégrade et les pratiques illégales se développent partout sur notre territoire sans véritable action des pouvoirs publics", alertent plus de 200 médecins regroupés au sein du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique dans le Journal du Dimanche. "Sur le terrain, nous prenons en charge un nombre croissant de complications liées à des injections réalisées hors cadre médical. Ces situations ne sont ni exceptionnelles ni imprévisibles", déplorent les soignants.
Une aubaine pour pratiques parallèles
Ces dérives sont "la conséquence directe d’un système qui laisse se creuser l’écart entre la demande de soins et l’offre médicale encadrée", pointent les médecins esthétiques qui regrettent le "vide" laissé par 'l’absence de réponse politique claire", devenu une aubaine pour pratiques parallèles.
Ils appellent donc à "un accès réel, lisible et sécurisé aux médecins formés ; une lutte effective contre les pratiques des non-médecins ; une régulation stricte des contenus promotionnels relatifs aux actes médicaux à visée esthétiques, notamment sur les plateformes : TikTok, Facebook, Instagram, etc. ; des échanges réguliers entre les pouvoirs publics et tous les acteurs de la filière médicale « esthétique » pour prendre ensemble les bonnes décisions".
Cheval de bataille du précédent président du Conseil national de l'Ordre des médecins, le Dr François Arnault, l'encadrement de la médecine esthétique a été instauré par l'institution ordinale via la création d'un nouveau diplôme interuniversitaire (DIU) et la mise en place d'une procédure de validation des acquis de l’expérience (VAE). Mais les décrets d’application destinés à encadrer la médecine esthétique n’ont pas encore été publiés.
Dans le cadre du plan de financement de la Sécurité sociale pour 2026, l'encadrement de la médecine esthétique a été remis sur le tapis. Lors de l’examen au Sénat, les parlementaires ont introduit une mesure visant à conditionner la pratique de la médecine esthétique à une autorisation délivrée par "l’Ordre" plutôt que par les agences régionales de santé (ARS), comme cela avait été voté par les députés. Là encore, les décrets d'application n'ont toujours pas été publiés.
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