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Trafic de Subutex : "Ils venaient avec leurs chiens, des couteaux"

Le procureur a requis de lourdes amendes et des peines de prison avec sursis à l'encontre de trois généralistes de Metz accusés d'avoir alimenté un trafic de subutex. Les médecins expliquent avoir cédé à la pression des toxicomanes.

De 2010 à 2012, ces trois médecins auraient prescrit pour 560 000 euros de subutex. A tel point qu'avec l'autre affaire de subutex, à Hombourg-Haut, la Moselle était devenu le plus gros département prescripteur de France. Jugés devant le tribunal correctionnel de Metz jeudi, deux des généralistes mis en cause –le 3e n'était pas présent- ont évoqué les pressions qu'ils subissaient de la part des toxicomanes, qui s'étaient donnés le mot et l'adresse de ces praticiens moins regardant sur les prescriptions.

"J'ai été faible, je n'ai pas su dire non", reconnaît un médecin de 54 ans, qui aurait prescrit plus de 18 000 boites en deux ans, environ 10 fois plus que la moyenne. Son confrère de 58 ans invoque également les pressions subies. Mais sa version ne convainc pas la présidente du tribunal: "Pourquoi n'avez-vous jamais porté plainte? D'autres médecins n'ont pas cédé à cette pression!". "Par peur des représailles, ils venaient avec leurs chiens, des couteaux", justifie le médecin, dont le cabinet se trouve "devant le palais de justice", remarque l'avocat représentant le CDOM.

Des soupçons d'enrichissement pèsent sur ce praticien, qui aurait prescrit jusqu'à 40 boites par mois à certains patients –contre 8 maximum- et dont le bénéfice aurait augmenté de 65%, selon la CPAM. Le skenan était parfois ordonné en plus du subutex, alors que le mélange est dangereux. Ce médecin prescrivait aussi parfois sans examen clinique. A la barre, un revendeur poursuivi dans cette affaire décrit un cabinet très particulier, avec une dizaine de toxicomanes faisant la queue dans le couloir et recevant leur ordonnance en 2 secondes, entre 2 patients.

Le Procureur a requis à l'encontre des trois médecins des peines allant d'un à deux ans de prison avec sursis, des amendes s'élevant de 30 000 à 50 euros et 2 à 4 ans d'interdiction d'exercice de la médecine.

[avec Francebleu.fr]

 

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