Justice

"Des gestes d'amitié" : un médecin interdit d'exercer par la justice pour avoir harcelé sexuellement ses collègues

Un médecin des Hospices civils de Beaune vient d'être condamné, jeudi 29 janvier, à un an de prison avec sursis et une interdiction définitive d'exercer. Il a été reconnu coupable de harcèlement sexuel envers quatre des sept infirmières et secrétaires médicales qui avaient porté plainte contre lui. 

30/01/2026 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice
Justice

Ce médecin gériatre était soupçonné de "propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste imposés de façon répétée" entre janvier 2018 et septembre 2020. Les faits ont cessé au moment de la pandémie puisque le médecin, de santé fragile, a été placé en télétravail. Son absence au sein de l'Ehpad a délié les langues, rapporte France 3 Bourgogne-Franche Comté. Deux infirmières auraient d’abord dénoncé un harcèlement sexuel auprès de leur hiérarchie, avant que d’autres plaignantes ne se joignent à la procédure. 

Au total, sept soignantes se sont portées parties civiles. Elles décrivent toutes les mêmes gestes : selon elles, le praticien avait l'habitude de s’approcher par derrière lorsqu’elles étaient sur l’ordinateur de la salle de soins. Il "collait son torse à leur dos" et venait "entourer leurs épaules" avec ses bras, pour se pencher sur l’écran. Certaines évoquent aussi des massages à la nuque. Elles parlent de "regard gluant", "pervers", d’un médecin "obsédé"...

Elles dénoncent aussi des phrases sexistes et déplacées : "Tu as l’air d’être une sacrée coquine", aurait-il dit à une infirmière de 25 ans. À une autre, qui vient de s’apercevoir qu’elle avait commis une erreur au travail : "C’est pas bien, je vais te mettre une fessée, tu aimes ça la fessée." "Tu commandes de la lingerie ?", aurait-il encore demandé à une infirmière en pause, en regardant par-dessus son téléphone.

Lors de l'audience, le médecin a nié les faits d'harcèlement sexuel, évoquant seulement "des gestes d'empathie" ou "des gestes d'amitié".

Lors de ses réquisitions, le procureur adjoint avait salué "un procès exemplaire, trop rare, parce qu’il vient du courage de plusieurs femmes qui ont bravé l’interdit". Il avait également critiqué l'attitude d'un médecin qui avait, selon le parquet, "des dizaines d’années de mentalité en retard". Un an de prison avec sursis et trois ans d'inéligibilité, ainsi qu'une interdiction d'exercer la médecine, avaient alors été requis. 

Le gériatre a finalement été reconnu coupable par le tribunal de "harcèlement sexuel" sur quatre des sept plaignantes de ce dossier. Il a écopé d'un an de prison avec sursis simple, cinq ans d'inéligibilité et une interdiction définitive d'exercer la médecine. Le sexagénaire avait de toute façon déclaré en audience qu'il ne voulait pas reprendre son poste. Il était suspendu à titre conservatoire avec maintien de salaire depuis septembre 2020.

"Il a été reconnu coupable, ce sont les quatre plaignantes qui avaient le plus de séquelles, et pour elles c'était extrêmement important qu'il y ait une reconnaissance de leur qualité de victimes, et des faits qu'elles ont vécus dans le cadre de leur profession. Elles vont être rassurées que ces faits, que ces dénonciations, qui leur ont beaucoup coûté, soient reconnus", a commenté Me Lucille Ventalon, avocate des victimes.

Les avocats du médecin, eux, avaient plaidé la relaxe, reconnaissant des blagues lourdes mais évoquant un médecin "de son époque", formé dans les années 80, "l'époque d'avant MeToo", avaient-ils soutenu au cours de leur plaidoirie.

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