Covid : identification d’un score sanguin pronostique
Des chercheurs ont mis en évidence l’importance d’une atteinte rénale dans la gravité d’une infection Covid.
Des chercheurs mettent en évidence l’importance d’une atteinte rénale, même passée inaperçue, dans la gravité d’une infection Covid. Ils ont ainsi identifié un ensemble de trois marqueurs sanguins rénaux et inflammatoires, permettant de prédire la mortalité à trois mois des patients hospitalisés pour une pneumonie Covid-19 peu sévère.
Les auteurs de cette découverte (Inserm, université Paris Cité, dans le cadre de l’étude Corimuno-19 de l’AP-HP), sont partis de l’étude de 196 patients, chez qui ils ont analysé 41 médiateurs immunitaires et marqueurs de lésions rénales, endothéliales et vasculaires, mesurés dans le sang dans les 48 heures suivant leur hospitalisation. Ils ont alors découvert que 14 de ces variables biologiques étaient indépendamment associées au risque de décès dans les 90 jours, les plus prédictifs étant deux marqueurs rénaux (KIM-1 pour kidney injury molecule-1 et LCN2 pour Lipocalin-2) et un marqueur anti-inflammatoire (l’interleukine 10).
En y ajoutant l’âge, les chercheurs ont alors élaboré un nouveau score de gravité de la maladie appelé "Corimuno-Score". "Conçu grâce à un modèle statistique multivarié qui prend en compte une grande quantité de facteurs confondants, ce dernier apporte une puissance prédictive maximale rivalisant avec ou surpassant la plupart des tests de laboratoire existants et les prédicteurs déjà en place fondés sur des données cliniques ou sur l’imagerie, et souvent bien plus complexes", détaille l’Inserm dans un communiqué daté du 28 janvier. En outre, les scientifiques ont confirmé l’efficacité de ce score dans une autre cohorte de 105 individus.
Ces travaux suggèrent l’importance du rein dans la pneumonie à Sars-CoV-2. "La présence de KIM-1 et LCN2 témoigne d’une atteinte rénale aigüe passée jusqu’alors inaperçue, souvent présente malgré une fonction rénale normale. L’atteinte rénale aigüe est elle aussi est un indicateur majeur de risque de décès, souligne Pierre-Louis Tharaux, directeur de recherche à l'Inserm et dernier auteur de cette étude. Tous les patients qui décèdent du Covid-19 ne montrent pas une atteinte rénale, mais c’est le cas pour une majeure partie d’entre eux. À ce stade, il est cependant impossible de dire si ces lésions sont la cause ou la conséquence de la détérioration de la santé des patients." Et cette relation étroite pourrait ne pas se limiter au coronavirus, avancent les chercheurs.
Références :
Inserm (28 janvier. Et Lenoir O. et al., JCL Insight (23 janvier)
La sélection de la rédaction
Le montant de la cotisation ordinale vous semble-t-il justifié?
marc debailleul
Non
pourquoi payer 2,5 cotisations pour un médecin en SELURL et en tant que médecin si c'est la gestion des contrats cela ne devrait ... Lire plus