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Stéatose hépatique/ Mash: les nouveaux traitements arrivent

A condition d’être reconnue, une stéatose métabolique peut être prise en charge pour éviter l’inflammation et la fibrose. De nouveaux médicaments bientôt disponibles (en 2026) pourraient interrompre la progression des maladies chroniques du foie - formes avancées de stéato-hépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (Mash) et cirrhose -.

03/02/2026 Par Dre Brigitte Blond
Hépato-gastro-entérologie
foie

"Les maladies du foie sont méconnues parce que longtemps asymptomatiques et qu’il n’existe pas de marqueur diagnostique simple de la stéatose ; elles sont par ailleurs stigmatisées parce que souvent réduites à la consommation d’alcool", regrette le Pr Laurent Castera (Hôpital Beaujon, Paris). Plus de 30 % de personnes adultes en France ont un "foie gras" (et déjà 45 % en Amérique latine). Toutes ne sont pas malades mais à risque de développer une pathologie chronique du foie (Mash et cirrhose). Ainsi, sur 10 millions de stéatose en France, on compte un million de formes actives et 100 000 cirrhoses. La probabilité de stéatose métabolique atteint 90 % au-delà de l’âge de 50 ans, pour une personne en surpoids, hypertendue, diabétique et dont le taux de cholestérol est élevé. Après 40 ans, la probabilité d’avoir une maladie chronique du foie est de 37,1 % si l’on présente ces 4 facteurs de risque (diabète, obésité, dyslipidémie et hypertension artérielle) et que l’on consomme de l’alcool ; et de 20 % en l’absence d’alcool.

Les méthodes non invasives remplacent la biopsie en première intention

C’est la fibrose qui fait la gravité de ces stéatoses. Si la biopsie hépatique reste la référence pour apprécier directement la fibrose, les méthodes non invasives sont aujourd’hui proposées en première intention dans un contexte de démographie médicale difficile. On peut ainsi mesurer des marqueurs sanguins et évaluer la résistance hépatique. "L’élasticité du foie mesurée au fibroscan, réalisée dans les centres experts, est devenue l’électrocardiogramme de l’hépatologue", résume le Pr Castera.

La détection d’un foie gras doit être faite en priorité chez les patients diabétiques de type 2, leur maladie étant le principal facteur de risque de stéatose. Chez le diabétique en effet, celle-ci est deux fois plus fréquente et par ailleurs plus sévère. "Or 85 % des diabétiques suivis en médecine générale n’ont jamais vu un spécialiste", signale-t-il.

Cibler, en particulier, les patients diabétiques

"Une étude des services parisiens où les hépatologues sont “allés vers“ les patients diabétiques pour une détection de la maladie hépatique avec une biopsie montre que deux tiers d’entre eux avaient une inflammation active, plus d’un tiers une fibrose sévère et 10 % une cirrhose" rapporte le Pr Castera.

Pour détecter une Mash en médecine générale, on table sur les marqueurs sanguins, et en particulier le FIB-4 calculé par le laboratoire directement en fonction de l’âge, du taux de transaminases et de plaquettes. Il doit être <1,3. "Des transaminases seules n’écartent pas le risque de maladie active même si elles sont normales", prévient le spécialiste.

Le fait d’avoir un foie gras n’est pas grave en soi, mais une invitation à adopter un mode de vie plus sain : moins de sédentarité (d’écrans, aujourd’hui en moyenne 5 heures par jour), de soda, zéro alcool, contrôle d’un éventuel diabète, etc. Il s’agit moins de maigrir que de prendre de bonnes habitudes d’activité physique et alimentaires.

2026, une année charnière pour le traitement

"Les médicaments jusqu’ici étaient décevants, 10 essais de phase 3 sur 10 ans s’étant soldés par des résultats tous négatifs. Mais deux nouvelles molécules sont prometteuses et attendues en France pour 2026", annonce le Pr Castera. La première, le resmetirom, utilisé initialement pour abaisser les triglycérides est approuvé en Europe : il stimule la dégradation des graisses.

Deuxième médicament d’intérêt, le sémaglutide : ce traitement du diabète de type 2 et de l’obésité sera probablement approuvé en 2026 pour ses effets sur le foie gras.

"On est donc dans une année de transition avec ces deux médicaments aux mécanismes d’action différents mais complémentaires, ce qui nous laisse envisager à l’avenir la possibilité d’une combinaison si l’un ou l’autre ne suffisait pas, prescrits par les spécialistes", souligne-t-il.

D’autres sont dans les pipelines et dans les 5 ans à venir, 2 à 3 générations de médicaments “métaboliques“ devraient entrer sur le marché, dont des incrétines (autres que le sémaglutide, un agoniste du GLP-1), des double agonistes (GIP et GLP-1 comme le tirzépatide) voire des triple agonistes (GIP, GLP-1 et glucagon), qui permettent une réduction du poids de 20 % en 48 à 72 semaines et un traitement global des facteurs de risque.

Références :

conférence de presse du 21 janvier 2026 dans le cadre du Paris International Liver Meeting (19-21 janvier), co-présidé par les Prs Laurent Castera (Hôpital Beaujon, Paris) et Zobair M. Younossi (Washington D.C., USA)

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4 débatteurs en ligne4 en ligne
Photo de profil de Gauthier Leman
76 points
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Les chiffres sont très étonnants. Et derrière cette façade d'une maladie métabolique réside un réel problème de santé publique de sédentarité et malbouffe avec une réelle responsabilité individuelle et politique. On est en train de proposer un dépistage à plus de 600€ (PBF sous radio et anapath) et des traitements à plus de 1000€/an alors même qu'on continue de vendre des merdes transformées à peine taxées, et qu'on ne rembourse pas les consultations chez une diététicienne... on est dans une génération c'est pas notre faute, puis c'est pas grave la sécu paie si je suis malade... faut vraiment prendre le problème à la source et travailler sur le long terme pour que la nutrition face son entrée dans les écoles et à tous les niveaux de la société.
Photo de profil de Jacques BEAU
97 points
Médecine générale
il y a 1 mois
Pourquoi essayer une molecule chimique dont on ignore encore tous les inconvénients, alors qu'il suffit d'observer comment on obtient le foie gras chez les canards et les oies : 1°) confinés sans bouger. 2°) gavés à l'amidon de maïs. 3°) privés de fibres des plantes. La nocivité des glucides raffinés n'est pas dans le mot glucides mais dans le mot raffiné sous entendant absence de fibres car ce sont elles qui écrêtent le pic d'hyperglycémie. .
Photo de profil de BERLAND JACQUES
652 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 1 mois
c’est facile de rejeter la faute sur des patients qui seraient des infâmes profiteurs de la cpam :1 il faudrait déjà qu’il soient mis au courant de la pathologie . 2 personne ne choisit volontairement d’être en surpoids voir en obésité 3 la prévalence du surpoids et de l’obésité est plus importante dans les categories sociales défavorisées qui n’ont pas les moyens de se payer du bio…. 4 on commence à avoir des correlations entre pesticides ,pfas et maladies métaboliques hépatique. 5aucune volonté de mettre en place une politique de prévention: lobbying contre le nutriscore , pauvreté de campagnes de prévention type manger 5 fruits et légumes par jour, tentatives de supprimer les infirmières asalées qui font pourtant un gros travail d’éducation à la santé, groupes de marche . le problème n’est donc pas aussi caricatural et de tels propos dans la bouche d’un médecin qui se dédouane ainsi d’une prise en charge centrée patients qui certe prends du temps et qui effectivement à 30 euros la consultation n’est pas rentable. je trouve que les propos souvent tenus sur egora sont de plus en plus désolants : il y aurait les bons malades qui se prendraient en charge et les mauvais qui ne « meriteraient » nos soins parce qu’ils se laisseraient aller et ne font pas ce qu’on leur demande. a quand les refus de prise en charge des soins pour les tabagiques, les obèses les sédentaires, eus qui galèrent financièrement et se gavent de malbouffe ,prenons en charge uniquement les malades en bonne santé !!!!!c’est plus rapide et ça rapporte plus.
 
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