Essai clinique mortel en 2016 : après un rapport d'expertise "accablant", le laboratoire et un médecin mis en examen
Le 17 janvier 2016, Guillaume Moulinet, père de famille de 49 ans en bonne santé, décédait après avoir participé à un essai clinique contre rémunération. Le laboratoire portugais Bial et le médecin responsable de l’essai clinique ont été mis en examen en 2023 après un rapport d’expertise aux conclusions "accablantes". Une information que révèle trois ans plus tard France Info.
Dix ans après la mort de Guillaume Molinet à Rennes lors d'un essai thérapeutique, France Info révèle que le laboratoire portugais Bial et le médecin responsable de l'essai sont mis en examen depuis le 28 juillet 2023. Ils sont poursuivis pour "homicide et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à trois mois, au préjudice de quatre personnes".
En 2016, Guillaume Molinet, père de famille et artiste breton de 49 ans, en bonne santé, décide de participer à un essai thérapeutique contre rémunération, dans le centre d'essais cliniques privé Biotrial, à Rennes. Le but de cet essai clinique est de tester une molécule destinée, entre autres, à apaiser les douleurs neuropathiques, chroniques et certains symptômes de la maladie de Parkinson. Guillaume Molinet fait partie d'une cohorte de huit patients, rapporte France Info.
Dans les jours qui ont précédé sa mort, Guillaume Molinet avait reçu, comme les autres volontaires, une première dose. C'est à la prise de la deuxième dose, au troisième jour de l'essai, que Guillaume Molinet est placé dans le coma. Il décède le 17 janvier 2016, d'une lésion cérébrale. Dans le même temps, quatre autres patients de la même cohorte sont hospitalisés mais finissent par s'en sortir avec des séquelles.
L'information judiciaire est ouverte en juin 2016, par le pôle santé publique du parquet de Paris. Après des investigations compliquées, le résultat de l'enquête figure dans un rapport d'expertise aux conclusions "accablantes", selon l'avocat de la famille Molinet, Jean-Christophe Coubris. "Nous sommes avec une molécule ‘poubelle' dont les objectifs thérapeutiques sont assez difficiles à percevoir, commence l'avocat. Pour une raison que nous ignorons totalement encore aujourd'hui, la décision qui a été prise par le laboratoire a été d'aller sur des doses nettement supérieures à l'effet recherché. Et qu'est-ce que ça a comme conséquences ? Eh bien on est dans le brouillard…", explique Jean-Christophe Coubris.
Le rapport dévoile également que des données auraient été dissimulées par le laboratoire, ce qu'il nie.
Une source proche du dossier a confirmé à France Info que ce rapport d'expertise a fait pencher la balance vers ces deux mises en examen. Le laboratoire a demandé à ce que ce rapport d'expertise soit complété. Une demande acceptée par les juges d'instruction ce qui repousse encore l'horizon d'un procès.
[avec franceinfo.fr]
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