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Troubles et prévention cardiaque en pédiatrie : le rôle clé du médecin généraliste
Si les maladies cardiovasculaires se manifestent généralement après 40 ans, elles se préparent dans l’enfance, conséquences de comportements délétères : alimentation déséquilibrée, activité physique insuffisante, manque de sommeil, tabagisme passif... La prévention primaire passe par un dépistage et une intervention précoces. Le point avec le Dr Yves Dulac, cardiopédiatre, coordinateur de la plateforme d’expertise maladies rares (PEMR) du CHU de Toulouse.
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Egora.fr : Quelles sont les maladies cardiaques ou cardiovasculaires les plus fréquentes chez l’enfant aujourd’hui ?
Dr Yves Dulac : À la naissance, près de 1 % des enfants ont une maladie cardiaque congénitale, une malformation souvent dépistée en anténatal. Si elle n’a pas été vue avant la naissance, on peut la détecter à partir de symptômes, de signes cliniques ou d’anomalies de l’examen clinique plus ou moins précoce. En France, environ 4 000 enfants par an auront besoin d’une intervention cardiaque chirurgicale ou par cathétérisme interventionnel.
D’autres maladies cardiaques apparaissent ou se manifestent plus tard dans l’enfance, comme des troubles du rythme : tachycardies le plus souvent supraventriculaires mais aussi canalopathies (QT long, tachycardie ventriculaire catécholergique) potentiellement plus sévères, myocardiopathie génétique ou acquise (myocardite), hypertension artérielle pulmonaire, aortopathie génétique. Les symptômes peuvent être des symptômes d’effort : essoufflement inhabituel, malaise, syncope, douleur thoracique, fatigue inhabituelle…
D’autres pathologies se développent, en lien avec les modes de vie actuels…
Les maladies liées à l’environnement – inactivité physique, mauvaise alimentation, surpoids, pollution… – peuvent retentir sur la fonction cardiovasculaire, pulmonaire et vasculaire. Elles s’expriment beaucoup plus tard dans la vie mais se préparent dans l’enfance. On observe une augmentation régulière du diabète de type 1 mais aussi de type 2 en âge pédiatrique. De nombreux enfants sont trop sédentaires, n’ont pas assez d’activité physique et/ou sont en surpoids et sont alors à risque d’infarctus du myocarde dès l’âge de 30 ans. La recommandation d’une heure quotidienne d’activité physique et sportive modérée à soutenue est très insuffisamment suivie, en particulier à l’adolescence, notamment chez les jeunes filles.
Quels sont les facteurs de risque de ces différentes pathologies ?
Les facteurs de risque personnels sont le surpoids ou l’obésité, le diabète de type 1 ou 2, l’hypertension artérielle, une maladie rénale chronique, des antécédents de retard de croissance intra-utérin ou une prématurité sévère. Les facteurs de risque familiaux sont l’hypercholestérolémie familiale et les pathologies cardiovasculaires précoces (avant 55 ans chez l’homme et 60 ans chez la femme). Ces facteurs de risque sont susceptibles de se cumuler.
Quel doit être le rôle du médecin généraliste en matière de dépistage et de prévention ?
Pour les patients atteints de maladie rare cardiovasculaire ou à risque cardiovasculaire, le médecin traitant est un acteur clé lors de la transition entre la prise en charge pédiatrique et la prise en charge adulte. C’est, en effet, une période de vulnérabilité importante, avec un risque de rupture de parcours et de non-observance, sources de complications. L’adolescent doit devenir autonome dans la gestion de son affection, sans le soutien des parents. Il est nécessaire qu’il soit informé et conscient des enjeux pour sa santé. Optimiser la coopération ville-hôpital permet de répondre à ces objectifs.
En population générale, le rôle du médecin traitant est d’intervenir de façon préventive, dans l’enfance, pour promouvoir l’activité physique et une alimentation équilibrée, lutter contre la sédentarité, le tabagisme actif ou passif et les facteurs de risque familiaux.
Quels sont les examens à réaliser ?
Le médecin doit dépister les maladies cardiovasculaires chez tous les enfants et les adolescents, même en l’absence de symptôme, et ce d’autant plus qu’existent des facteurs de risque personnels ou familiaux ou une maladie chronique. Il devra procéder à un examen clinique complet : indice de masse corporelle, mesure des constantes, dont la pression artérielle, recherche d’un souffle cardiaque d’allure organique, présence des pouls fémoraux…
En France, un bilan lipidique est réalisé en cas de suspicion d’hypercholestérolémie familiale à partir de 2 ans, d’antécédents cardiovasculaires familiaux isolés précoces avant l’âge de 11 ans. Il est discuté à l’adolescence en cas de facteurs de risque personnels.
Avant la pratique d’un sport en compétition, un ECG à 12 dérivations est recommandé lors de l’évaluation initiale après 12 ans. Il sera répété ultérieurement en cas de symptômes, d’antécédents familiaux de mort subite, ou d’anomalie de l’examen clinique.
Le Dr Yves Dulac déclare n’avoir aucun lien d’intérêts.
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Références :
Entretien avec le Dr Yves Dulac, cardiopédiatre, coordinateur de la plateforme d’expertise maladies rares (PEMR) du CHU de Toulouse.
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