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Mission sur l'aval des urgences : "Qui a représenté les professionnels libéraux ?"
Attendu, le rapport sur l'aval et les alternatives aux urgences a été remis mercredi 15 juillet à la ministre de la Santé par les six personnalités missionnées. Regrettant de ne pas avoir été consultée, la Fédération SOS Médecins appelle les pouvoirs publics à associer les structures libérales organisées de soins non programmés aux suites données à ce rapport.
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"On ne peut construire l'alternative aux urgences sans ceux qui la mettent déjà en œuvre quotidiennement sur le terrain", martèle le président de SOS Médecins, le Dr Philippe Paranque, dans un communiqué transmis à Egora ce jeudi 16 juillet, au lendemain de la remise du rapport de la mission flash sur le sujet.
Si le chef de file de la Fédération indique partager plusieurs constats de la mission, comme la "nécessité d'une évaluation préalable des demandes", de la "régulation médicale", d'une "réponse territoriale réactive", ou encore du "maintien à domicile des personnes fragiles", ce dernier regrette de ne pas avoir été associé à ces travaux.
"Pourquoi la Fédération SOS Médecins France, acteur historique des soins non programmés depuis soixante ans, n'a-t-elle pas été consultée ?", s'interroge Philippe Paranque, et de souligner l'absence de représentation de la médecine libérale au sein de cette mission. Les six personnalités missionnées* exercent en effet en milieu hospitalier.
Le généraliste déplore, par ailleurs, que les "services rendus chaque jour par les structures SOS Médecins" n'aient pas été mentionnés dans ce document de 90 pages. Citant : "la régulation des appels", "les consultations de soins non programmés", "les visites médicales à domicile", "la participation à la permanence des soins", ou encore "la détection précoce des fragilités et des décompensations", sans oublier, "l'orientation vers l'hôpital lorsqu'elle est nécessaire".
"Peut-on définir une politique nationale des alternatives aux urgences sans entendre ceux qui, chaque jour, évaluent les demandes, se rendent au domicile des patients et apportent une réponse médicale effective, y compris lorsque le médecin traitant n'est pas disponible ?", insiste le président de la Fédération, qui précise que les recommandations "confortent largement le modèle défendu par SOS Médecins : une réponse médicale régulée, tracée, territorialisée et disponible, associant consultation et visite à domicile".
Ces recommandations "pourraient être concrétisées rapidement, notamment généraliser les cellules d'ordonnancement territorial des flux hospitaliers, développer la polyvalence des lits d'hospitalisation et renforcer les parcours de la personne âgée", soutient Samu-Urgences de France dans un communiqué. "Les solutions existent", appuie l'organisation, qui partage le diagnostic établi par le rapport, à savoir que "la saturation des urgences tient principalement à des blocages d'aval et peut être résolue par des mesures ambitieuses et systémiques".
Ces solutions "exigent aujourd'hui des arbitrages politiques clairs, des moyens dédiés et un calendrier contraignant", estime SUDF pour qui il est temps de "passer des constats aux décisions".
La Société française de médecine d'urgence (SFMU) formule le même vœu, que les pouvoirs publics mettent en œuvre "sans délai" ces recommandations. Celles-ci sont "identifiées, largement partagées et, pour beaucoup, déjà éprouvées sur le terrain. Il s'agit désormais de leur donner une traduction nationale afin d'adapter durablement notre système de santé aux besoins de la population". Dans leur rapport, les auteurs proposent sept axes de travail, dont le premier consiste à faire des parcours des personnes âgées une "priorité absolue". Cette ambition est saluée par la SFMU.
*Dr Nabil El Beki, Laurence Laignel, Pr Olivier Mimoz, Dr Christophe Schmitt, Arnaud Vanneste, Dr Jean-Marie Woehl.
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