Repérage, bilan, psychotropes… Les dernières recommandations de la HAS sur les troubles du spectre de l'autisme
La Haute Autorité de santé (HAS) vient de rendre publiques ses nouvelles recommandations consacrées aux interventions et parcours de vie de l’enfant et de l’adolescent présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Elle souligne la nécessité de poser le diagnostic dès 18 mois, l’objectif étant d’orienter vers des interventions développementales et comportementales adaptées au plus tôt. Le texte clarifie aussi les approches recommandées (ou non).
Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) est un trouble du neurodéveloppement (TND) touchant de 1 à 2% de la population générale. Ainsi, sur 645 000 naissances en France (2025), de 6 500 à 12 000 bébés sont susceptibles chaque année d’en être porteurs.
"Les recommandations 2026, par rapport à celles de 2012, concernent tous les enfants et adolescents présentant un TSA mais aussi tous ceux ayant une suspicion d'autisme qui doivent prendre leur place dans le parcours de soins", annonce Claire Compagnon, membre du collège de la HAS et présidente de la Commission recommandations, parcours, pertinence et indicateurs de la HAS.
Les manifestations du TSA sont hétérogènes et apparaissent le plus souvent dès la petite enfance. Elles se caractérisent par "des difficultés dans la communication et les interactions sociales associées à des intérêts et comportements répétitifs ou restreints".
Les nouvelles recommandations insistent sur l'évaluation diagnostique comme première étape des interventions thérapeutiques et sur la nécessité d'intervenir le plus précocement possible dès les premiers signes d’alerte dans le développement de l’enfant. "Le diagnostic de TSA devrait être posé dès l'âge de 18 mois. Et avant, lorsque celui-ci n'est pas encore stabilisé, un diagnostic général de TND peut être établi".
Pour la Pre Amaria Baghdadli, psychiatre, co-présidente du groupe de travail : "Le repérage des difficultés dans le développement d’un enfant s’effectue d’abord par l’écoute et la prise en compte des préoccupations des parents, en ne les réduisant pas à de l’anxiété. Ensuite, au-delà de la mesure du poids et de la taille de l’enfant, son comportement doit être examiné. En cas d’inquiétude, la HAS recommande la réalisation de bilans en libéral (orthophonistes…) pour évaluer son développement en termes de communication et de motricité. Et si les médecins généralistes se sentent en difficulté, ils doivent demander un avis spécialisé et, notamment, orienter l’enfant vers les Plateformes de Coordination et d’Orientation (PCO) pour une prise en charge précoce des TND dont l’adressage s'effectue sur le site ViaTrajectoire".
Des interventions développementales et comportementales
Avec ces nouvelles recommandations, la HAS entend "améliorer et harmoniser les interventions proposées aux enfants autistes afin de favoriser leur développement et leurs apprentissages". Pour la psychiatre : "Le cadre est commun mais l'intensité, les objectifs et les modalités doivent être individualisés. Les interventions doivent viser des objectifs fonctionnels évaluables dans le temps". Ainsi, les interventions recommandées sont "développementales et comportementales" et concernent plusieurs domaines fonctionnels tels que la communication et le langage, les habiletés sociales, l’autonomie, la motricité, la sensorialité. "Et lorsqu’ils sont indiqués, les outils de communication alternative et améliorée (CAA) sont très intéressants pour permettre l’autodétermination et l’expression", précise la spécialiste. Ces interventions doivent être coordonnées, construites avec les familles, poursuivies tout au long de la vie et s’accompagner d’une évaluation au moins annuelle. L’intérêt d’un volume minimal de 10h/semaine est souligné.
Par ailleurs, en l’absence d’études ou en cas de preuve insuffisante ou inefficace dans le cadre du TSA, certaines méthodes telles que les 3i, le neurofeedback, la psychanalyse et les approches psychanalytiques, le Snoezelen…, sont écartées du parcours de soin recommandé.
"Nous rappelons également avec force que les interventions de référence sont d'abord non-médicamenteuses. Il n’existe pas de médicament de l’autisme et les psychotropes ne doivent pas être automatiques. De nombreuses personnes ont des couches de psychotropes prescrites qui ne sont jamais remises en question et dont la surveillance n'est pas suffisante. Dans ce contexte, toute prescription doit être strictement encadrée et précédée d'un bilan initial", insiste la Pre Baghdadli.
Enfin, il a été rappelé la nécessité de "massifier" la formation des professionnels. Ainsi, des MOOC sur les TND et sur l’autisme, développés par le Centre d'Excellence de Montpellier, sont accessibles gratuitement sur France Université Numérique.
Rendre ces recommandations "opposables"
"J'appelle de mes vœux une opposabilité, dès lors qu'il y a d'une part, hétérogénéité des pratiques et d'autre part, perte de chance pour l’enfant et l’adolescent si les approches recommandées ne sont pas mises en oeuvre dès les premiers signes repérés. Nous espérons ainsi que notre Parlement prendra une disposition rendant opposable tout ou partie de certaines de nos recommandations" a espéré le Pr Lionel Collet, Président de la HAS.
La sélection de la rédaction
Le montant de la cotisation ordinale vous semble-t-il justifié?
Blue GYN
Oui
Tout dépend comment on pose la question. - Tout travail mérite salaire et il faut arrêter de râler sur tout et en permanence, (Arr... Lire plus