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Calendrier vaccinal : ce qui a changé en 2025, ce qui se prépare pour 2026

Nouvelles obligations vaccinales pour les nourrissons, remboursement de la vaccination contre les papillomavirus humains jusqu’à 26 ans révolus… L’année 2025 a marqué un jalon important pour le calendrier vaccinal des enfants, adolescents et jeunes adultes. Et 2026 pourrait confirmer cette dynamique.

13/04/2026 Par Michèle Reboul
Pédiatrie Santé publique
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L'année 2025 a marqué un tournant dans la stratégie vaccinale française. Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les infections invasives à méningocoque des sérogroupes ACWY et B est devenue obligatoire chez le nourrisson. "Cette obligation concerne les enfants jusqu’à l’âge de 2 ans, avec un effet rétroactif au 1er janvier 2023. Un dispositif transitoire de rattrapage est par ailleurs recommandé jusqu’à 5 ans pour ces deux vaccinations", précise la Dre Véronique Dufour, pédiatre (Paris), experte InfoVac-France*.

Méningocoques ACWY : dès 6 mois

Les vaccins contre les sérogroupes A, C, W et Y suivent un schéma en deux temps : une première dose à 6 mois (Nimenrix), suivie d’un rappel à 12 mois (Nimenrix ou MenQuadfi). "Le choix d’une primovaccination à 6 mois repose sur des données d’immunogénicité montrant qu’à partir de cet âge, une dose unique est suffisante avant le rappel de 12 mois. Une administration plus précoce aurait nécessité un schéma à deux doses", explique la Dre Dufour.

Après l’âge de 2 ans, les vaccins conjugués ACWY pouvant être utilisés sont Nimenrix, MenQuadfi ou Menveo. À l’adolescence, une dose est recommandée dès 11 ans. "Ces vaccins conjugués présentent un double intérêt : ils assurent une protection individuelle prolongée, estimée à plus de dix ans, et réduisent le portage pharyngé, contribuant ainsi à l’immunité collective", souligne la pédiatre.

Méningocoque B : dès 3 mois

Également rendue obligatoire chez le nourrisson, la vaccination contre le méningocoque B repose sur un schéma en trois doses (3 mois, 5 mois, rappel à 12 mois) avec Bexsero. À la différence des vaccins conjugués ACWY, ce vaccin recombinant protéique inactivé n’a pas démontré d’impact sur le portage pharyngé : la protection est donc essentiellement individuelle, avec une durée estimée à environ cinq ans. "Ces nouvelles obligations visent à mieux protéger les nourrissons contre les infections invasives à méningocoque, des pathologies rares mais d’évolution fulminante, associées à une morbi-mortalité élevée et à un risque de séquelles sévères", précise la spécialiste.

À partir de 15 ans, la vaccination est recommandée avec Bexsero ou Trumenba (AMM dès 10 ans pour ce dernier). Le schéma comprend deux doses espacées de six mois – ou trois doses pour Trumenba dans certaines situations à risque – en respectant l’utilisation du même vaccin sur l’ensemble du protocole. "Chez les adolescents, les vaccinations ACWY et B revêtent un enjeu stratégique compte tenu du pic d’incidence observé entre 15 et 25 ans", indique la Dre Dufour.

HPV : remboursement élargi jusqu’à 26 ans

En 2025, la France a également franchi un cap dans la prévention des cancers liés aux papillomavirus humains (HPV) avec l’extension du remboursement de Gardasil 9 à l’ensemble des jeunes adultes, femmes et hommes, jusqu’à 26 ans révolus. Recommandée par la Haute Autorité de santé (HAS), cette décision met fin à une disparité : jusqu’alors, le rattrapage était pris en charge jusqu’à 19 ans pour tous, et jusqu’à 26 ans uniquement chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. "L’accès universel jusqu’à 26 ans renforce l’équité et la cohérence de la stratégie vaccinale. Le schéma reste inchangé : deux doses entre 11 et 14 ans ; trois doses lorsque la vaccination débute à partir de 15 ans et jusqu’à 26 ans. La priorité demeure toutefois la vaccination précoce des 11-14 ans, tranche d’âge associée à une réponse immunitaire optimale permettant un schéma simplifié", rappelle la Dre Véronique Dufour. Cette extension intervient dans un contexte préoccupant : moins d’un adolescent sur deux est correctement vacciné tandis que l’incidence des cancers attribuables aux HPV progresse.

Grippe et varicelle : vers une vaccination pédiatrique plus large ?

L’année 2026 pourrait également être marquée par de nouvelles inflexions de la stratégie vaccinale pédiatrique. S’agissant de la grippe saisonnière, les vaccins utilisés depuis 2025 sont désormais trivalents, ajustés aux souches en circulation. La vaccination est recommandée dès l’âge de 6 mois chez les enfants à risque de formes graves. "Toutefois, les enfants constituent un réservoir majeur de virus grippaux et jouent un rôle central dans la transmission. L’instauration d’une recommandation universelle chez les 2-17 ans, prise en charge par l’Assurance maladie, permettrait, si elle était appliquée, de réduire la circulation virale et les complications, en particulier chez les sujets les plus vulnérables", souligne Véronique Dufour.

Autre évolution possible : la vaccination contre la varicelle. À ce jour, la stratégie reste ciblée. Elle concerne principalement les adolescents de 12 à 18 ans sans antécédent avéré de varicelle ou en cas d’histoire clinique incertaine, avec possibilité de contrôle sérologique préalable. Le schéma repose sur deux doses de l’un des vaccins disponibles (Varivax ou Varilrix), administrées à deux et six mois d’intervalle. "Une révision de ces recommandations pourrait toutefois intervenir en 2026, avec l’éventuelle mise en place d’une vaccination universelle des jeunes enfants à partir de 12 mois. Un groupe de travail de la HAS évalue actuellement cette stratégie à la lumière des nouvelles données scientifiques et du retour d’expérience de plusieurs pays : Royaume-Uni, Canada, États-Unis... La varicelle reste une infection potentiellement grave", conclut la Dre Dufour.

* InfoVac-France (https://www.infovac.fr/) est un réseau d’experts qui se sont donné pour mission de répondre rapidement aux questions liées aux vaccinations que se posent les médecins.

Un calendrier vaccinal évolutif, consultable en ligne :

Depuis 2025, le calendrier vaccinal est accessible en ligne et peut faire l’objet d’actualisations en cours d’année. Ainsi, l’édition 2025, parue en avril, a été complétée par des mises à jour en octobre et en décembre, sous l’égide du ministère chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, sur proposition de la Direction générale de la santé et de la Haute Autorité de santé. "Il est indispensable de consulter la version disponible sur le site du ministère, qui intègre en temps réel les dernières décisions réglementaires", rappelle la Dre Véronique Dufour.

Des recommandations sanitaires pour les voyageurs (non incluses dans le calendrier des vaccinations) sont actualisées chaque année, en juin, par un avis spécifique du Haut Conseil de la santé publique. Elles concernent des risques liés à certaines destinations (fièvre jaune, dengue...). Ces avis officiels de prévention sont publiés par les ministères du Travail et de la Santé.

 

Références :

D’après un entretien avec la Dre Véronique Dufour (Paris, InfoVac-France).

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