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Macron convaincant, mais... Trois syndicats de médecins décryptent les mesures du déconfinement

C’est dans une allocution de plus de 27 minutes que le président de la République, Emmanuel Macron, a dessiné les contours du déconfinement, deux mois après l’arrivée de l’épidémie de coronavirus sur notre sol. Confinement prolongé jusqu’au 11 mai, test des personnes symptomatiques, réouverture des écoles et maintien de la fermeture des espaces accueillant le public, le chef de l’Etat a fait son mea-culpa en se montrant toutefois ferme sur les mesures à suivre. Qu’en pensent les représentants de médecins ? Egora a posé la question au Dr Luc Duquesnel (Les Généralistes-CSMF),  au Dr Jean Paul-Hamon (FMF), et au Dr Franck Devulder (Les Spécialistes-CSMF).

 

Egora : Dans son allocution, Emmanuel Macron a reconnu que la France n’était “pas assez préparée” et a admis des “failles” et des “insuffisances” face à une épidémie d’une telle ampleur. Est-ce votre sentiment ? Que vous inspirent ces déclarations ? 

Dr Hamon : J’ai trouvé que son intervention était remarquable. Qu’il commence par critiquer ouvertement son administration qui n’était pas à la hauteur, c’est bien. C’est un mea-culpa. Ensuite, il a fait preuve d’empathie en essayant de n’oublier personne, même s’il n’a pas mentionné les auxiliaires de vie, qui sont allées travailler quasiment sans protection. Il a aussi reconnu que les personnes qui tiennent le pays en état ne sont pas assez payées… Il y a un versant social auquel nous n’étions pas habitués. Il a dit qu’il allait changer, on va faire semblant de le croire. On verra comment cela se passe.  

Dr Duquesnel : A travers ce qu’ont vécu nos confrères des régions Grand Est, d’Ile-de-France et du Nord, nous n’avons cessé de dénoncer le manque de matériel. C’est bien de le dire, mais le problème existe toujours. Dans cette communication présidentielle, il a également été peu question des points majeurs qui nous concernent nous, médecins généralistes, médecins traitants sur le terrain. Il n’a pas non plus été question des Ehpad : il y a, aujourd’hui, des vraies vagues liées à l’absence de préparation.  

Dr Devulder : C’est évident et nous nous en sommes tous émus. L’absence de masque est certainement le point qui a le plus choqué tout le monde. Les professionnels de santé ont été envoyés au front sans équipement, même si personne ne s’attendait à une vague pareille. Les politiques publiques, avant la présidence d’Emmanuel Macron, ont fait disparaître les stocks de masques. Et puis, on a également vu la difficulté d’aller tester, avec des tests PCR, qui étaient pourtant extrêmement nécessaires. Même si aujourd’hui les choses s’aplanissent, il a eu des attitudes étranges : alors que certains patients étaient infectés par le Covid et étaient hospitalisés, certaines cliniques restaient vides… Aujourd’hui, les masques arrivent, les tests également. La pandémie, et la hauteur de la vague, ont été telles qu’il a fallu que chaque acteur du système de santé trouve sa place.  

 

Pour lutter contre la pandémie, le président a annoncé le confinement “le plus strict” qui devra se poursuivre jusqu’au 11 mai, date à partir de laquelle les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriront "progressivement" mais pas les lieux rassemblant du public. Cette échéance vous paraît-elle cohérente ? 

Dr Duquesnel : Très clairement, je pense que ce n’est pas à nous de juger. A mes yeux, la problématique n’est pas de savoir si c’est trop tôt mais...

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