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Un an de crise : comment le Covid a bouleversé les pratiques des médecins

C'était il y a un an, jour pour jour. Le 16 mars 2020, face à la flambée de cas de Covid, Emmanuel Macron décrète un confinement généralisé en France, à compter du lendemain midi. Si la crise sanitaire est encore loin d'être terminée, l'heure est au bilan. Mis sur le devant de la scène, les médecins ont dû relever de nombreux défis aussi bien scientifiques qu'organisationnels ou éthiques. Téléconsultation, CPTS, prescriptions, formation… Egora fait le point sur ce que cette année a changé dans votre quotidien.
 

 

Téléconsultation : nécessité fait loi

Alors que la téléconsultation peinait à se développer depuis septembre 2018, date de sa prise en charge par l’Assurance maladie, l’épidémie de Covid-19 et, en particulier, les deux confinements décrétés en mars puis en octobre 2020 ont bouleversé la pratique. Au printemps dernier, nombre de praticiens ont vu leur activité chuter, les patients désertant leur cabinet par peur d’être contaminés ou de déranger. Pour beaucoup de praticiens, la téléconsultation, qui pouvait parfois être perçue comme une médecine de moindre qualité, est apparue comme une solution de secours pour garder le lien avec leurs patients et limiter la baisse de l’activité. Résultat, 19 millions de téléconsultations ont été facturées au cours de l’année 2020 tous types de prescripteurs confondus, sur un total de 319 millions de consultations, dont 17,2 millions par des médecins libéraux, précise l’Assurance maladie. C’est lors des périodes de confinement que les médecins ont le plus utilisé la téléconsultation : du 6 au 12 avril, la téléconsultation a représenté  un peu plus d’un quart des consultations, note l’Assurance maladie. Elle représentait 7,7%  des consultations la semaine du 9 au 15 novembre. Avant la crise, la pratique n’en était encore qu’à ses balbutiements. De septembre 2018 à septembre 2019, seuls 60.000 actes ont été pris en charge partout en France. Ce boom de la pratique a notamment été permis par plusieurs assouplissements et mesures dérogatoires, comme  la prise en charge à 100% des actes de téléconsultation pour suspicion de Covid, la facilitation du tiers-payant intégral, la levée de l’obligation de connaissance préalable du patient avant une téléconsultation ou les consultations par téléphone, dont le remboursement vient d’être prolongé jusqu’au 1er juin au vu de la situation épidémique..

Selon l’Assurance maladie, ce sont essentiellement les médecins généralistes qui se sont approprié la pratique : ils ont réalisé 79% de ces actes en 2020, soit environ 6% de leurs consultations. Les téléconsultations représentent 3,7% de l’ensemble consultations des médecins spécialistes “avec une forte variabilité selon les spécialités”, précise-t-on au sein de la Cnam. Ceux ayant le plus recours à la téléconsultation sont les psychiatres (10%), les endocrinologues (8,4%), les pneumologues (7,7%) et les pédiatres (2%). Malgré une reprise de l’activité presque normale dans les cabinets médicaux, la pratique semble perdurer, note la Drees dans une étude parue ce jeudi 11 mars. 7 médecins sur 10 ont réalisé des consultations à distance en novembre et décembre 2020, “autant que lors de la semaine du 11 mai 2020”. Une tendance également observée par l’Assurance maladie qui indique que la téléconsultation représente 5,4% du nombre total des consultations des médecins libéraux (1,4 million d’actes par mois), contre 0,1% avant la crise sanitaire. Selon les premières estimations de la Cnam, de début janvier jusqu’au 7 février, plus de 400.000 téléconsultations ont été réalisées chaque semaine. Reste à savoir si la pratique restera autant ancrée dans le quotidien des médecins et si le nombre d’actes atteindra toujours des sommets, comme cela a pu être le cas en avril, hors période épidémique. Cet été, entre les deux confinements, le nombre d’actes de téléconsultation remboursés par les caisses primaires avait en effet nettement baissé : 396.000 actes la dernière semaine de juin, contre environ 1 million par semaine en avril.

 

Médicaments et IJ : la liberté de prescription en question

La liberté de prescription a des limites et le Covid a largement contribué à les éprouver. Dès le 23 mars 2020, face à l'engouement pour ce qui apparaît alors comme un espoir de traitement et le risque de pénurie qu'il engendre, un décret encadre l'usage de l'hydroxychloroquine. Le texte instaure une dérogation de prescription hors AMM pour les patients Covid, mais uniquement à l'hôpital. En ville, la prescription et la dispensation du médicament sont réservés, dans le cadre de l'AMM, aux patients chroniques sur prescription d'une liste restreinte de médecins spécialistes. Au cours des mois suivants, les médecins de ville qui font état dans la presse des résultats de leur protocole de traitement du Covid (hydroxychloroquine, antibiotiques, vitamines…) s'attirent...

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