@Apichart/ Stock.adobe.com
Les dentistes "refusent d’être les boucs émissaires des dérives du système de santé" après la publication d'un rapport de la Cour des comptes
Les chirurgiens-dentistes de France (CDF), syndicat représentatif de la profession, ont réagi aux constats et recommandations formulés par la Cour des comptes au sein de son traditionnel rapport sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale.
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Il y a quelques jours, la Cour des comptes a publié son rapport sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale. Au sein de celui-ci, elle recommande "d'engager, dès à présent, un plan d'action visant à ramener le solde de la Sécurité sociale vers l'équilibre en 2030".
Pour y arriver, la Cour des comptes s’est notamment penchée sur le sujet des soins dentaires. De quoi provoquer la réaction des principaux concernés. Les chirurgiens-dentistes de France (CDF) soulignent ainsi, par voie de communiqué de presse, "le paradoxe qu’il y aurait à reprocher aux chirurgiens-dentistes la hausse des dépenses prothétiques alors même que la Cour des comptes reconnaît le succès du 100 % santé dans le secteur dentaire." "En améliorant l’accès à ces soins, la réforme a naturellement accru le recours à des traitements auxquels de nombreux patients renonçaient auparavant. Cette évolution est appelée à se poursuivre avec le vieillissement de la population."
Pour rappel, la Cour des comptes préconisait, face à "l'augmentation continue de la dépense" (15,7 milliards en 2024), l'introduction dans la convention d'une clause permettant d'agir en cas de "dérapage" de la trajectoire des dépenses de prothèses dentaires, et "de mesures nécessaires au rééquilibrage entre soins conservateurs et soins prothétiques, y compris sous la forme de baisses de tarifs des soins prothétiques".
Par ailleurs, les CDF "s’opposent fermement" à une extension des franchises ou participations forfaitaires aux soins dentaires. "L’application d’une participation forfaitaire sur chaque acte serait profondément inadaptée à l’exercice dentaire, qui repose principalement sur des séances comportant plusieurs actes, ou sur des traitements réalisés en plusieurs rendez-vous" Pour les chirurgiens-dentistes de France, une telle mesure "entraînerait une multiplication des restes à charge pour les patients et pénaliserait en premier lieu les publics les plus fragiles."
Le sujet de la démographie professionnelle s’est aussi invité sur la table. La Cour a observé "l'accroissement des inégalités territoriales dans l'accès aux soins dentaires". Face à ce constat, elle recommande de "renforcer, dès 2027, les restrictions à l'installation des chirurgiens-dentistes dans les zones très dotées et les zones non prioritaires". Sur le sujet, CDF appelle à "la prudence". "La profession connaît aujourd'hui une augmentation progressive de ses effectifs, portée par l'ouverture de nouvelles formations universitaires sur le territoire national et surtout par l'arrivée de nombreux praticiens titulaires de diplômes européens", indiquent-ils. Manquant de "recul nécessaire" pour mesurer les effets de ces évolutions, les chirurgiens-dentistes s’opposent à "toute mesure précipitée de régulation". Ces derniers sont également défavorables à "toute logique de régulation prix / volume appliquée aux soins dentaires et orthodontiques."
Malgré tous ces désaccords, CDF soulignent toutefois qu’ils partagent "le constat du manque d’études socio-épidémiologiques actualisées sur la santé orale de la population française" et "les interrogations formulées quant aux déséquilibres persistants entre panier maîtrisé et panier libre, dans le cadre du 100 % santé."
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