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Menacé d’expulsion après la naissance de leur bébé, un couple d'étudiants soutenu par l’Ordre des médecins
Un étudiant en cinquième année de médecine et sa compagne doivent quitter leur logement Crous à Nice en raison de la naissance de leur enfant. Le président du conseil régional de l’Ordre des médecins est monté au créneau afin de trouver une solution.
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La situation de cette famille pourrait devenir très compliquée. Joseph, étudiant en cinquième année de médecine, 23 ans, et Saoirse, sa compagne de 25 ans, ont eu une heureuse nouvelle il y a dix mois. En effet, la naissance d’une petite fille, un "bébé surprise", comme le relatent nos confrères de Nice-Matin.
En étude de lettres, Saoirse décide de faire une pause. Mais le couple reçoit un "courrier d’expulsion". Un "changement de politique" ferait que "les enfants sont désormais interdits dans les résidences", indique le couple, cité par nos confrères. Face aux relances, ils décident de donner leurs congés pour juin. Mais ils n’ont rien trouvé ailleurs. Joseph touche 270 euros de bourses en tant qu’externe, tandis que Saoirse ne perçoit donc plus rien. À cela s’ajoutent des aides de la Caf, mais retrouver un logement est complexe.
"Le système pénalise ceux qui fondent une famille"
"Malgré nos démarches, nous nous retrouvons à la rue sans aucune aide du Crous pour nous reloger, malgré leur règlement intérieur qui les y oblige. On a le sentiment qu’au lieu d’accompagner les étudiants les plus fragiles, le système pénalise ceux qui fondent une famille pendant leurs études", tonne Joseph.
"On n’a engagé aucune procédure coercitive, ni judiciaire, ni financière. On aurait pu les faire expulser, appliquer une majoration de leur loyer. On aurait pu le faire, on ne l’a pas fait : on ne leur a pas mis le couteau sous la gorge", répond la directrice du Crous, Mireille Barral, qui confirme que "l’hébergement d’une tierce personne y compris, un enfant, est interdit".
Face à cette situation compliquée, le couple a pu compter parmi ses soutiens… le conseil régional de l’Ordre des médecins. "Aujourd’hui, à Nice, un étudiant en médecine engagé quotidiennement à l’hôpital risque de se retrouver sans logement avec sa compagne et leur enfant d’un an. La raison ? La naissance de leur bébé…", s’agace le Dr Hervé Caël, président du conseil régional de l’Ordre des médecins, dans un second article de Nice-Matin.
"Cette situation pose une question fondamentale : en France, devenir parent est-il en train de devenir un ‘délit de parentalité’ pour certains étudiants ?", poursuit-il. Il appelle à prendre en compte "la réalité sociale, souvent ignorée, des étudiants en médecine". Rappelant que "les externes participent chaque jour au fonctionnement de l’hôpital public", contre une "rémunération (qui) demeure extrêmement faible", Hervé Caël appelle à "une mobilisation rapide et coordonnée de l’ensemble des acteurs concernés".
Objectif : "proposer une solution temporaire ou durable à cette famille". "Notre société ne peut pas demander autant à ses futurs soignants tout en les laissant seuls face à une telle précarité. L’administration doit savoir laisser une place à l’humanité", conclut-il.
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