Tinder des DJ et MSU_Calvin_Adobe Stock

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"Tinder des docteurs juniors" : comment se déroulera le matching des stages de quatrième année en médecine générale

En septembre prochain, la procédure d’appariement des terrains de stage débutera. Objectif : faire "matcher" les docteurs juniors (DJ) de médecine générale avec les terrains de stage proposés par les MSU. Nombre de DJ à classer, tour supplémentaire… Des adaptations devraient être mises en place pour assurer le bon déroulement de la procédure, dont les prémices débuteront dès le mois de juin.

26/05/2026 Par Alexis Vignais
4ème année de MG Internat Docteur Junior MSU
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Son appellation officielle a déjà été balayée par son surnom. La procédure d'appariement des docteurs juniors, ou plus communément appelée le "Tinder des Docteurs Juniors", devrait bientôt voir le jour. Cela avec un objectif clair : faire en sorte que chaque DJ ait accès au meilleur terrain de stage possible en fonction de ses préférences. Et, "dans l’idéal, [que] les internes se rapprochent des maîtres de stage à proximité de là où ils souhaitent implanter leur projet professionnel", ajoute le Pr Olivier Saint-Lary, président du Collège national des généralistes enseignants (CNGE). Du côté des maîtres de stage universitaires (MSU), la volonté est d'accueillir un docteur junior correspondant à leurs attentes.  

Pour ce faire, plus question de prendre en compte les rangs de classement, méthode utilisée notamment pour les autres stages de l’internat. Ici, on mise donc sur un "big matching". "L'idée, ce n'est plus qu'il y ait une grande liste sur laquelle les internes choisissent par ordre de classement, mais c'est qu'on soit vraiment sur une logique d'appariement", complète Olivier Saint-Lary. Pour mettre en place cette évolution, plusieurs groupes de travail, réunissant notamment les syndicats étudiants, la DGOS ou encore le CNGE ont été mis en place début 2026.  

Autour de la table également, des représentants de l'équipe technique de la SiiMOP- Appariement (Uness). Si ce nom ne vous parle pas, il s’agit tout simplement de la plateforme qui sera utilisée pour effectuer cette procédure d’appariement. Une procédure qui débutera officiellement en septembre, mais dont la préparation commencera dans quelques semaines. En effet, à partir du 4 juin, les fiches décrivant les terrains de stage seront affichées sur la plateforme. En amont, les DMG auront récupéré lesdites fiches auprès des MSU pour les fournir aux ARS qui s’occupent de la mise en ligne. Par la suite, les docteurs juniors, pourront, à leur tour, avoir accès à la plateforme et y déposer un CV et une lettre de motivation. 

Ensuite, la procédure se déroulera en quatre tours, trois automatisés et un manuel. Les trois premiers tours suivront la même logique. Les docteurs juniors pourront attribuer des cœurs aux terrains de stage proposés par les MSU. Si le docteur junior souhaite absolument aller dans un terrain de stage précis, il devra donc lui attribuer la note maximale de 5 cœurs. La note minimale étant d’un seul cœur. Une fois le premier tour terminé du côté des docteur juniors, ce sera au MSU de classer les étudiants qui leur ont attribué des cœurs. L’algorithme fera ensuite son travail et opèrera les "matchs".  

Match garanti 

Un mode de fonctionnement qui permet de "garantir le stage si le maître de stage et le docteur junior sont d'accord", avance Olivier Saint-Lary. En effet, si le docteur junior met cinq cœurs à un stage et que le MSU le classe en première position, "l'appariement va se faire automatiquement". "Ça permet de flécher des stages si le projet correspond des deux côtés", se réjouit le président du CNGE. "Il y a des chances que chaque interne connaisse au moins un MSU qui prenne un DJ et qu'ils s'arrangent sur le premier tour", confirme Atika Bokhari, présidente de l’Isnar-IMG.  

Toutefois, si des docteurs juniors se retrouvent sans stage, du fait de la popularité de certains lieux de stage, un tour "2" et un tour "3" seront organisés. Ultime recours : un quatrième tour, mais celui-ci sera effectué manuellement. Objectif : "faire des appariements à la main, en fonction des choix, et qui seront confiés aux coordonnateurs de DMG avec validation par le doyen et l'ARS", indique Olivier Saint-Lary.  

Aussi simple que bonjour ? Pas tout à fait. Si les parties prenantes s'accordent à dire que les discussions autour de ce sujet ont été plutôt consensuelles, fait plutôt rare concernant la réforme de la quatrième année de médecine générale, des évolutions devront être mises en place pour que la procédure se déroule pour le mieux.  

Parmi ces changements, on note notamment l'évolution du nombre de docteurs juniors que les MSU devront obligatoirement classer. Dans le fonctionnement relatif aux docteurs juniors des autres spécialités, les MSU doivent classer 80 % des demandes reçues. "Mais là, imaginons qu'il ait 60 demandes, 80 % ça fait vraiment beaucoup", alerte Olivier Saint-Lary.  

Choix non valide  

"Compte tenu de la taille des corps de médecine générale, on a validé que jusqu'à 10 étudiants qui notaient le MSU, il faut que celui-ci classe tous les terrains de stage", complète Atika Bokhari. Au-delà de dix demandes, les MSU devront classer au minimum dix docteurs juniors, mais n’auront pas l'obligation d'en classer davantage.  

Vigilance toutefois à respecter ces obligations même en cas d’accord tacite avec un futur DJ. "Il ne faut surtout pas que le maître de stage se dise 'c'est bon, j'ai mon docteur junior, je classe que lui', parce que s'il classe qu'un étudiant, ça va être considéré comme un choix non valide et il risque de ne pas lui être attribué", avertit Olivier Saint-Lary.  

Au rang des évolutions, on note aussi le changement d’échelle. En effet, les choix ne vont pas s'opérer au niveau régional mais au niveau de la subdivision. "C'est pour diminuer le nombre de terrains de stage et de docteurs juniors et éviter qu'on soit sur des effets de taille qui risquent de faire que beaucoup ne soient pas classés à la fin du quatrième tour", détaille le président de la CNGE. L’Isnar-IMG y voit un autre avantage : éviter que des DJ ne doivent effectuer des stages trop loin de leur lieu d’habitation. "Au moins la subdivision, c'est relativement restreint comme distance."  

"La souplesse sera augmentée" 

Mais comment faire alors si on souhaite effectuer son stage dans une autre subdivision que la sienne ? Il faudra alors passer par une procédure Inter-CHU. "ll y a toujours la possibilité de demander à changer, mais de manière spontanée, ça se fera dans votre subdivision", souligne-t-on du côté de la CNGE. Clément Hugueny, référent 4A de l’ISNI, rassure toutefois : la "souplesse sera augmentée, au niveau des ARS, sur ces demandes inter-CHU." 

Ces évolutions doivent toutefois être ancrées dans le marbre et être validées au niveau du Conseil d’Etat. Les syndicats resteront donc vigilants sur ces sujets tout comme celui de la quatrième journée. Théoriquement, les docteurs juniors vont effectuer trois jours en cabinet et une dernière journée avec un programme différent selon le terrain de stage. Le MSU va définir le contenu de cette quatrième journée en amont, sur la plateforme de matching. Une proposition possiblement incohérente avec le souhait du DJ. Conséquence : certains DJ "vont se retrouver à choisir un stage où le contenu de la quatrième journée ne leur convient pas".  

Sur ce sujet, l’Isnar-IMG appelle donc à une certaine adaptabilité autant des MSU que des facultés. "Il faut que le MSU fasse ce qu'il peut pour l'aider [le DJ] dans son projet, c'est-à-dire l'accompagner pendant la quatrième journée, pas lui imposer la sienne. Et en même temps, il faut que les DMG s'apprêtent à délivrer des conventions de stage rapidement", indique Atika Bokhari. "Il ne faut pas faire miroiter non plus aux étudiants que ça sera systématiquement facilement possible", tempère Olivier Saint-Lary évoquant le sujet de la "responsabilité en cas de prise en charge".  

3700 docteurs juniors  

L’autre sujet, qui avait pu générer une certaine inquiétude par le passé, est la soutenabilité de la plateforme face à une cohorte importante. En effet, près de 3700 docteurs juniors devront classer les MSU, en septembre 2026. Une cohorte bien plus grande que celle gérée habituellement par la plateforme qui est également utilisée pour dispatcher les docteurs juniors des autres spécialités. Mais face à cette problématique, c’est plutôt la sérénité qui règne notamment grâce à une… thèse. En effet, Dan David Tordjman, étudiant en médecine, a travaillé sur le sujet en 2023.  

L’intéressé a effectué une simulation souhaitant tester l’affectation des DJ liée à la subdivision de l’AP-HP, soit la plus importante en termes d’effectif. Une simulation qui prend en compte plusieurs paramètres, dont le taux d’entente préalable entre les MSU et les DJ ou encore la popularité des terrains de stage. Le résultat est sans appel : "Au total, ce sont en moyenne 93,1% des internes qui sont affectés à l’issue d’une procédure d’appariement pour des temps d’exécution moyen de l’ordre de 33,60 secondes", peut-on lire dans le résumé de cette thèse, consulté par Egora. Des résultats suivis d’une phrase qui laisse peu de place au doute : "La plateforme SiiMOP est un outil en mesure d’apparier aisément les futurs docteurs Juniors de médecine générale." "C’est de nature à être plutôt rassurant sur ce que ça pourrait donner. Après, effectivement, ce sera une première et comme toujours dans les premières, il y a un peu d'aléas", juge Olivier Saint-Lary.  

L’aléa pourrait aussi concerner le nombre de MSU partant pour encadrer des docteurs juniors. Selon les derniers chiffres du CNGE, publiés en mars dernier, plus de 50 % des départements de médecine générale (DMG) étaient en mesure d’attribuer un stage ambulatoire à l’ensemble de leurs DJ. Un chiffre satisfaisant pour les uns, inquiétant pour les autres. Une chose est sûre, si le nombre de MSU est insuffisant, le Tinder des internes, aussi performant soit-il, n’y pourra rien. 

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