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Cancer prostatique : une méta-analyse Cochrane penche en faveur du dépistage

Une nouvelle méta-analyse Cochrane montre que le dépistage par PSA pourrait réduire légèrement la mortalité liée au cancer de la prostate, mais au prix de nombreux diagnostiques aux stades précoces de la maladie. 

29/05/2026 Par Marielle Ammouche
Urologie
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Le dépistage systématique du cancer de la prostate basé sur le dosage du PSA reste controversé. Il n’est pas actuellement recommandé par les autorités de santé ; même si l’Association Française d’Urologie (AFU) se prononce pour la détection précoce de ce cancer (dépistage individuel informé). En 2013, une première analyse sur le sujet a conclu que le dépistage du cancer prostatique n’avait pas d’impact sur la mortalité. Mais depuis, plusieurs vastes essais ont été publiés sur ce thème. C’est pourquoi des auteurs ont mené une nouvelle méta-analyse Cochrane. 

Ils ont ainsi analysé six essais contrôlés randomisés portant sur un total de 789 086 participants âgés de 45 à 80 ans en Europe et en Amérique du Nord. En particulier, CAP (Royaume-Uni), PLCO (États-Unis) et ERSPC (Europe), ont été pris en compte. La durée du suivi variait de 3,2 à 23 ans. Les résultats ont alors montré que le dépistage par PSA "semble réduire" la mortalité liée au cancer de la prostate et "pourrait réduire" la mortalité globale, indiquent les auteurs. 

Plus précisément, le rapport de taux était de 0,87 concernant la mortalité spécifique. Les auteurs ont calculé que "en supposant un risque de base de seize décès liés au cancer de la prostate pour 1.000 personnes, cela correspond à deux décès de moins pour 1.000 personnes". Et concernant la mortalité globale, le dépistage pourrait la réduire mais de façon très modérée, car le rapport de taux étant de 0,99, "l'intervalle de confiance inclut la possibilité d'un effet faible ou nul". Pour cette variable, pour 1.000 dépistages, on observerait une diminution de cinq décès pour une base de 491 décès toutes causes confondues.

Le dépistage par PSA entraînerait, par ailleurs, une nette augmentation du nombre de diagnostics, de 30%, estiment les chercheurs, concernant principalement les cancers précoces (stade I et II). Ce qui pose la question du surdiagnostic et du surtraitement, car ces tumeurs n’auraient probablement pas eu d’impact sur la santé et la vie de la majorité des patients. Cependant les auteurs n’ont pas trouvé de données probantes concernant d’éventuels risques liés au dépistage, tels que les complications liées à la biopsie et au traitement.

Références :

Franco JVA, et al. Cochrane Database of Systematic Reviews 2026, Issue 5. Art. No.: CD004720. 
DOI: 10.1002/14651858.CD004720.pub4
 

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