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Légalisation de la GPA : 15 personnalités politiques s'y opposent dans une tribune
Des élus et ex-ministres ont signé une tribune transpartisane dans laquelle ils s'opposent à "mettre le corps des femmes à la disposition du désir d’autrui". Une réponse à Gabriel Attal, qui a relancé le débat sur la légalisation de la GPA lors de l'officialisation de sa candidature à la présidentielle 2027.
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Agnès Buzyn, Rachida Dati, Manuel Valls ou Xavier Bertrand font partie des quinze signataires de la tribune contre la GPA (gestation pour autrui), menée par Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, et publiée jeudi chez nos confrères de Ouest France. "Le corps des femmes [ne peut être mis] à la disposition du désir d’autrui", lisons-nous.
Un texte coup de poing, en réaction aux récentes déclarations de Gabriel Attal, candidat à la présidentielle, quant à la légalisation de la GPA. Interdite en France depuis 1994, elle constitue une "ligne rouge" de son programme pour 2027. "J’ai toujours dit que ce débat existait et qu’il ne fallait pas l’occulter". Pensé comme un marqueur politique et générationnel, le projet de légalisation de la GPA assure une rupture avec ses concurrents en lisse à la présidentielle, et notamment avec Édouard Philippe, porteur d'une droite plus conservatrice.
"Extrêmement défavorable" à sa légalisation
Déjà fin avril, Gabriel Attal écrivait dans son livre En homme libre : "La réalité de ces familles existe, qu’on le veuille ou non, car le monde est ouvert, et nous devons en débattre". Ce dernier est toutefois partisan "de la légalisation d’une GPA "éthique", c’est-à-dire sans transaction commerciale", affirme-t-il dans Le Parisien. "Sur tous ces sujets bioéthiques, […] la liberté de vote s’est imposée dans tous les partis."
Des déclarations qui n'ont pas manqué de faire réagir. Maud Bregeon s'est ainsi dite personnellement "extrêmement défavorable" à sa légalisation sur France 3, ce dimanche. Une proposition qui, à ses yeux, "va à l'encontre du féminisme que l'on doit porter en 2026". Dans la tribune, les auteurs dénoncent un "commerce reproductif mondial" fondé sur une logique d’offre et de demande. Selon eux, la légalisation de la pratique ne "supprimerai pas le marché" de la gestation pour autrui, mais lui donnerai "une vitrine".
GPA "éthique"
Et ce, bien que la proposition de Gabriel Attal soit présentée comme "éthique". "Derrière l'éthique, il y a un marché estimé à près de 15 milliards de dollars en 2023, promis à plus de 100 milliards d'ici 2033. Un système organisé autour d'une logique d'offre et de demande où prospèrent agences et intermédiaires dans lequel les femmes qui portent les enfants des autres sont rarement celles qui détiennent le pouvoir", soulignent-ils.
Les deux présidentes des Délégations aux droits des femmes à l’Assemblée nationale ou au Sénat, Aurore Bergé et Véronique Riotton, ainsi que les dix anciens ministres ou Premier ministre, s'appuient sur un rapport de l’ONU de 2025 qui conclut à la nécessité d’abolir la GPA, sous toutes ses formes. Ces recommandations ne font toutefois pas office de loi.
La GPA est encadrée de manière souveraine par chaque État. Si plusieurs pays européens l’interdisent, le Canada ou le Royaume-Uni l’autorisent lorsqu’elle est pratiquée sans but lucratif, de manière « éthique ». Fin avril se sont clôturés les États généraux de la bioéthique en vue de la prochaine révision des lois bioéthiques, attendue au plus tard en 2028.
Les signataires : Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations ;n François Baroin, ancien ministre de l’Intérieur, Maire de Troyes (LR) ; Nicole Belloubet, ancienne Garde des Sceaux ; Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, président de la région des Hauts-de-France (LR) ; Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation Nationale, président Labo de la République ; Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé ; Rachida Dati, ancienne Garde des Sceaux, maire du VIIe arrondissement de Paris (LR) ; Nathalie Delattre, sénatrice (présidente Parti Radical) ;Agnès Firmin Le Bodo, ancienne ministre de la santé, députée (Horizons) ; David Lisnard, maire de Cannes (président Nouvelle Énergie) ; Véronique Riotton, députée, présidente de la Délégation aux droits des femmes (Renaissance) ; Laurence Rossignol, ancienne ministre de l’Égalité et des Familles, sénatrice (PS) ; Frédéric Valletoux, ancien ministre de la santé, député, président de la commission des affaires sociales (Horizons) ; Manuel Valls, ancien Premier ministre ; Dominique Verien, sénatrice, présidente de la Délégation aux droits des femmes (UDI).
[Avec AFP et Ouest France]
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