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Fausses allégations, fragilité des épreuves... Ce que révèle le rapport sur les accusations de fraude aux Ecos

Vendredi 23 octobre, le rapport des inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) sur les soupçons de triche lors des derniers Ecos a été rendu public. Ce document, très attendu par les étudiants, conclut à une absence de "fraude massive". Les arguments avancés par ses auteurs sont fouillés. Egora fait le point. 

26/10/2026 Par Chloé Subileau
Ecos
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"Pas de fraude massive aux Ecos 2026." Telles sont les conclusions de la mission de contrôle sur les allégations de fraude lors des derniers Examens cliniques objectifs et structurés (Ecos), menée par les inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR). Rendu public vendredi 23 octobre, ce rapport avait été commandé par les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur après la publication d'une lettre anonyme dénonçant de graves irrégularités et faits de triche lors des derniers Ecos, organisés les 2 et 3 juin derniers. 

Ce document, largement relayé sur les réseaux sociaux, avait suscité un véritable scandale parmi les carabins. Son auteur, qui se présentait comme un étudiant en médecine ayant profité de cette "triche organisée", assurait notamment qu'un groupe Telegram "plus ou moins secret" permettrait à des futurs internes de bénéficier d'indices ou de sujets en avance. Il affirmait également que, chaque année, des "centaines d'étudiants" gagnaient des milliers de places dans les classements entre les EDN – qui se déroulent à l'automne – et les Ecos. 

Pour faire la lumière sur cette situation, les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur ont donc saisi l'Igas et l'IGESR le 15 septembre dernier. Les conclusions de ce travail étaient attendues le 15 octobre. 

Afin d'éclaircir la situation, les deux inspections* ont mené diverses auditions, avec les représentants des doyens, des étudiants ou responsables universitaires, et se sont focalisées sur les Ecos, qui comptent pour 30% dans la note globale classant les étudiants pour l'internat. 

La mission s'est notamment attachée à identifier les principaux risques susceptibles d'affecter le bon déroulement de ces épreuves orales - mises en œuvre en 2024 -, de "la conception des sujets jusqu'à l'exploitation des copies". Onze risques pouvant "déboucher sur une fraude" ou "créer une inégalité entre les candidats" ont ainsi été identifiés. 

Parmi ces risques, trois sont particulièrement critiques. A commencer par l'impossibilité d'organiser les Ecos de manière synchronisée sur le territoire en cas de défaillance majeure de l'un des 37 sites où se déroulent ces épreuves (panne informatique locale, événement climatique ou social…). "Ce type d'incident peut avoir des conséquences à l'échelle nationale [puisqu'une telle défaillance obligerait tous les sites à organiser une journée de reprogrammation, NDLR]. Il est donc nécessaire de prévoir une procédure de continuité précisant les alertes à déclencher, les responsables de décision, les solutions de remplacement et les conditions d'utilisation d'un sujet de recours", détaillent l'Igas et l'IGESR.

Grilles d'évaluation 

Autre risque majeur : la défaillance ou l'irrégularité affectant l'une des dix stations passées par les étudiants. La mission pense notamment à un problème technique ou une suspicion de fuite d'information qui pourrait "affecter, en cours d'examen, le bon déroulement d'une station d'évaluation, créer une iniquité entre [les] candidats ou faire douter de l'égalité réelle entre eux". "Dans ce cas, il peut être envisagé de neutraliser la station concernée plutôt que de devoir refaire l'ensemble de l'examen", propose le rapport, pour qui il est nécessaire "de prévoir une procédure alternative à ce qui [est] prévu". 

De plus, si la mission rappelle que grilles d'évaluation sont transmises la veille aux UFR – la moitié les traitent (téléchargement, impression) à ce moment-là, les autres directement le matin des épreuves -, elle n'exclut pas un "risque" de fuite. Pour elle, le niveau de criticité le plus élevé repose toutefois sur la "récupération et la diffusion de [ces] documents après les épreuves". "La fin des épreuves appelle à la même vigilance que leur déroulement. A ce moment les supports papier doivent être récupérés, comptés puis détruits ou restitués. Des documents peuvent encore se trouver dans les salles ou chez les intervenants. Des cas de circulation de documents après les épreuves ont pu être signalés", reconnaît le rapport, qui invite à "prévoir des règles claires de récupération, de conservation ou de destruction des documents, ainsi qu'un dispositif de signalement des copies et diffusion non autorisées". 

Ces risques ne sont pas les seuls. D'autres, classés comme ayant une criticité "majeure", portent notamment sur le possible "partage d'informations entre candidats sur le contenu des stations (croisement de cohortes, téléphone, réseaux sociaux…)", "la divulgation des sujets lors de leur transfert" vers les sites et UFR, ou encore "la divulgation d'un projet de station lors de sa conception ou de sa sélection". 

Pour la mission, l'analyse de ces risques ne met pas en évidence de "faille systémique susceptible de compromettre globalement la sécurité ou la sincérité du dispositif", mais permet de dégager quatre constats. Selon ses auteurs, "les phases nationales du processus semblent globalement bien maîtrisées", les fragilités observées se situent surtout au "niveau local". Ils pointent aussi une fragilité "de nature structurelle" de ces épreuves orales, organisées simultanément dans toutes les facultés, reposant sur des sujets uniques et mobilisant plus de 3 000 intervenants. Enfin, l'Igas et l'IGESR déplorent l'existence de "deux risques organisationnels pour lesquels aucune réponse pleinement satisfaisante n'a été identifiée" : les défaillances d'un site d'examen ou d'une station.

L'autre pan de ce rapport porte sur les allégations avancées dans la lettre anonyme. Ce courrier de 18 pages, dont plusieurs comprenant des copies de grilles d'évaluation, a été transmis au Centre national de gestion (CNG) le 30 juin, avant d'être diffusé sur les réseaux sociaux à compter du 13 ou du 14 septembre. Les documents en annexe de cette missive ont été authentifiés par le CNG comme étant bien ceux sur lesquels ont porté les Ecos de juin dernier. 

"Pas de fuite organisée"

"La question n'est donc pas celle de la réalité de ces documents, mais celle de la date et des conditions de leur captation", estime la mission. Les investigations menées "ne démontrent pas de fuite organisée en amont des examens mais tendent plutôt à accréditer que leur diffusion est compatible avec une captation de documents imprimés, au plus tôt la veille [des épreuves] mais pas avant, et vraisemblablement le jour J ou après", est-il détaillé. 

Pour en venir à de telles conclusions, les deux inspections générales ont décortiqué la lettre. Premier élément appuyant l'hypothèse que les documents intégrés dans la missive ont été récupérés le jour des épreuves ou après : la présence, dans la vignette de la station 102, d'une modification apportée la veille de l'examen. Une coquille présente dans l'un des énoncés a en effet été corrigée le lundi 1er juin, sur demande du président du conseil scientifique. Or, cette correction apparaît dans la vignette "reproduite dans la lettre anonyme", souligne le rapport. Ce document n'existait donc pas avant le lundi 15h30 et "n'a pas pu circuler plus tôt", insistent l'Igas et l'IGESR, pour qui cet élément atteste qu'aucun "réseau national 'examinateurs, patients standardisés, étudiants, organisés'" n'a pu être impliqué. 

Par ailleurs, les "consignes aux examinateurs" de deux stations ont été diffusées dans la lettre. Ces consignes "ne quittent le circuit sécurisé que le matin même" des Ecos, indiquent les inspections générales. La présence de ces documents dans la lettre "n'atteste [donc] rien d'une fuite en amont et d'un bénéfice de leur connaissance par des étudiants avant les autres", soutiennent-elles. 

Enfin, la "mauvaise connaissance des Ecos" par l'auteur de la lettre est pointée du doigt. Sont notamment citées des "erreurs de fond ou de graves approximations" sur ces examens, sur la dénomination des examinateurs - "qualifiés d'organisateurs sans explication" -, ainsi que sur les conditions de recrutement des patients et professionnels de santé standardisés.

Une tentative de déstabilisation ? 

"De façon plus générale, ladite lettre évoque un mélange de faits, des situations anormales ou illégales (viol, harcèlement, trafic d'organes, vol de stupéfiants), nommés par ville et les met en relation avec les Ecos. Ces faits ne sont pas des révélations mais constituent une liste de faits divers dont la presse et la justice ont eu à connaître", soutient la mission. Elle s'interroge également sur la temporalité de la lettre, envoyée fin juin au CNG alors que les affectations des néo-internes n'avaient pas encore eu lieu. Or, "si l'auteur anonyme avait lui-même profité d'une fraude [comme il l'indique dans le courrier], il n'aurait eu aucun intérêt à le signaler dès juin ; cette hypothèse paraît donc peu vraisemblable", tranchent les auteurs du rapport. 

Pour certains doyens, ce courrier pourrait même être une "tentative de déstabilisation" et, dans tous les cas, une "lettre 'étrange, décousue'". 

Enfin, la mission a mené des analyses statistiques** via le pôle "data" de l'Igas sur la base des données du CNG pour les EDN et Ecos des sessions 2024, 2025 et 2026. Le traitement de ces données, "tant pour les UFR que pout les étudiants, ne montre pas de dispersion suspecte aux Ecos 2026", indique le rapport qui assure, par ailleurs, qu'aucune "trace de numérique de fuite n'a été détectée". 

Mi-septembre, le CNG s'était déjà défendu de toute fraude, en affirmant ne pas avoir observé de "progressions anormales" dans les classements entre les EDN et les Ecos sur les trois dernières années. 

Ces éléments n'apportent donc pas "la preuve d'une fraude massive", tranchent les inspections générales. Les investigations menées montrent que "la sécurité des Ecos se joue moins dans les systèmes centraux, dont la robustesse est établie, qu'aux moments où les documents sortent du circuit numérique : l'impression la veille, le recours au papier en mode dégradé, la conservation et la destruction des supports après l'épreuve".

Pas de remise en cause des résultats

Afin d'améliorer le dispositif, les inspections générales avancent donc dix recommandations. Parmi elles, la nécessité de "sécuriser les informations transmises aux patients et professionnels standardisées à J-9 semaines aux seuls grands concepts, dans des conditions de confidentialité optimales" ou de "s'assurer que les documents d'épreuves restent confidentiels après l'épreuve à travers un protocole de fin de journée" (inventaire, procès-verbal de récupération…). 

La mission appelle également, dans un souci de "transparence" et "d'amélioration continue" des épreuves, à ce que soit publiée chaque année une synthèse des incidents, à créer une "voie nationale de signalement", à "associer les représentants étudiants au retour d'expérience" et à "transmettre aux UFR des données permettant une analyse locale des données de l'examen et des résultats". 

Ayant pris connaissance de ces résultats, les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur ont indiqué que les "résultats des Ecos 2026 [n'étaient] pas remis en cause".  Et ce, conformément aux conclusions de la mission.

*Les deux auteurs du rapport sont le Pr Olivier Laboux (Igas) et Stéphanie Elshoud (IGESR)

**Le pôle "data" de l'Igas a construit des modèles de prédiction pour comparer les notes observées aux notes attendues, par UFR et par étudiant. Les résultats obtenus sont détaillés aux pages 28 à 32 du rapport.  

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

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J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

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