@OfidaStudio/stock.adobe.com
"C'est quasiment du théâtre" : concepteur des Ecos, il livre ses conseils pour réussir les stations
Le Pr Nans Florens a participé à la conception et à l’évaluation des Ecos à la faculté de Strasbourg et au niveau national. À quelques jours du début des épreuves, il livre ses meilleurs conseils pour réussir les Ecos.
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Le début des épreuves est imminent. En effet, mardi 2 et mercredi 3 juin, les examens cliniques objectifs structurés nationaux (Ecos) prendront place. Au total 10 716 étudiants sont attendus dans les stations (en 2025, ce chiffre s'élevait à 9 032 étudiants). S'il n'est plus vraiment le temps de bachoter, il est toutefois possible de mettre en application quelques conseils pour réussir ces épreuves.
Déjà, petit rappel : les Ecos sont des épreuves dites pratiques où les carabins doivent se mettre dans la peau d’un professionnel de santé face à une situation médicale fictive. Dans la salle, il peut y avoir notamment une personne qui joue le rôle d’un patient (dit patient simulé) et deux évaluateurs. L’épreuve commence, systématiquement, par la lecture du sujet. Une étape à ne surtout pas négliger selon le Pr Nans Florens, qui est également évaluateur des Ecos au sein de la faculté de Strasbourg et au niveau national.
"Prendre son temps"
"Mon principal conseil pour les étudiants, c'est qu'il est urgent de prendre son temps", lance celui qui a également participé à la conception des Ecos. Si la plupart des carabins qu’il a évalués accordent moins de "30 secondes" à la lecture du sujet, Nans Florens encourage ces derniers à accorder "une, voire deux minutes" à cette étape. Objectif : "se jouer rapidement l’Ecos dans la tête en posant, sur son brouillon, les différents éléments qui vont le structurer et s'assurer qu'on va bien répondre à toutes les questions." Un brouillon qui peut aussi servir de "pense-bête" où le carabin pourra noter les actes ou questions qu’il oublie systématiquement.
Il faudra ensuite passer à l’entretien avec le patient simulé (un Ecos peut parfaitement ne pas avoir de patient simulé, mais le cas étant fréquent, nous allons prendre un exemple qui l'inclut). Il est primordial, à ce stade, de se fondre dans la peau d’un médecin.
"Il y aura toujours des points sur la façon dont on s'adresse aux patients. Ce sont les points les plus facilement gagnés, mais ils peuvent être rapidement perdus si l’on ne rentre pas dans son personnage", juge Nans Florens. "C'est quasiment du théâtre." Mais certaines répliques ne doivent surtout pas être omises. Traitements en cours, antécédents familiaux, tabac… "Il faut être systématique" dès le début de l’interrogatoire. "Et après on passe à l'interrogatoire plus ciblé sur la pathologie."
Les petits détails
Lors de l’interrogatoire, mais aussi pendant l’examen, il faudra être attentif aux "petits détails". Ainsi, "si dans la salle, on leur met à disposition une bouteille de gel hydroalcoolique, ce n'est pas pour rien", indique Nans Florens. Dans le même ordre d’idée, il faudra bien vérifier, dans le cadre d’une prise de tension artérielle, si le brassard est bien adapté au patient simulé. Si et seulement si un examen clinique est nécessaire, ce qui n’est pas forcément le cas. "Normalement dans les stations d’Ecos, s’il n'y a pas besoin d'examen clinique, c'est spécifié", rassure Nans Florens.
Ultime étape : le diagnostic. Là encore, l’échange avec le patient devra respecter certaines règles. "C'est là où il faut donner les termes spécifiques en étant le plus précis possible." Mais après cela, il faudra rapidement rentrer dans une phase de vulgarisation afin de s’assurer que le patient a bien compris le diagnostic.
Technique et comportement
Toutefois, certaines stations ne contiennent aucun patient simulé. "Quand il n'y a pas de patients, on va les attendre soit sur des choses techniques, soit sur un comportement", précise Nans Florens. Ainsi sur une suture, les regards seront portés sur “la technique” et "la qualité de la suture", mais aussi sur "la préparation" du geste en respectant par exemple les règles d'hygiène.
Et si malgré tout, ça se passe mal ? Pas de panique ! "Parfois, on n'arrive pas à voir la problématique, on n'arrive pas à comprendre ce qui ne va pas. Et donc il faut se recentrer, repartir à la base", conseille Nans Florens. Repartir sur l’interrogatoire en posant ou en reposant les questions de base pourrait débloquer la situation. Et "même si on ne finit pas par avoir le diagnostic parce qu'on était trop stressé, en reprenant la base, souvent, on va quand même gratter des points parce qu'on aura repris des éléments simples : les constantes, les antécédents, les traitements…"
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