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Accusations de triche lors des Ecos : une lettre anonyme met le feu aux poudres

Une lettre anonyme faisant état de graves soupçons d'irrégularités et de triche lors des Ecos, qui se sont déroulés début juin, a été diffusée ces derniers jours sur les réseaux sociaux. S'ils ont suscité de vives réactions, ces faits n'ont pour l'heure pas été confirmés. 

14/09/2026 Par Chloé Subileau
Alerte / Urgent Ecos
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Les Ecos 2026 ont-ils été le théâtre de nombreuses tricheries ? C'est ce qu'affirme une lettre anonyme, relayée ce week-end en ligne. Aucune date ou auteur n'est précisé dans ce document de 18 pages, qui dénonce de graves faits d'irrégularités et de triches lors des derniers Examens cliniques objectifs et structurés les 2 et 3 juin. Mais il aura suffi à embraser les réseaux sociaux, où les réactions de carabins pleuvent. Certains appellent à se mobiliser, voire à entrer en grève.  

Le rédacteur de ce courrier, consulté par Egora, indique être un ou une étudiante en médecine ayant passé les Ecos en juin. Il affirme avoir obtenu un très bon classement à l'issue de ces épreuves et des EDN, organisées en octobre 2025. "Je peux vous assurer que pour rien au monde je ne le changerais car grâce à lui je pourrai exercer la spécialité que je veux dans la ville que je veux", écrit l'expéditeur de cette lettre, qui aurait été envoyée il y a plusieurs mois déjà à différentes UFR et associations étudiantes.  

Alors que des carabins perdent – chaque année – des centaines ou milliers de places au classement de l'internat à l'issue de ces épreuves orales, celui qui se présente comme un étudiant veut alerter : "J'aimerais que cette année soit la dernière […] où l'on se fout ouvertement de notre gueule, nous qui donnons tout pour nos études."  

Pour rappel, les Ecos ont été mis en place en 2024 dans le cadre de la réforme du deuxième cycle des études de médecine. Ces épreuves orales, durant lesquelles les étudiants en sixième année sont évalués sur dix mises en situation différentes – appelées stations -, comptent pour 30% dans la note finale classant l'étudiant pour son internat (60% pour les EDN et 10% pour les points de parcours). Aucune grille de notation ou correction officielle ne sont diffusées à l'issue de ces examens. Cette année, plus de 10 000 apprentis médecins les ont passés.  

L'auteur de cette lettre avance notamment des témoignages de "triche" "locale", relayés sur les réseaux sociaux. Il cite ainsi des "surveillants qui donnent des indices sur comment présenter un cas, ne pas oublier de dire telle ou telle information (notamment en génétique sur le mode de transmission) ou comment décrire une imagerie", "des mots cachés dans les toilettes le jour de l'examen, cachés par un examinateur et recueillis par l'étudiant avant qu'il passe…" "Vous voyez l'idée", glisse-t-il. 

Des sujets diffusés en ligne ?  

Autres soupçons avancés dans ce document : des patients ou professionnels de santé standardisés donnant des informations erronées, des "comportements d'examinateurs particulièrement inadaptés" ou qui "soupirent", "posent des questions pour orienter les étudiants"…  

Surtout, l'auteur de cette lettre affirme qu'un "groupe Telegram* éphémère, plus ou moins secret", comportant à la fois des étudiants, des professeurs ou des patients standardisés, existerait depuis plusieurs années. Des sujets ou indices y seraient diffusés, assure-t-il : "Cela peut-être autant gratuit que moyennant un paiement pour chaque sujet ou information susceptible de faire pencher la balance." "Cette année (je ne sais pas pour les années précédentes) les sujets et grilles de correction [y] ont été diffusés gratuitement, [que] je me permets de mettre en [pièces jointes] de ce texte pour illustrer mes propos", peut-on lire dans cette lettre, à laquelle sont jointes plusieurs pages comportant des intitulés de stations et grilles de notation – qui ne sont normalement pas censés être diffusés.  

Le rédacteur de la lettre assure, en effet, avoir eu accès à ces documents en amont des épreuves. "J'ai honte de le dire car ma carrière se basera sur un mensonge mais je fais partie de ces étudiants", écrit-il, indiquant avoir gagné des milliers de places au classement suite aux Ecos.   

Si ces accusations sont graves, elles n'ont pour l'heure pas été confirmées. "On a aucun moyen de vérifier si c'est vrai", reconnaît, auprès d'Egora, Thibault Patey, à la tête de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), qui a reçu cette lettre le 3 septembre. A l'issue des Ecos, l'organisation étudiante avait eu vent de possibles "ruptures d'équité". "Les étudiants ont [notamment] remarqué des différences de comportements [des examinateurs] en fonction de la journée, avec la fatigue et tout cela…", détaille son président, pointant des "facteurs humains" qui ne "permettent pas de garantir un caractère équitable" des Ecos.  

Mais avait-il eu connaissance de soupçons de tricherie ? "Je n'ai pas eu de retour de suspicions de triche concrète, volontaire et délibérée. Mais on prend ça très au sérieux, et on demande des éléments concrets de réponse face à ces accusations", répond Thibault Patey.  

Pour "tirer le vrai du faux", l'Anemf a ainsi contacté les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur, la Conférence des doyennes et doyens de médecine (CDD) et le Conseil scientifique de médecine. Elle a par ailleurs demandé l'ouverture d'une enquête administrative. "On veut des éléments concrets, une analyse de la situation aussi [afin de] mieux comprendre ce qu'il se passe", insiste Thibault Patey, qui appelle ainsi à rendre les Ecos seulement validants et non plus classants, "car on ne peut pas garantir des Ecos égalitaires pour tout le monde".    

Deux recours déposés et rejetés 

"Ce qui est certain, c'est que rien, dans ce courrier et ses pièces jointes, ne permet d'affirmer une fraude lors des Ecos 2026", indique, de son côté, la Pre Isabelle Laffont, présidente de la CDD. "Des vérifications sont en cours par les deux ministères et le CNG", précise à Egora la cheffe de file des doyens.   

Le Centre national de gestion (CNG), en charge de l'organisation de ces épreuves, a réagi ce lundi dans un communiqué, assurant que "la transmission sécurisée des sujets et grilles de correction aux UFR s'est faite dans le strict respect du cahier des charges défini et sans incidents reportés". Face aux accusations de la lettre, le CNG a réalisé "une étude détaillée des résultats et classements des étudiants suite aux Ecos, pour vérifier si des progressions anormales de ces classements pouvaient être identifiées", écrit l'instance, qui a analysé les trois campagnes 2024, 2025 et 2026. 

Il en résulte que, sur les trois années analysées, "le pourcentage de candidats avec une progression de plus de 2 000 places après la session d’Ecos est inférieur à 2 % quelle que soit l’année et quel que soit le groupe de spécialités. Les allégations selon lesquelles 'des centaines d’étudiants' auraient 'gagné 4 000, 5 000, 6 000 places', sont démenties. En effet, chaque année moins de 20 candidats ont gagné au moins 3 000 places, moins de 5 candidats ont gagné au moins 4 000 positions et moins de 2 candidats ont gagné au moins 5 000 positions" entre les EDN et les Ecos. Ces résultats ne montrent donc, selon le CNG, "aucunement des écarts significatifs permettant de mettre en évidence une fraude caractérisée". 

Selon les informations d'Egora, un groupe d'une dizaine d'étudiants, qui s'estimaient lésés après la publication des résultats des Ecos mi-juin, ont déposé un recours durant l'été auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise pour demander la suspension de la décision du jury. Ils ont engagé cette procédure après que l'un d'entre eux ait analysé des commentaires de carabins sur Facebook et après avoir pris connaissance de la lettre – qui n'avait pas encore été rendue publique. Saisi en référé-suspension, le juge a toutefois rejeté leur demande fin août, estimant que la condition d'urgence n'était pas remplie. Ils ont déposé un second recours dans la foulée qui aurait également été rejeté ; l'ordonnance du juge n'a pas encore été rendue publique. 

"Au final, le doute [sur d'éventuelles ruptures d'équité ou tricheries, NDLR] n'a même pas été examiné", déplorent ces étudiants.  

La publication de la lettre a également amené des apprentis médecins, ex-carabins, professionnels de santé et parents a lancer une pétition pour demander plus de "transparence" autour des faits qui sont rapportés dans ce document. Elle a recueilli plus de 1 600 signatures à l'heure où nous écrivons ces lignes.  

*Telegram est une application de messagerie instantanée sécurisée.  

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
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CHAMBON dominique
6,3 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 mois
Sans faire de parano, c’est tout à fait le style des promoteurs de la guerre hybride que les russes nous mènent depuis des années. À partir d’une boucle Telegram (réseau fondé par des russes et largement utilisé et manipulé en Russie. Voir Wikipedia) vous lâchez un scud de 18 pages tout à fait crédible (anonyme bien sûr) et vous n’avez plus qu’à attendre l’effet recherché et produit: la dé-sor-ga-ni-sa-tion. (On se souvient des cercueils sur les Champs Elysées, des mains rouges sur le memorial de la Shoah, etc…) Voilà. Ça coûte rien du tout et maxi-effet garanti.
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Antoine El Vulpis
77 points
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Il y a toujours eu de la triche, je me souviens à l'époque que Paris Descartes (pour ne citer qu'elle) favorisait ses étudiants quelques semaines avant le concours ECN où les professeurs donnaient les réponses des sujets qu'ils avaient mis dans la banque de données des sujets susceptibles de tomber. Rien de nouveau donc ...
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LAURENT SEGUIN
1,7 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Étonnante cette prétention à une équité de traitement alors que l’on fait intervenir un facteur humain… les gens qui soutiennent cette idée d’épreuves de concours à l’oral sont-ils réellement médecins, ou justes Docteurs ou Professeurs? Plus ça va, plus mes si tant cons génères (dirait ce cher Frédéric Dard) me stupéfient…
 
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