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La panne d'Amelipro exaspère les soignants : "Notre métier, c'est de soigner, pas de dépendre d'un site"
Le portail Amelipro, qui accueille l'ensemble des téléservices accessibles aux professionnels de santé, était toujours inaccessible ce lundi 26 octobre.
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"En cours de maintenance" : c'est le message qui s'affiche encore ce lundi lorsque les médecins se connectent sur leur espace Amelipro. Le portail, qui accueille l'ensemble des téléservices accessibles aux professionnels de santé, est fermé depuis mercredi 21 octobre en raison d'une "vulnérabilité détectée sur l'un de ses composants techniques". En cause : le langage de programmation PHP, massivement utilisé dans le monde, et qui a fait l'objet de correctifs en urgence, mercredi 21 octobre, après la découverte de deux failles importantes.
L'Assurance maladie ne précise toujours pas de date de réouverture. Mais elle assure sur son site que "toutes les équipes sont mobilisées pour permettre la réouverture du portail en toute sécurité le plus rapidement possible". "Les mesures correctives sont lancées sur chacun des services concernés", ajoute-t-elle.
En attendant, les professionnels disposant de certains téléservices en version intégrée à leur logiciel, par exemple pour l'arrêt de travail, la déclaration de médecin traitant ou la consultation des ALD, peuvent continuer à les utiliser, "sauf si leur éditeur les a informés d'une difficulté liée également aux composants en langage PHP".
A défaut, les soignants sont contraints de réadopter le papier. Sur les réseaux sociaux, certains n'ont pas manqué d'exprimer leur exaspération. "L'Assurance maladie nous conseille le papier. Sauf que le bilan de soins infirmiers (BSI) est exclusivement dématérialisé et doit être réalisé sous une semaine. On fait comment, l'Assurance maladie ? Vos outils sont à l'arrêt, nos obligations aussi ?", questionne la présidente du Collectif des infirmiers libéraux en colère, Gaëlle Cannat, sur X.
"Impeccable timing ! On fait comment pour les télétransmissions ? Retour au fax et aux pigeons voyageurs ?", ironise un soignant, sur le même réseau social. Sur LinkedIn, le pharmacien Sébastien Roubinet déplore cette panne, révélatrice d'un "métier devenu administratif". Ce dernier pointe une complication concrète : pour le PPC, traitement du syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil, "la demande d'accord préalable passe par Amelipro. Sans validation, le prestataire et le pharmacien sont dans le flou, et le patient apnéique attend".
"Fermer un système vulnérable est responsable. Le problème, c'est qu'il suffit d'un portail fermé pour que des milliers de soignants ne puissent plus travailler normalement, déplore-t-il. Notre métier, c'est de soigner. Pas de dépendre d'un site pour avoir le droit de le faire."
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