@Aleksandr Rybalko/stock.adobe.com
"On ne protège pas les patients en éloignant d'eux les praticiens" : les médecins esthétiques s'inquiètent du plafonnement de leur activité
Un projet de décret prévoit de plafonner à "30 % du temps travaillé" l'activité esthétique de tout médecin. Pour plusieurs organisations représentant les médecins esthétiques, ce texte "ne règle aucun des problèmes qu'il prétend traiter" et va favoriser le développement des injecteurs illégaux.
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Alors que le Gouvernement s'apprête à publier un décret régulant la médecine esthétique, l'Union de la médecine esthétique (UME-SML) et l'Association des structures dédiées à la médecine esthétique (ASME) montent au créneau et appellent à supprimer le texte.
Le décret, qui devrait être publié dans les prochains jours, vise à plafonner à "30 % du temps travaillé" l'activité esthétique de tout médecin, le reste devant être consacré à l'exercice de la spécialité pour laquelle il est qualifié. Les médecins qui pratiquent la médecine esthétique à 100 % depuis plus de cinq ans disposeront d'un délai de trois ans pour ramener cette activité à 50 % de leur temps. Le texte stipule également que les médecins désireux de se lancer dans une activité de médecine esthétique devront auparavant avoir exercé cinq ans dans leur spécialité d'origine.
"Depuis plusieurs mois, les médecins qui pratiquent les actes de médecine esthétique sont dans le collimateur de l'exécutif : ils seraient LA CAUSE des difficultés d'accès aux soins", s'agace l'UME, une branche du SML, dans un communiqué de presse ironisant sur l'échec du numerus clausus ou le manque d'attractivité des tarifs.
Selon une estimation du syndicat, "il n'y a pas plus de 500 médecins généralistes en exercice exclusif" de médecine esthétique. "La destruction massive de leur exercice, qui les conduira à la faillite, ne changera rien à l'accès aux médecins généralistes. Qui plus est, ces médecins ne sont pas déjà installés - pour la plupart - dans les territoires sous-dotés, cela ne changera pas non plus l'accès géographique aux soins", pointe le communiqué.
"On ne protège pas les patients en éloignant d'eux les médecins"
Ce décret "ne tarira pas la demande d'actes esthétiques de millions de Français, mais risque bien de favoriser l'exercice illégal des "fake injectors" dont les complications sont, elles, prises en charge par la Sécurité sociale", s'indigne l'UME.
Une préoccupation partagée par l'ASME qui estime que "ce texte ne règle aucun des problèmes qu'il prétend traiter. Il ne rendra pas un médecin aux déserts médicaux. Il n'arrêtera pas un seul injecteur illégal. Il découragera les médecins qui voulaient se former, et exposera davantage de jeunes patients à des gestes pratiqués sans médecin, sans asepsie et sans prise en charge des complications. On ne protège pas les patients en éloignant d'eux les médecins."
Les représentants de la médecine esthétique appellent au retrait des quotas d'activité de 30 % pour les médecins déjà installés et à la reconnaissance des compétences acquises par les "médecins formés, expérimentés et assurés". L'ASME demande que soit appliqué à la médecine esthétique "le droit d'exercice complémentaire créé en juillet 2026, avec une validation des acquis pour les médecins expérimentés, sur le modèle belge".
L'UME exige "une lutte coordonnée, dotée de moyens concrets, contre les faux médecins et leur promotion sur les réseaux sociaux" en renforçant notamment les contrôles et les poursuites. Elle demande par ailleurs l'ouverture immédiate des conditions de prescription et de délivrance de la toxine botulique aux médecins généralistes et aux autres spécialistes formés aux actes de médecine esthétique et assurés.
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