Ménopause

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Ménopause : l’occasion de faire le point sur les facteurs de risque

Si la ménopause entraîne des symptômes affectant la qualité de vie, et accroît aussi les risques de maladie cardiovasculaire et d’ostéoporose, elle fait insuffisamment l’objet d’un recours au médecin, et encore moins d’un traitement. Les femmes doivent pourtant se voir proposer une prise en charge globale.

23/10/2026 Par Muriel Pulicani
Gynécologie-Obstétrique
Ménopause

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"Les femmes passent 1/3 de leur vie en ménopause", celle-ci commençant en moyenne à l’âge de 51 ans, a souligné la Pre Florence Trémollières, PU-PH en gynécologie et responsable du centre de ménopause et prévention de l’ostéoporose à l’hôpital Paule de Viguier au CHU de Toulouse, le 7 octobre, lors du 42e congrès de la Société française d’endocrinologie (SFE). Cette période de transition, qui concerne 500 000 nouvelles personnes chaque année, s’accompagne de nombreux symptômes : cognitifs ("brouillard cérébral", troubles de la concentration, pertes de mémoire), psychologiques (dépression) ou encore musculo-squelettiques (arthralgies, myalgies). "Les motifs de consultation les plus importants sont les bouffées vasomotrices et le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) qui apparaissent vers 50 ans, les troubles du sommeil, les troubles de l’humeur", a rapporté la gynécologue.

Les bouffées vasomotrices, qui durent en moyenne 3,4 ans, ont des répercussions importantes sur la santé et la qualité de vie : maux de tête, asthénie, stress… Leur fréquence et leur durée sont un marqueur du risque cardiovasculaire, qui s’accroît vers la soixantaine. Ce risque doit être évalué en prenant en compte les facteurs habituels : tabagisme, hypertension artérielle, dyslipidémie, antécédents familiaux, obésité abdominale, diabète, antécédents vasculaires de la grossesse et diabète gestationnel, migraines notamment avec aura, insuffisance ovarienne prématurée, syndrome métabolique…

La carence en œstrogènes accélère aussi la perte de masse osseuse. Les fractures dues à l’ostéoporose sont principalement observées au niveau du poignet, de la cheville, des côtes ou des vertèbres. "Les facteurs de risque à rechercher sont essentiellement l’âge (après 60 ans) et les antécédents personnels de fracture, ainsi que les antécédents familiaux, un IMC < 19 kg/m2, une ménopause précoce, une cause secondaire d’ostéoporose, une corticothérapie systémique, la consommation de tabac et d’alcool", a exposé la Pre Trémollières.

Dédiaboliser le traitement hormonal

Malgré leur fréquence et leurs multiples répercussions, les manifestations de la ménopause font rarement l’objet d’un recours au médecin. "87 % des femmes non traitées déclarent au moins un symptôme lié à la ménopause et 20 % en évaluent l’impact entre 8 et 10 sur 10, selon l’enquête Elisa menée en 2020 sur 5 004 femmes entre 50 et 65 ans. 44 % des participantes n’ont jamais évoqué leurs symptômes avec un professionnel de santé et 89 % ne prennent aucun traitement", a déploré la gynécologue.

Les traitements hormonaux de la ménopause (THM) sont bien moins prescrits depuis la publication en 2002 de l’essai américain WHI (Women’s Health Initiative) conduit sur 16 600 femmes sous œstrogènes équins conjugués (CEE) et acétate de médroxyprogestérone ou sous placebo, ayant montré une forte incidence des événements cardiovasculaires et des cancers du sein. "Si l’étude avait été faite sur des femmes en début de ménopause, sous traitement cutané avec progestérone, il n’y aurait eu aucun problème", a tranché la Pre Trémollières. 

Pour elle, la balance bénéfices/risques du THM est globalement positive : "correction des troubles fonctionnels et du SGUM, prévention de l’ostéoporose, de l’athérosclérose et du diabète de type 2, diminution de la mortalité globale." "L’augmentation du risque de cancer du sein varie selon le type et la durée du THM et est sous-tendue par le risque absolu propre à la patiente", a précisé la gynécologue. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a levé son "black box warning" sur les THM en novembre 2025, quand la Haute Autorité de santé (HAS), dans sa réévaluation datée d’octobre 2025, reste prudente.

Promouvoir une bonne hygiène de vie

Selon le profil et la préférence de la patiente, un traitement non-hormonal pourra être privilégié, comme le fézolinénant (non remboursé). Des interventions non-médicamenteuses – thérapie cognitivo-comportementale, yoga et hypnose – ont aussi montré une efficacité contre les bouffées vasomotrices.

"Le début de la ménopause est le moment idéal pour un check up de santé, avec dépistage des facteurs de risque osseux, cardiovasculaires et gynécologiques. L’accent doit être mis sur la prévention : nutrition, éviction des toxiques et surtout du tabac, et activité physique régulière combinant activités à impact et renforcement musculaire", a recommandé la Pre Trémollières.

Références :

Conférence de presse de la Société française d’endocrinologie (SFE) à l’occasion de son 42ème congrès (Bordeaux, 7- 9 octobre)

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

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