"Yes I can !" : une campagne pour remettre les patients au cœur du repérage des cancers cutanés

Face à une démographie dermatologique en tension, la Société française de dermatologie lance "Yes I Can!", un outil pédagogique axé sur l’autosurveillance de la peau. L’objectif : éviter les check-up annuels inutiles tout en améliorant le repérage des lésions à risque.

08/01/2026 Par Michèle Reboul
Journées dermatologiques de Paris 2025 Dermatologie Cancérologie

Un grand nombre de consultations dermatologiques sont aujourd’hui mobilisées pour des examens cutanés systématiques sans réelle indication. Or, aucune étude n’a jamais démontré l’efficacité d’un dépistage systématique des cancers de la peau en population générale. Pour répondre à la diminution du nombre de spécialistes, la Société française de dermatologie (SFD) a lancé cette année la campagne "Yes I can!", destinée aux patients venus chercher un avis dermatologique. "Elle rappelle qu’une consultation annuelle n’est pas nécessaire, sauf en cas de pathologie ou de facteurs de risque. Elle sensibilise également à l’importance de l’autosurveillance de la peau", souligne la Pre Gaëlle Quéreux, chef de service dermatologie au CHU de Nantes, past-présidente de la SFD.

Des messages simples dédiés au grand public

La campagne donne, en effet, quelques clés simples pour que chacun puisse identifier les lésions suspectes de malignité. Elle conseille d’examiner sa peau régulièrement ; idéalement deux fois par an, par exemple lors du changement d’heure ou de saison. Un miroir permet de visualiser l’ensemble du dos. Le premier signe d’alerte reste l’apparition d’un "vilain petit canard", c’est-à-dire d’une lésion différente des autres chez une même personne. "Il faut également consulter si l’on repère une tache, un bouton, un grain de beauté changeant (C) de taille, de forme ou de couleur, anormal (A), nouveau (N) et qui persiste trois semaines ou plus", affirme la Pre Quéreux. Ces conseils d’autosurveillance permettent de repérer un mélanome mais aussi un carcinome basocellulaire ou épidermoïde. Ils diffèrent donc des fameuses règles ABCDE, centrées sur le mélanome.

Le généraliste en première ligne

En cas de doute, le premier recours peut être le médecin généraliste. La campagne "Yes I can!" rappelle que ce professionnel de santé de premier recours sait identifier les lésions à risque qui justifient une prise de rendez-vous en dermatologie. "La téléexpertise leur permet par ailleurs de solliciter rapidement un spécialiste. Beaucoup de généralistes travaillent également en réseau, ce qui facilite un accès accéléré à une consultation dermatologique lorsque la situation le nécessite", précise la Pre Quéreux. Au sein de la SFD, un partenariat avec le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) a été créé pour favoriser les échanges entre ces spécialistes. Et chaque année, lors des Journées dermatologiques de Paris, une journée de formation est dédiée aux généralistes, avec un point sur le dépistage des cancers cutanés.

Concernant la campagne "Yes I can!", elle a d’abord été présentée aux dermatologues. "Ils ont reçu des affiches et des brochures grand public dans leur cabinet. Cette initiative sera étendue au grand public en 2026 via une campagne d’affichage dans le métro et sur les espaces publicitaires des abribus. Enfin, une communication a été lancée auprès des généralistes via des newsletters ciblées et le CNGE", conclut la Pre Quéreux.

 

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Références :

D’après la conférence de presse de la Société française de dermatologie (19 novembre) en amont des Journées dermatologiques de Paris (2-6 décembre 2025), et un entretien avec la Pre Gaëlle Quéreux (CHU de Nantes).

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