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@Louise Claereboudt

Les 4 priorités de Stéphanie Rist pour les mois à venir

La ministre de la Santé a présenté sa feuille de route pour les mois à venir devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, mardi 28 avril. Au menu : quatre priorités avec des "échéances tenables" et des "effets mesurables", a défendu Stéphanie Rist.

04/05/2026 Par Louise Claereboudt
Politique de santé
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@Louise Claereboudt

C'est dans un contexte de "fragilité financière" et de "fragilité politique" que la ministre de la Santé a présenté, ce mardi 28 avril, sa feuille de route pour les mois à venir devant les députés de la commission des Affaires sociales. "Je fais le choix de quatre priorités claires avec des échéances tenables, des effets mesurables", a déclaré Stéphanie Rist, en préambule de son propos.

Il conviendra, d'abord, de "débloquer, finaliser et de rendre effectif ce qui ne l'est pas encore", à l'instar de la réforme infirmière dont le décret socle est paru et les arrêtés "seront publiés d'ici quelques semaines", mais aussi de "préparer l'avenir" via des "chantiers structurants", a poursuivi la ministre, avant de détailler ses quatre grandes priorités.

Première d'entre elles : l'accès aux soins. Alors que "six millions de Français" sont sans médecin traitant, la ministre a mis l'accent sur le réseau France santé. Elle entend continuer d'"augmenter le temps soignant disponible par la coopération entre professions de santé", d'"accélérer le déploiement de la télémédecine" et de "créer de nouveaux lieux de soins là où il en manque cruellement".

Autre volet phare de l'accès aux soins, la formation des professionnels de santé. "Après la suppression du numerus clausus, il nous faut continuer à former davantage", a déclaré Stéphanie Rist. Et de souligner que 3700 docteurs juniors de médecine générale seront "déployés", dès l'automne, "prioritairement dans les territoires qui en ont le plus besoin". "Cela représente 15 millions de consultations supplémentaires chaque année et plus d'accompagnement à l'installation dans nos territoires", a-t-elle soutenu.

Dans cette logique, la ministre a évoqué la généralisation du guichet unique, annoncée il y a deux semaines, d'ici fin 2026. "Nous allons aussi simplifier et harmoniser l'accès aux études de santé à la rentrée universitaire 2027", a-t-elle ajouté.

Dans un post diffusé sur ses réseaux sociaux, la ministre a également listé, dans cet axe relatif à l'accès aux soins, le soutien renforcé aux pharmacies rurales, l'amélioration de la prévention des arrêts maladie ou encore la transformation des métiers (formation des sages-femmes, 3e cycle des études de pharmacie…).

Prévention des cancers et des conduites addictives

Deuxième grande priorité de l'avenue de Ségur : la prévention. "Nous avons aujourd'hui des plans nombreux, parfois éparpillés, souvent inégaux en termes de suivi, avec des actions thématiques, mais pour lesquels il nous faut retrouver une cohérence d'ensemble", a souhaité la ministre. "J'ai donc demandé à mes services de travailler sur une approche intégrée de notre politique de prévention personnalisée, centrée sur le dernier kilomètre et avec un pilotage par la donnée."

Sur les actions concrètes, Stéphanie Rist a parlé du lancement de deux nouvelles expérimentations visant à améliorer la prévention et le dépistage des cancers. Le Gouvernement s'est par ailleurs fixé l'objectif d'un dépistage généralisé du cancer du poumon en 2030. Sur les conduites addictives, des annonces seront faites "prochainement". "Je veux que nous nous concentrions sur la réduction du délai entre les premiers signaux d'alerte et la prise en charge."

La ministre s'est également exprimée sur la santé mentale. "J'organiserai le 2 juin une réunion interministérielle pour faire précisément le bilan de la Grande cause nationale 2025 et présenter les perspectives de cette année, avec un focus sur la santé mentale des jeunes", a-t-elle dit face à la commission des Affaires sociales. Une délégation interministérielle dédiée à la santé mentale sera par ailleurs créée.

Alors que la France fait face à une baisse de la natalité, à un vieillissement de la population et à une fragilisation du financement de son modèle social, la ministre a dit vouloir également "protéger les vulnérabilités et anticiper le virage démographique". Comment ? Via, notamment, un soutien aux familles (à travers le congé supplémentaire de naissance).

"Tourner la page des déficits" à l'hôpital

Enfin, quatrième et dernière priorité, le financement. La ministre a insisté sur l'importance d'avoir "un Etat efficace au service d'un pays souverain, autonome, résilient et innovant". Une réforme sur le plan budgétaire doit être enclenchée, pour que "chaque euro investi [produise] un impact concret pour les patients". "Cela suppose de piloter différemment nos finances sociales", a jugé Stéphanie Rist, favorable à une "clarification de notre Ondam avec la création de sous-objectifs".

"Cela suppose également de renforcer l'efficience de notre système", a poursuivi la ministre. Notamment à l'hôpital, avec le lancement prochain d'une "démarche visant à permettre [de] diminuer voire tourner la page des déficits". "Elle s'appuiera sur le renforcement d'une organisation territoriale fondée sur plus de mutualisations, notamment au travers des groupements hospitaliers de territoires", a précisé Stéphanie Rist.

Sur le volet souveraineté, la ministre a évoqué la question des médicaments et des produits de santé, "qui sont devenus des enjeux stratégiques". Il conviendra, pour la France, de garantir son indépendance en la matière. L'innovation doit également être favorisée. La ministre a annoncé la création de la Direction générale de la recherche, du numérique et de l'innovation en santé (Drines) pour passer à la vitesse supérieure dans ce domaine, et "mettre en place des parcours de soins plus efficients" et des "prises en charge plus précoces". 

Enfin, la ministre a brièvement abordé la question du numérique. Une entreprise française, Scaleway, a été choisie par le Gouvernement pour l'hébergement de son grand entrepôt français de données de santé pour la recherche (Health Data Hub). Lancé en 2019, cet entrepôt était jusqu'alors hébergé par Microsoft.

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