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11 conseils pour réussir sa thèse de médecine générale 

Dans son ouvrage Rédiger et réussir sa thèse de médecine, le Dr Michaël Rochoy distille de précieux conseils pour aider les étudiants s'élançant dans cette aventure qui peut s'avérer parfois complexe. La rédaction a sélectionné pour vous les onze meilleurs tips disséminés au sein de cet ouvrage, que ce soit pour les carabins ou pour ceux qui dirigent leurs thèses.  

01/05/2026 Par Alexis Vignais
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Évidemment, il convient de rappeler que cet article n’a pas vocation à être exhaustif. Bien d’autres aspects, notamment sur la gestion de la table des matières, de la bibliographie ou encore de la soutenance sont abordés dans l'ouvrage de Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et ancien chef de clinique des universités à Lille. Toutefois, nous avons identifié onze conseils qui pourraient grandement vous aider.  

1.Régler les outils pratiques dès le départ 

Il convient, d’abord, de régler l’essentiel. Des points qu’il est possible de rayer de votre liste, en "maximum 1 heure", mais qui vous permettront de gagner beaucoup plus par la suite. En commençant par le choix de l’éditeur de texte. Deux options ici : en local (Word, OpenOffice…) ou en ligne (Google Docs…). La deuxième version a l'avantage de continuer à avancer pendant la relecture de votre directeur/directrice de thèse et "d’éviter la perte". 

L’avis de votre directeur de thèse est également à prendre, tout comme celui de votre fournisseur Internet (si votre connexion est capricieuse, privilégiez la solution locale). Un unique éditeur de texte et un seul navigateur de recherche. Cela vous permettra d’établir une liste des favoris intégrant vos sites les plus utiles.

En parlant de sauvegardes, et cela peu importe l’éditeur de texte sélectionné, il faudra bien vérifier à ce que celles-ci, si vous avez opté pour l'automatisation, soient effectuées. Conserver une version en ligne et hors ligne est également une bonne option. 

Un sujet connexe, mais qui sera tout aussi déterminant, est la mise en page. Plongez-vous dans les méandres du volet de navigation, de la table des matières ou bien l’utilisation des styles. Cela vous sera bien utile afin de proposer un fichier présentable à la fin de votre travail. En ce sens, demandez à votre directeur de thèse ou votre faculté un modèle type pour vous faciliter la tâche.

2. Tendre l’oreille pour trouver son directeur de thèse (et son sujet) 

Validation du sujet, relecture, correction… Le directeur de thèse a bien des tâches. Il faut donc bien le choisir. Ici le "bouche à oreille" est le meilleur conseil. Vous pouvez également regarder sur la liste des médecins acceptant de diriger des thèses ou consulter la liste des thèses soutenues dans votre faculté pour identifier les directeurs de thèses proches de votre sujet. 

Parfois votre directeur vous amène un sujet, parfois…non. Dans ce cas, il faut se poser des questions basiques, en commençant par "qu’est-ce qui m’intéresse dans la vie", rappelle Michaël Rochoy, qui a dirigé plus de 75 thèses, et d'y intégrer de la médecine. L’occasion même d'y prendre du plaisir. Il faudra ensuite creuser le thème sur les sites adaptés (LiSSa, PubMed…). 

Si cette technique ne fonctionne pas, il est aussi possible de scruter l’actualité, de lister les dernières études publiées ou encore de glisser une oreille (oui; encore) dans les congrès. Ayez toujours un stylo et un carnet sur vous (parole de journaliste), que vous alimenterez à chaque fois qu’une interrogation ou une piste pointe le bout de son nez. 

3. Soigner vos mots clés pour préciser votre recherche 

Affiner ses recherches passe par une bataille : celle des mots-clés. Tentez une recherche sur Google avec un mot-clé basique de votre thématique de recherche. N’hésitez pas à la traduire, en anglais notamment. Puis multipliez les recherches, sans rien lire au départ, sur tous les sites possibles et inimaginables (ex : LiSSa, PubMed, Persée, Cairn…). Identifiez les nouveaux mots-clés, puis…recommencez. Ce papillonnage sera utile, mais attention à ne pas trop le faire durer. Puis il faudra lire. Ici, l’auteur vous encourage à privilégier les méta-analyses, les grosses revues, les revues de la discipline puis les rapports et les thèses. 

Une ou plusieurs questions devraient commencer à vous brûler les lèvres. N’hésitez pas à vous renseigner sur les modèles existants (PICO par exemple) pour pouvoir l’énoncer de manière correcte. 

4. Comprenez (vraiment) le fonctionnement des études 

Il en existe deux majeures : quantitatives et qualitatives. Pour la quantitative, l’idée est de recueillir des données chiffrées, de les analyser et de les présenter. Pour la qualitative, c’est sensiblement le même exercice mais avec des données textuelles. 

Concernant l’étude qualitative, elle peut se formaliser en plusieurs formes (phénoménologique, ethnographique…). Pour le reste, l’idée est de miser sur des profils variés qu’il sera possible d’interroger grâce à diverses méthodes, de l’observation aux entretiens, que ces derniers soient individuels ou collectifs. Il faudra ensuite définir un échantillon, en choisissant un ou plusieurs paramètres ciblés. Quand vous estimez ne plus recueillir d’informations nouvelles, arrêtez-vous. Enfin, vous devrez transcrire, vérifier, décrire et analyser les données. Beaucoup de conseils seraient nécessaires ici, mais utiliser un logiciel de retranscription audio pour la première étape va vous faire gagner de précieuses heures. 

Pour l’étude quantitative, les formes diffèrent. Brièvement, on relève notamment l’étude épidémiologique descriptive ou bien l’étude épidémiologique analytique. Mais là, l’objectif est de viser à être exhaustif et recueillir le maximum de données en fonction du sujet. Pour les recueillir, vous pourrez miser sur, notamment, des bases de données déjà existantes ou élaborer un questionnaire. Il existe des calculs savants, bien développés par l’auteur, pour définir la quantité de "sujets" à interroger. À nouveau, il vous faudra transcrire, vérifier, décrire et analyser les données.  

5. Rôder son questionnaire avec des personnes…fictives 

Pour bien poser la question, il faut savoir ce que l’on cherche. Pour cela, l’auteur vous conseille de préparer votre tableau de résultat, voire de le tester avec 4 à 5 amis ou proches afin d’anticiper les difficultés.  

Puis concernant le questionnaire, il faudra quelques indispensables. À commencer par un paragraphe "légal" mentionnant le traitement des données. Puis la date de la réponse, l’âge du répondant, son sexe, sa profession… sont autant d’éléments potentiellement intéressants. Concernant votre question, vous pourrez la formaliser de différentes manières, par exemple avec plusieurs propositions ou via des questions ouvertes.  

6. Scruter les méthodes des pros pour trouver son rythme

Une petite partie "développement personnel" comme s’en amuse l’auteur. Sur plusieurs pages, on y trouve pléthore de petites techniques pour trouver son rythme de travail. Mention honorable à la méthode des 20-20-20. Robin Sharma encourage à commencer la journée par 20 minutes de sport, 20 minutes de méditation puis 20 minutes d’apprentissage. Si vous voulez copier la méthode à 100 %, il faudra l’appliquer à… 5h du matin. Si la procrastination est un problème, optez pour la méthode du "5,4,3,2,1", un compte-à-rebours qu’il faudra énoncer à haute voix pour "court-circuiter l’hésitation et la procrastination en agissant immédiatement". 

Toutefois, ces tips doivent être appliqués avec parcimonie, rappelle Michaël Rochoy : "Tout le monde procrastine, à différents niveaux. Personne n’est 100 % productif, à 100 % du temps. Et heureusement, quel enfer sinon !"

Un rythme qui doit aussi être trouvé s’agissant de l’écriture. Deux conseils majeurs : écrire directement (exit le brouillon) et être régulier, ce qui permet d'éviter les fameux blocages. "L’intérêt de la régularité c’est de lutter contre ce cercle vicieux, en revenant régulièrement sur votre travail et éviter que ça devienne un monstre effrayant", détaille l’auteur dans l’ouvrage. Si vous vous retrouvez vraiment bloqué, plusieurs conseils sont distillés dans l’ouvrage, comme de se fixer une "deadline courte" ou bien encore de "parler de votre thèse" autour de vous.  

7. Garder du style dans une écriture scientifique 

"La rédaction scientifique n’est pas de la grande littérature." Facile à dire mais rassurez-vous, l'auteur a listé toute une série d’astuces pour que cela devienne aussi facile à faire. En premier lieu, user de la répétition des mots quand il est trop complexe (ou imprécis) de faire appel à un synonyme. Il faudra aussi faire preuve de précision, en utilisant des dates et des chiffres, et, évidemment, sourcer tout ce qui est affirmé (ou presque). Il faudra aussi trouver la bonne source (la source primaire, donc). 

Toutefois, l’idée n’est pas que votre texte devienne imbuvable. L’auteur vous conseille donc de rédiger un paragraphe pour chaque sujet, de privilégier la voix active ou encore d’éviter les abréviations, afin que votre thèse reste "agréable à lire".  

8. Ne jamais oublier de sourcer 

Zotero. Retenez bien ce nom, car il vous sera plus qu’utile. Il s’agit d’un "logiciel de gestion de références bibliographiques". Même s’il existe d’autres logiciels, l’auteur préfère ce logiciel "libre, open source, existant en français". Après l’avoir téléchargé, il vous faudra créer un compte gratuit puis effectuer vos premiers réglages pour synchroniser automatiquement votre bibliothèque (même si on n'en parle qu'ici, faites le dès le départ). Vous pourrez alors sourcer vos phrases sans difficultés majeures. 

La difficulté pourrait intervenir un peu en amont, au moment de trouver les fameuses sources. Quand celles-ci sont payantes, on peut rapidement se retrouver à devoir financer des abonnements pouvant coûter jusqu’à 50 euros. Pour éviter ces déconvenues, il est possible d’avoir accès aux abonnements des bibliothèques (notamment celui de la BnF). Si vous ne trouvez toujours pas, tentez Google Scholar, ResearchGate ou… demandez directement à l’auteur par mail.  

9. Présenter vos résultats succinctement 

Il est aisé de vouloir tout dire ici, mais c’est vivement déconseillé par l’auteur. En effet, les résultats doivent tenir entre 3 et 5 pages idéalement. Un tableau, idéalement, servira à synthétiser vos résultats. Celui-ci doit résumer toutes les informations que vous cherchiez au départ. Puis vous pourrez utiliser des tableaux et des figures, entremêlées par du texte. L’auteur incite à préparer les résultats avant même le recueil de données, pour s’assurer que les informations seront suffisamment claires. 

Toutefois, concernant les tableaux et les figures, l’auteur encourage à en utiliser le moins possible. Il faut aussi absolument éviter les répétitions entre les trois. D’ailleurs, le texte doit résumer ce que les données montrent tout en apportant des informations complémentaires.  

10. Ne pas négliger la discussion ET votre conclusion 

Pour bien écrire sa conclusion, il faut respecter plusieurs étapes, à commencer par répondre à la question que vous avez posée. Pour cela, rien de tel que d’utiliser les résultats que vous avez recueillis. Une phrase suffit. Mais vous pouvez aussi évoquer les résultats secondaires, notamment pour enrichir votre future discussion, conseille l’auteur. Il vous faudra ensuite comparer vos résultats avec la littérature. Pour cela, le mieux est de comparer localement, nationalement puis internationalement. 

Avant-dernière étape : évoquer vos forces et vos limites. Pour résumer, il faut ici dire pourquoi vos résultats sont solides mais aussi ouvrir le champ aux critiques. Vous pourrez notamment vous intéresser à la taille de l'échantillon, à la durée du suivi ou aux outils utilisés. Enfin, l’auteur conseille de terminer via les perspectives, soit les questions qui restent sans réponse ou encore les aspects pas traités. De quoi donner des idées aux futurs thésards. 

Pour la conclusion, il est ici conseillé de transmettre un message "clair, cohérent avec l’étude". Et attention à ne pas extrapoler les résultats : "N’allez pas sur le terrain de ce que vous souhaiteriez avoir prouvé !" 

11. Comprendre ce qu'implique d'être directeur de thèse 

Diriger une thèse, ce n'est pas simple. Mais Michaël Rochoy s'est appliqué à distiller quelques petits conseils pratiques pour bien encadrer les étudiants. Pour être performant dans ce rôle, il faudra déjà comprendre que vous êtes un acteur jouant plusieurs scènes : celui de motivateur en chef en cas de coup de mou, de chercheur quand le sujet ou la question sont difficiles à trouver ou encore de correcteur quand il faut relire les travaux de ceux que vous encadrez. 

Sur le volet pratique, il sera nécessaire de comprendre parfaitement le fonctionnement du "suivi des modifications". Ici vous proposez des modifications et l'interne les accepte ou non. Un fonctionnement très pratique, encouragé par l'auteur. 

S'il est difficile d'estimer combien de temps prend d'encadrer un étudiant, il est sûr que "ce n'est pas un engagement à la légère", souligne l'ouvrage. Il faut donc aussi apprendre à dire "non" quand le temps vous manque mais aussi à dire "oui" même si le sujet ne vous passionne pas.  

 

Bonus : Utiliser l'IA avec parcimonie 

En 2026, impossible de passer outre le sujet. Et l'auteur ne ferme pas la porte à une utilisation intelligente de ces outils. "Gardez un esprit critique sur les propositions qui en résulteront. [...] Dans tous les cas, il est important d’avoir une source et de la consulter, pour s’assurer de ne pas réécrire une erreur…" Le jury saura sans doute aussi détecter le "parler IA" : évitez de lui demander d’écrire des paragraphes entiers, et méfiez-vous des "source=chatgpt.com" qui pourraient traîner dans les références.

Mais alors qu'il en existe des dizaines, laquelle utiliser ? "ChatGPT ou Claude sont déjà des classiques, Mistral est européen et rapide, Perplexity est régulièrement utilisé en médecine", énumère l’auteur. Consensus pourrait ainsi tirer son épingle du jeu car elle recherche au sein des bases de données scientifiques et source correctement. Mais prudence est mère de sûreté !  

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Marie GILARDI

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