"La mort ne peut pas devenir un soin" : 21 organisations soignantes appellent à rejeter le texte sur l'aide à mourir
Ces organisations ont publié un texte au sein duquel elles expriment leur opposition à la mise en place d’une aide à mourir.
Société française du cancer, CSMF, UFML… Ce sont, au total, 21 organisations soignantes qui ont lancé un appel solennel, ce mardi 24 février. Avec un message clair à faire passer : "La mort ne peut pas devenir un soin", en écho avec la proposition de loi sur l'aide à mourir, actuellement étudiée à l’Assemblée nationale, et qui doit faire l'objet d'un vote ce mercredi.
"Nous sommes médecins issus de diverses spécialités, infirmiers, psychologues, professionnels exerçant au domicile ou dans un établissement sanitaire ou médico-social. Nous exerçons dans des contextes différents, mais nous partageons une même responsabilité auprès des personnes en fin de vie et de leurs proches", rappellent les signataires en introduction de ce texte adressé aux rédactions.
"Répondre par la mort, c'est renoncer à cette responsabilité fondamentale du soin"
Pour ces professionnels, "le soin consiste à accompagner une personne, à soigner ses douleurs, à préserver sa dignité [...]". Ils estiment que le fait "[d'] introduire un geste destiné à provoquer délibérément la mort dans le champ médical bouleverse cette définition et modifie en profondeur le sens même de la mission soignante".
Même si ces organisations n’entendent pas minimiser les "demandes de morts" qu'elles entendent pendant leurs missions, elles estiment qu'il s’agit "le plus souvent" d'une "souffrance mal soulagée, [d'] une angoisse face à la dépendance, [d'] un sentiment d'inutilité ou de solitude, parfois [d'] une colère face à des prises en charge insuffisantes".
Ces demandes appelant "une réponse humaine, clinique et relationnelle, pas un geste létal", selon les signataires.
Un texte qui se heurte également à la vision du soin partagée par ces organisations. "L'expérience montre qu'un accompagnement attentif, compétent et réellement accessible permet très fréquemment de faire évoluer ces demandes. Répondre par la mort, c'est renoncer à cette responsabilité fondamentale du soin".
"Refuser cette loi, ce n’est pas nier la souffrance"
Les signataires s'inquiètent également de la situation des personnes vulnérables dont "l'évaluation du consentement en fin de vie est complexe, fragile, évolutive", estimant que les garanties actuelles sont "insuffisantes" et que la "banalisation progressive du geste létal est réelle", ce qui pourrait avoir des "conséquences lourdes pour les personnes âgées, dépendantes, isolées ou atteintes de troubles cognitifs ou psychiques."
Autant d'arguments qui poussent ces organisations à demander le rejet de la proposition de loi. "Refuser cette loi, ce n'est pas nier la souffrance ; c'est refuser d’y répondre par l'abandon du soin. C'est affirmer que la médecine et les professions soignantes ont pour vocation d’accompagner la vie, non de provoquer la mort."
La sélection de la rédaction
Si vous étiez maire, que feriez-vous pour la santé ?
A l'approche des élections municipales, Egora lance une grande consultation auprès de ses lecteurs. Accès aux soins, conditions d'exercice, prévention, étudiants... Sélectionnez une thématique et déposez vos propositions !