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Crédit Philippe Juvin

"Médecin, j'ai fait des euthanasies" : les confidences de Philippe Juvin

Le député LR, chef du service des urgences de l'Hôpital européen George-Pompidou (AP-HP), a réaffirmé son opposition à l'instauration d'une "aide à mourir". Si les euthanasies étaient pratiquées, faute de pouvoir soulager les malades, "il y a 35 ans", il est désormais possible d'apporter d'autres réponses à ces "appels au secours".

18/02/2026 Par Aveline Marques
Fin de vie Témoignage
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Crédit Philippe Juvin

"Des euthanasies, j'en ai fait quand j'étais jeune", a confié le Pr Philippe Juvin à l'antenne de RFI, samedi 14 février. J'en faisais comme tout le monde à l'époque, il y a 35 ans. On en fait plus depuis parce qu'on a les soins palliatifs, parce qu'on a la loi Leonetti."

Considérant que la demande d'euthanasie est "en réalité" "un appel au secours", le médecin est opposé à la création d'une "aide à mourir". Des mots qui sont, pour lui, "une imposture". "Moi, j'aide tous les jours des gens à mourir, a-t-il soutenu. Je les aide à mourir mais sans les tuer, je les aide à mourir en les soulageant de leur douleur, en aidant leur famille dans la détresse, en les aidant eux dans la détresse, bref en leur apportant un support qu'ils n'ont pas."

Si, "quand les patients entrent en unité de soins palliatifs, 3% désirent mourir, disent 'moi je veux que vous me tuiez', au bout d'une semaine ils sont plus que 0.3%, parce que vous avez apporté des réponses contre la douleur, les nausées, mais aussi l'isolement", assure Philippe Juvin. Le problème, a-t-il déploré, c'est qu"'aujourd'hui, un Français sur deux qui est en train de mourir, qui a besoin de soins palliatifs, n'a pas accès aux soins palliatifs".

 

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Michel Rivoal
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 1 mois
Il est bien gentil le docteur J. Je croyais qu'il était chef de service des urgences à l'HEGP et député LR. Je crois aussi qu'il a exercé des fonctions politiques partout où c'est possible de le faire. Je sais aussi qu'il est courageux et s'est retrouvé sur des points chauds en Afghanistan et plus récemment en Ukraine. Mais je crois savoir de même qu'il n'a pas toujours été bien inspiré ou bien soutenu autant dans ses choix politiques que professionnels médicaux. Monsieur P.J. aime bien polémiquer, controverser, chamailler. Bref c'est un hyperactif avec des qualités et des défauts. Je ne savais pas qu'il excellait dans les soins palliatifs et surtout qu'il en avait le temps: c'est prenant les soins palliatifs! Le "j'en ai fait des euthanasies quand j'étais jeune", "comme tout le monde", là il s'avance un peu loin dans la confidence mais j'ai l'impression qu'il la prend un peu à la légère, une petite erreur de jeunesse dont forcément, il a passé l'âge. Et il manie avec aisance les statistiques tant % de désir de mourir qui se réduit à 0,3% quand on prend bien en charge en soins pal. Mais il ne fait pas bien la jonction avec le déficit en soins pal et non pas l'euthanasie mais le désir résiduel de mourir de certains qui souhaitent être maîtres de leur corps et de leur destin. Ouais, ma critique est longue! Je n'ai ni le palmarès, ni les décorations ni la carrière de notre "honorable confrère" et je le confesse je ne suis pas de son bord politique, que d'ailleurs je situe mal... Si ce n'est plutôt à droite. Perso, je ne suis pas dans la polémique. Je suis pour qu'on développe les soins palliatifs partout sur le territoire et qu'on les rendent accessibles à tous, c'est non pas un préalable mais tout simplement une nécessité. Et il reste des personnes (pas des pourcentages) pour lesquelles cela ne suffit pas. Des malades promis à une fin intolérable dans l'angoisse, la douleur, la perte d'estime de soi, la perte du contrôle, la perte de sa propre dignité. Pourquoi attendre la toute dernière extrémité après ce vécu intolérable, pour qu'un groupe de médecins décident "à ma place" que c'est l'heure de la sédation profonde? Pourquoi ne pas tenir compte de mes directives anticipées de ne PAS en arriver là? Pourquoi ne pas m'accorder le droit de choisir quand c'est le moment, l'instant et de m'aider à accéder au moyen. Et pourtant, savoir que quand je ne supporterai plus, je pourrai trouver ce soulagement, me rendrait tellement plus serein dans ces dernières semaines ou ces derniers mois. Quel mal y a-t-il alors qu'il n'y a pas d'autre issue et qu'on peut m'éviter souffrance et dépendance que je refuse? Oui il faut des limites, oui il faut encadrer la pratique pour éviter les abus, les excès, les erreurs. Oui il faut expliquer les alternatives, éliminer les influences, être sûr du libre arbitre, renouveler la demande. Oui, il faut un accord collégial de soignants mais dont le patient est partie prenante. Oui il faut que ce droit soit ouvert à tous ceux qui, loyalement informés, en prennent la décision plutôt que de la réserver à ceux qui ont les moyens de s'expatrier dans des pays voisins. Et grâce aux soins palliatifs et non malgré eux, ce ne sera pas fréquent, et je me fiche du pourcentage. Pas fréquent, juste quand il n'y a pas d'alternative suffisante "satisfaisante" pour LE patient, celui qui doit être au centre du soin.
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Georges FICHET
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
J'ai assisté pendant 15 jours à l'agonie de ma soeur ainée, qui souffrait le martyr dans son lit d'hôpital. Elle avait demandé l'aide à mourrir qui est effective au Canada. En Attendant, elle avait demandé à passer en soins palliatif, refusant tout soins susceptible de la prolonger car elle en avait vraiment marre de souffrir depuis plusieurs mois. et de ne plus pouvoir s'adonner à ses activités avec ses copines de la maison de retraite où elle avait choisi de vivre ses dernières années. La survenue d'une thrombose de la veine porte et de la veine mésentérique supérieure l'en a empêchée. Lrosqu'elle m'a parlé de sa demande d'aide à mourrir la première fois au téléphone, je n'étais pas très chaud pour la soutenir dans sa démarche. Mais en la voyant se tordre de douleurs sur son lit d'hôpital malgré les shoots de Dilaudid (morphinique sept fois plus puissant que la morphine !), j'ai vite changé d'avis. Malheureusement elle n'a pas pu en bénéfice car si le premier entretien préalable s'est bien passé, elle n'a pa pu passer le second, sos conscience étant abolie tant par sa cachexie que par le morphinique. Et elle a "trainé" quinze jours dans des souffrances atroces. Nous avons fait ce que nous avons pu pour l'aider à supporter ce cap, mais je suis certain que le meilleur service que j'aurai pu lui rendre aurait été de l'étouffer sou son oreiller ! Je pense qu'il faut instituer l'aide à mourir sous peine de vois apparaître un tourisme mortuaire dans les années à venir !
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Michel Rivoal
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 1 mois
Je lis la lettre ouverte du Dr Christophe Pauron, médecin urgentiste, condamné par un cancer généralisé et qui mettait ses espoirs dans la loi Falorni sur le droit à être accompagné dans son choix sur la fin de sa vie. Je donne mon avis ici alors qu'il semble que les réponses ne soient pas ouvertes ailleurs sur cette annonce comme sur d'autres questions: elles semblent bloquées sur (par, depuis) la question; "Que feriez vous si vous étiez élu maire?"... Cette lettre est pleine de dignité mais aussi d'une certaine amertume envers les parlementaires qui font obstacle à ce complément de la loi Claeys-Léonetti. Je souhaite que cette loi passe le plus vite possible dans des termes qui n'altèrent pas la convention citoyenne et l'esprit qu'en avait gardé la première mouture de l'assemblée nationale. Je souhaite, comme pour beaucoup de malades semblables, qu'il puisse exercer son choix et obtenir l'aide qu'il mérite pour profiter de ses dernières semaines ou derniers mois sereinement avec ses proches comme il l'avait projeté. Avec toute mon admiration et ma solidarité!
 
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