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Face aux violences, les médecins invités à fermer leur cabinet le 12 mars

Alors qu'il juge la peine reçue par l'agresseur d'un de ses confrères "insuffisant[e]", le Dr Saïd Ouichou appelle les médecins à fermer les portes de leur cabinet le 12 mars. Son mouvement est déjà soutenu par Médecins pour demain et l'UFML. 

19/02/2025 Par Chloé Subileau
Violence
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Il appelle les médecins libéraux à fermer leur cabinet le 12 mars à l'occasion de la journée européenne contre la violence dans les soins de santé. "Nous devons agir ensemble pour faire entendre notre voix, pour que des changements réels et significatifs soient apportés", écrit sur ses réseaux sociaux le Dr Saïd Ouichou, généraliste, en réaction à la peine "insuffisant[e]" à laquelle a été condamné l'agresseur du Dr Mohamed Oulmekki.

En novembre dernier, ce généraliste installé à Drancy (Seine-Saint-Denis) avait reçu un violent coup de tête d'un patient, lui fracturant le nez ; le praticien avait porté plainte et avait fermé son cabinet pendant un mois et demi. Le 13 février, le tribunal judiciaire de Bobigny a condamné son agresseur, âgé de 22 ans, à trois semaines de travaux d'intérêt général et 2 000 euros d'amende. Une peine vivement critiquée par la communauté médicale, qui juge cette peine "ridicule".

 

"Nous avons le droit de travailler dans des conditions sécuritaires"

Pour le Dr Ouichou, installé dans les quartiers nord de Marseille, "cette violence met en lumière la dégradation du système de santé, un système qui, au lieu de protéger les soignants et d’assurer des conditions de travail dignes, alimente le sentiment de frustration, de colère et d’impuissance chez les patients, qui, parfois, se tournent vers la violence". "Elle touche à la dignité et à la sécurité de l'ensemble des soignants", ajoute-t-il dans un post Facebook. "Nous avons le droit de travailler dans des conditions sécuritaires, sans crainte pour notre vie ou notre intégrité physique."

Refusant "la violence" et "ces jugements insuffisants", le généraliste marseillais invite donc ses confrères à fermer les portes de leur cabinet le 12 mars. Son appel est déjà soutenu par Médecins pour demain (MPD) et l'UFML-S. "Un médecin agressé, c'est un patient [de] moins soigné. Il est temps d'agir", lance ainsi dans un communiqué MPD, qui a également invité ces derniers jours les médecins à exhiber un "œil au beurre noir".

"Nous ne pouvons plus accepter que dans cette société, dite moderne, on agresse des blouses blanches […] Nous ne pouvons plus accepter que les peines qui sont requises contre les agresseurs soient sans comparaison avec les violences subies. Nous ne pouvons plus accepter le silence des politiques par rapport à ces agressions", a, de son côté, lancé le Dr Jérôme Marty, président de l'UFML-S.

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Comme dans toute organisation professionnelle, qu'elle soit syndicale ou autre, on trouvera toujours des abus avec des notes de fr... Lire plus

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CHAMBON dominique
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 an
La pression médiatique a dû quand même jouer un peu parce qu’on nous dit que le parquet a fait appel du jugement. Certes il faut manifester notre rejet de la violence et mobiliser population et responsables politiques pour renverser cette lamentable évolution. Cela manifestera à notre confrère le Dr Oulmekki que ses pairs le soutiennent activement. C’est à mes yeux le plus important. De là à dire que le but sera atteint, que notre société exigeante, du tout tout de suite, si intolérante à la frustration, va soudainement prendre tranquillement son tour dans nos salles d’attente sans maugréer et dire poliment "bonjour Docteur", il faudra beaucoup plus qu’une journée de grève!
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Diego Delavega
371 points
Incontournable
Psychiatrie
il y a 1 an
Cela reflète en effet un système de société où le consumérisme s'intègre dans les soins et où le soignant, le sachant, le médecin perd sa dignité de soignant: il perd son pouvoir de soigner face à des patients qui tendent à devenir des consommateurs, frustrés et avec des exigences de "soin"-le soin se transforme alors en "service". Néanmoins, il faut prendre du recul sur une affaire judiciaire médiatisée : nous ne sommes pas des juges et nous n'avons pas les éléments de l'enquête! Ne devenons pas comme certains patients justement, qui jugent des prises en charges sans connaître les tenants ni les aboutissants...
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pierre frances
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 an
Je ne suis pas sûr que cela apporte quelque chose, malheureusement. Les pouvoirs publics se moquent parfaitement du sort des médecins "qui peuvent se payer des vigiles avec ce qu'ils engrangent" (propos entendus sur une radio). Et oui on déteste les libéraux!!!!
 
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