@Anna Hoychuk/ Stock.adobe.com
Prévention du cancer colorectal : quelle place pour l’aspirine ?
Depuis près de cinquante ans, des études suggèrent un bénéfice de l’aspirine à différents stades de la carcinogenèse digestive. Des études récentes permettent de mieux cerner les modalités de ses propriétés préventives.
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Plusieurs méta-analyses ont ainsi décrit un lien entre la prise d’aspirine et la réduction du risque, en particulier colorectal, et un effet plus marqué pour les traitements au long cours (plus de cinq ans) et chez les moins de 70 ans.
Des études récentes le confirment : elles évoquent entre 16 et 63 % de diminution du risque de cancer colorectal après cinq ans d’aspirine à faible dose selon les études, sachant que les populations incluses étaient toutes des personnes à risque cardiovasculaire. "Ce sont elles qui bénéficient de l’effet préventif de l’aspirine, en rapprochant leur risque de celui des sujets sans risque cardiovasculaire, a insisté le Pr Pierre Michel (service d’hépato-gastroentérologie, CHU de Rouen). Pour ces derniers, on ne dispose pas d’études suffisantes sur l’effet de l’aspirine." À une exception près : celle des sujets ayant un syndrome de Lynch, qui en tirent un bénéfice. Les données sont pour l’heure moins claires dans la polypose adénomateuse familiale.
En prévention secondaire, des études récentes montrent que trois ans de traitement par aspirine faible dose (160 mg/j) réduisent le risque de récidive de tumeurs associées à la mutation PIK3CA ou PTEN de près de moitié. D’autres données sont attendues, qui confirmeront ou non la pertinence d’une prévention secondaire. "Il est encore trop tôt pour recommander formellement le traitement en post-exérèse. Mais la Haute Autorité de santé discute en ce moment d’un ensemble de biomarqueurs à rechercher et à rembourser dans le dépistage du cancer colorectal ; il faudra donc voir si la recherche de ces marqueurs génétiques est incluse, ce qui permettra ensuite de statuer sur la place de l’aspirine en prophylaxie."
Au sommaire :
- Coloproctologie : des pathologies ou complications fréquentes mais souvent tues
- Premier épisode de rectite : Mici ou IST ?
- Hépatites B, delta, E : des nouveautés épidémiologiques et thérapeutiques
- Mici : individualiser les parcours
- Nausées, vomissements et douleurs abdominales : et si c’était le cannabis ?
- Helicobacter pylori : le traitement orienté pour éviter la résistance et la carcinogenèse
Références :
Journées francophones d’hépato-gastroentérologie et d’oncologie digestive (Paris, 19 au 22 mars). D’après la session plénière "Cancérologie".
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