@David Franklin - stock.adobe.com
"14 dents extraites en 2 heures" : un dentiste condamné à 6 ans de prison pour des mutilations
Un dentiste de 61 ans, qui a exercé à Mende (Lozère) de 2018 à début 2021, a été reconnu coupable de "violences suivies de mutilation ou infirmité permanente" sur des dizaines de patients, et d'"escroquerie" au préjudice de l'Assurance maladie.
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"J'avais l'habitude de faire de la purée pour mes enfants, je ne pensais pas devoir le faire pour mon mari de 41 ans, qui mange comme un bébé de 12 mois." "Je suis morte depuis six ans. Je suis allé le voir pour un abcès, il m'a arraché toutes mes dents." "J'avais une dent de sagesse douloureuse. Il m'a dit tout de suite qu'il fallait tout enlever. C'était une boucherie, 14 dents extraites en deux heures." "D'après lui, j'avais des kystes dans la bouche (...) il m'a arraché toutes les dents (...) J'avais le masque Covid. Il n'était plus bleu, il était tout rouge."
A la barre du tribunal correctionnel de Mende (Lozère), où comparaissait mercredi 6 et jeudi 7 mai ce dentiste de 61 ans, installé en 2018 dans la région de Mende, les récits des victimes et de leurs proches font froid dans le dos. Tous ont témoigné de pratiques consistant à arracher, sans justification médicale, de nombreuses dents saines pour poser des implants défectueux. "Arracher, implanter, facturer" était le "crédo" de ce dentiste d'origine portugaise, a lancé Me Catherine Szwarc, avocate de quelques-unes des parties civiles.
Il a "tristement illustré pourquoi la moitié des Français ne consultent pas leur dentiste"
Au total, 44 patients ont été identifiés comme victimes mais leur nombre pourrait être plus élevé, l'Assurance maladie ayant relevé 1.234 anomalies dans 131 dossiers pour un préjudice estimé à plus de 330.000 euros. "La quasi-totalité des travaux sont non-conformes, inachevés et à refaire", "laissant la quasi-totalité des patients en l'état et en grande détresse", a résumé dans un rapport une experte. Un état que le praticien, interpelé début 2021 et radié par l'Ordre des chirurgiens-dentistes en 2022, impute à son incarcération, qui l'a contraint de "stopper le travail". Quant aux escroqueries, il a assuré ne pas en être l'auteur. "Je suis une victime de mon assistante", a-t-il clamé face à la presse. Il "pensait que ses actes étaient nécessaires, en son âme et conscience. Il n'avait aucune intention de gagner de l'argent sur votre état de santé, de faire de votre carte vitale une mine d'or", a plaidé son avocat, Me Kominé Bocoum.
Pour l'Ordre des chirurgiens-dentistes, le praticien a "jeté le discrédit sur toute une profession". Il a "tristement illustré pourquoi la moitié des Français ne consultent pas leur dentiste", a lancé l'avocat de l'instance.
Jeudi soir, le prévenu a été reconnu coupable de "violences suivies de mutilation ou infirmité permanente", d'"escroquerie au préjudice d'un organisme de protection sociale", d''"abus de confiance" et de "blanchiment", et condamné à 6 ans de prison avec mandat de dépôt. Le tribunal a par ailleurs prononcé une interdiction définitive d'exercer la profession de dentiste ainsi que l'interdiction définitive du territoire français".
[avec AFP]
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