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Démocratiser l’accès à la réadaptation cardiovasculaire
Seulement 30 % des hommes et 10 % des femmes éligibles à la réadaptation cardiovasculaire en bénéficient. Ces programmes doivent être plus largement prescrits.
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"Tout patient coronarien, insuffisant cardiaque ou souffrant d’une artériopathie des membres inférieurs devrait faire discuter une réadaptation cardiovasculaire", a souligné le Dr Philippe Duc, cardiologue au sein de l’unité de réadaptation cardiovasculaire du GH Paris Saint-Joseph. Cette prise en charge est aussi indiquée en cas de haut risque cardiovasculaire, trouble du rythme supraventriculaire, cardiopathie congénitale, tension élevée malgré une quadrithérapie. Elle est contre-indiquée en cas de pathologie non stabilisée, pathologie inflammatoire évolutive, anémie sévère, pression artérielle élevée au repos, désordre métabolique, phlébothrombose récente…
Prise en charge globale
Loin de se limiter à la pratique d’une activité physique adaptée (APA), ce programme intègre éducation thérapeutique, correction des facteurs de risque (tabagisme, cholestérol, observance thérapeutique…) et optimisation du traitement. Selon le profil de la personne – physiopathologie, contexte social, entourage, souhait, locomotion – et son environnement – offre disponible, distance –, la réadaptation peut être faite à l’hôpital, en ambulatoire (hospitalisation de jour) ou à distance. Dans ce dernier cas, qui "concerne les patients plus légers", "un bilan est réalisé en centre, puis l’activité physique se fait à domicile avec surveillance monitorée, avec un bilan final en centre", a expliqué le Dr Duc. Deux solutions de téléréadaptation (Walk’Hop et Read’Hy), expérimentées depuis juillet 2021, devraient entrer dans le droit commun à partir de novembre 2026 ou d’août 2027. "Cette option va croître dans les futures années et permettra d’élargir l’offre."
Inégalités d’accès
Cependant, les ressources sont très insuffisantes et inégalement réparties sur le territoire. "Il y a peu de centres de réadaptation, et un tiers vont fermer en l’absence de cardiologue", a déploré le Dr Duc. Et ce alors que les besoins sont loin d’être couverts : seuls 20 % des patients éligibles sont adressés. Avec des différences selon l’âge : 30 % des moins de 65 ans et 12 % des plus de 65 ans. "C’est illogique car plus on est âgé, plus on a de choses à récupérer", a pointé le Dr Duc. Il existe aussi d’importantes inégalités entre les sexes : 30 % des hommes et 10 % des femmes accèdent à cette prise en charge.
Une perte de chance car la réadaptation a fait ses preuves : augmentation de l’observance thérapeutique (+14 %), amélioration des capacités physiques (le karaté offrant des résultats supérieurs sur la VO2 max), des capacités métaboliques (tonus vagal…), de l’autonomie et de la qualité de vie, réduction de la mortalité toutes causes (-17 %). Elle doit être prescrite au plus tôt. "Il ne faut pas attendre que tout soit parfait : le centre de réadaptation fait le bilan et sécurise", a rassuré le Dr Duc.
Au programme des JNMG 2026 :
- Mal-être des adolescents : des clés pratiques pour le repérer et évaluer sa sévérité au cabinet
- Troubles somatiques fonctionnels : les comprendre pour mieux les prendre en charge
- Hypnose : les indications en médecine générale
- Développement psycho-moteur : évaluer l’enfant dans sa globalité
- Arythmie cardiaque par fibrillation atriale : qui réduire ?
- Diabète de type 1 : l’innovation en continu
Références :
Journées nationales de médecine générale, CNIT Paris La Défense, 24-25 septembre. D’après la session "réadaptation cardiovasculaire : pour qui ? Comment ?" (25 septembre)
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