@golubovy/Stock.adobe.com
Internat : une députée alerte sur de possibles bugs lors de la procédure d'affectation
Une députée affirme, dans une question adressée au Gouvernement, que des difficultés lors de la procédure d'affectation de septembre 2026 auraient empêché des néo-internes d'obtenir le vœu qu'ils souhaitaient. Une situation confirmée par l'Anemf, qui a été sollicitée par plusieurs carabins.
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Des dysfonctionnements lors de la procédure d'appariement auraient-ils empêché des néo-internes d'obtenir le vœu qu'il souhaitait ? C'est ce qu'affirme la députée Marianne Maximi (LFI-NFP) dans une question écrite posée mardi 27 octobre au ministère de l'Enseignement supérieur, qui n'a pas encore reçue de réponse. L'élue du Puy-de-Dôme y affirme que "plusieurs étudiants" ont signalé "des difficultés concernant la prise en compte de leurs vœux lors de la phase finale" de la dernière procédure d'affectation des internes, qui s'est déroulée début septembre.
"Certains indiquent avoir procédé à des modifications de l'ordre de leurs vœux avant la clôture de la procédure, sans que ces modifications aient été prises en compte dans leur affectation finale. Ils se seraient ainsi vu attribuer un vœu qu'ils avaient souhaité rétrograder, alors même que leur classement leur aurait permis d'accéder au vœu placé en première position", détaille Marianne Maximi.
D'après la députée, les étudiants concernés ont essayé de joindre le Centre national de gestion (CNG) – qui gère la plateforme d'appariement -, les ARS, leurs facultés et des représentants étudiants. Ils n'auraient toutefois pas obtenu de solution "permettant de réexaminer leur situation".
Marianne Maximi demande ainsi au Gouvernement s'il entend prendre des mesures "afin de vérifier les signalements relatifs à d'éventuels dysfonctionnements dans l'enregistrement ou la prise en compte des vœux d'affectation" lors de cette procédure d'affectation. Ces mesures doivent aussi permettre "de garantir la traçabilité et la fiabilité des opérations réalisées sur la plateforme et, lorsque la réalité d'une erreur technique ou d'un dysfonctionnement est établie, de permettre le réexamen des affectations concernées", écrit la députée.
Cette dernière demande également au ministère si des "dispositifs exceptionnels de modification d'affectation, notamment par échange de postes ou changement de subdivision, peuvent être envisagés pour les étudiants dont la situation résulterait d'un tel dysfonctionnement".
L'élue semble toutefois avoir glissé une erreur dans sa question, en indiquant que les carabins ayant alerté sur ces difficultés ont passé la session 2026 des EDN. Or, si ces étudiants ont participé à la dernière procédure d'affectation – comme précisé dans la question -, il est impossible qu'ils aient planché sur ces épreuves l'an dernier, mais plutôt sur celle organisées à l'automne 2025.
Une hypothèse que confirme Thibault Patey, à la tête de l'Anemf* : les faits rapportés par la députée semblent, en toute logique, porter sur des carabins ayant passé les EDN en octobre 2025 et les Ecos en juin 2026. Toutefois, de telles difficultés lors de la procédure d'appariement seraient rencontrées "chaque année" par des futurs internes, précise le représentant étudiant.
Lors de la dernière procédure, "on a eu énormément de sollicitations sur des problèmes, soit des pannes informatiques, des oublis, des erreurs qu'elles soient manuelles ou informatiques". Certaines de ces remontées ont eu lieu "a posteriori de l'affectation définitive", insiste Thibault Patey, qui précise que les soucis rapportés peuvent venir "de la partie informatique de l'étudiant" et parfois, "potentiellement, de la plateforme qui a buggé pour eux."
"Il n'y a jamais eu aucune solution trouvée pour ces étudiants"
Ces néo-internes "nous disaient : 'Je viens de voir que j'étais dans ce vœu-là alors que je ne l'avais pas mis, ou il s'est glissé tout en haut alors que je l'avais mis tout en bas'", rapporte le président de l'Anemf. "Parfois, ce sont des histoires très dures. Je me rappelle une étudiante qui a été affectée dans une spé qui l'avait traumatisée et qu'elle ne se sentait pas humainement d'exercer et qui se retrouvait bloquée."
L'association, qui représente les étudiants avant l'internat, affirme avoir contacté le CNG pour alerter sur la situation de ces carabins. Si l'instance peut accéder à "l'historique des tours" réalisés avant l'affectation définitive, "ils ne [proposent] aucune marge de manœuvre". "Ce sont les mêmes règles pour tout le monde. Souvent on se rend compte du problème une fois que le deadline est passée, [mais] il n'y a pas de marge de manœuvre qui peut être trouvée […] Il n'y a jamais eu aucun leste, aucun écart et aucune solution qui a été trouvée pour ces étudiants", déplore Thibault Patey. La seule solution pour les apprentis médecins concernés est d'attendre le début de leur internat ce lundi 2 novembre, pour faire une demande de droit au remords.
Une trentaine d'étudiants concernés ?
Selon l'externe, une trentaine d'étudiants ont contacté l'Anemf durant ou après la dernière procédure d'appariement pour remontées des difficultés. Mais "on sait qu'il y en a beaucoup qui ne passent pas par nous", glisse-t-il.
Du côté de l'Isni**, Achille Casiot indique à Egora n'avoir eu connaissance que du cas d'un interne, "originaire de Clermont-Ferrand", ayant fait remonté de tels dysfonctionnements lors de la dernière procédure d'appariement. "Le CNG a répondu qu'ils n'avaient pas relevé d'anomalie de la sorte…", précise le représentant syndical. L'Isnar-IMG*** rapporte, elle, ne pas avoir eu de retour ou de question de néo-internes sur ce sujet.
Contacté par Egora, le CNG n'a pour l'heure pas été en mesure de répondre à nos questions.
*Association nationale des étudiants en médecine de France
**Intersyndicale nationale des internes
***Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale
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