@Ivan Traimak/stock.adobe.com
Proposition d'une visite à domicile par les pharmaciens : excédées, les infirmières libérales menacent de "sévir"
A travers 33 propositions pour la prochaine élection présidentielle, l’Ordre des pharmaciens recommande, dans le cadre du maintien à domicile des personnes âgées, la mise en place d'une visite pharmaceutique à domicile. Une proposition qui a ulcéré les infirmières libérales, qui rappellent que "déshabiller Pierre pour habiller Paul ne fera jamais une politique de santé".
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Dans le cadre de l'élection présidentielle à venir, l'Ordre national des pharmaciens porte 33 propositions "pour une santé accessible, préventive et répondant aux grands défis de demain". Ces propositions ont fait l’objet d’une consultation publique menée du 20 mai au 10 juin 2026, qui a recueilli 1 149 réponses. "Elles entendent bâtir les réponses que les pharmaciens peuvent apporter aux attentes des patients et des usagers du système de santé, en renforçant la proximité, la coopération entre professionnels et la continuité des prises en charge", indique l'Ordre des pharmaciens dans un communiqué daté du 27 octobre.
L’Ordre propose ainsi de renforcer l’accompagnement pharmaceutique des personnes âgées et la prévention de la perte d’autonomie en mettant en place une visite pharmaceutique à domicile. "L’objectif est de permettre le maintien à domicile des personnes âgées dans les meilleures conditions. En effet, les pharmaciens, par leur expertise du médicament, peuvent prévenir les erreurs de prise, adapter les traitements et contribuer à une meilleure observance, au plus près du patient", détaille l'Ordre.
Dans un post publié sur le réseau social LinkedIn mercredi 28 octobre, Ghislaine Sicre, présidente du syndicat d'infirmières libérales Convergence infirmière estime que cette proposition ne répond à aucun "besoin non couvert". "L’expertise du médicament ne confère pas une compétence générale sur les soins à domicile. L’officine remplit une mission essentielle. Son prolongement au domicile ne saurait devenir une évidence au seul motif que l’Ordre le réclame", s'agace-t-elle.
"Le système de santé n'est pas un supermarché des compétences"
"Aux ordres comme aux syndicats qui revendiquent de nouvelles missions en puisant dans les compétences des autres professionnels de santé : cela doit cesser", tonne-t-elle, pointant que "le système de santé n’est pas un supermarché des compétences". "On n’y compose pas son panier au gré de ses ambitions", ajoute la représentante syndicale.
L'infirmière libérale demande aux parlementaires de ne pas confondre "revendication professionnelle et nécessité de santé publique". "Déshabiller Pierre pour habiller Paul ne fera jamais une politique de santé", dénonce-t-elle. "On n’en peut plus là ! On va sévir", promet Ghislaine Sicre.
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