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Troubles somatiques fonctionnels : les comprendre pour mieux les prendre en charge
Fréquents, les troubles fonctionnels peuvent représenter une part importante des consultations médicales du médecin généraliste. Leur complexité appelle une approche spécifique, tant dans leur compréhension que dans leur prise en charge.
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Des symptômes persistants et répétés, un fort retentissement personnel, familial, social ou professionnel, sans anomalie organique permettant de les expliquer. C’est ainsi que l’on définit les troubles somatiques fonctionnels (TSF). "On peut très bien être atteint à la fois d’un TSF et d’une maladie organique", affirme la Pre Brigitte Ranque, cheffe du service de médecine interne à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) à Paris. Cette situation explique, en partie, la complexité de la prise en charge des TSF. D’ailleurs, leur dénomination varie selon les spécialités : syndrome de l’intestin irritable, dyspepsie fonctionnelle, syndrome d’hyperventilation, syndrome de fatigue chronique, douleurs chroniques, fibromyalgie ou encore trouble neurologique fonctionnel. "Cette multiplicité des termes peut contribuer à une certaine cacophonie médicale et compliquer la communication avec les patients", estime l’interniste.
La compréhension actuelle des TSF repose sur un modèle bio-psycho-social. De fait, plusieurs éléments peuvent intervenir : les caractéristiques individuelles, certains événements de vie (traumatismes, maltraitances, deuil...), un facteur déclenchant, puis des mécanismes contribuant à la persistance des symptômes. La Pre Ranque souligne également la fréquence de certains traits chez les patients, notamment "le perfectionnisme, l’anxiété, l’hyperactivité et une difficulté à tolérer l’incertitude. L’alexithymie peut également être rencontrée. Il ne s’agit pas simplement d’avoir du mal à exprimer ses émotions, mais parfois de ne pas identifier le lien entre une émotion et les manifestations corporelles qui l’accompagnent".
Une relation médecin-patient à reconstruire
La prise en charge repose avant tout sur une relation thérapeutique solide. "Il faut écouter et reconnaître la souffrance des patients", insiste la Pre Ranque. L’examen clinique reste indispensable, de même que l’analyse des examens déjà réalisés. "Il faut rechercher les éléments objectifs susceptibles d’orienter vers une éventuelle maladie organique tout en identifiant les caractéristiques compatibles avec un TSF. Puis il faut donner des explications scientifiques au patient, lui permettant de comprendre comment un cerveau en alerte peut entretenir, voire créer des symptômes physiques, et comment certaines conduites peuvent inconsciemment les aggraver", résume-t-elle.
L’objectif est de construire, avec le patient, une compréhension commune des symptômes, d’identifier les facteurs qui entretiennent le trouble et de travailler sur les comportements qui contribuent à sa chronicisation. "Une fois le diagnostic de TSF établi, il faut rassurer le patient sur sa réversibilité et lui donner des conseils pour briser le cercle vicieux de pérennisation du trouble", indique la spécialiste.
Il est indispensable de faire une pause dans les explorations multiples car elles entretiennent le trouble. Certaines mesures d’hygiène de vie (notamment un sommeil régulier) peuvent aider. "La reprise progressive et régulière d’une activité physique est l’un des piliers du traitement. Les techniques de méditation et/ou de relaxation sont souvent utiles. Mais ce sont les thérapies cognitives et comportementales qui ont le meilleur niveau de preuve", note l’interniste. Une consultation psychiatrique est utile en cas de doute sur une pathologie associée (souvent, un trouble anxiodépressif). La prescription de médicaments (antalgiques, antidépresseurs) ne doit pas être systématique. Quoi qu’il en soit, le généraliste doit "proposer au patient un suivi régulier pour éviter le nomadisme médical tout en lui assurant une sécurité", conclut la Pre Ranque.
Au programme des JNMG 2026 :
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- Hypnose : les indications en médecine générale
- Développement psycho-moteur : évaluer l’enfant dans sa globalité
- Démocratiser l’accès à la réadaptation cardiovasculaire
- Arythmie cardiaque par fibrillation atriale : qui réduire ?
- Diabète de type 1 : l’innovation en continu
Références :
Journées nationales de médecine générale CNIT Paris La Défense, 24-25 septembre. D’après la session "Vraiment prendre en charge les troubles fonctionnels" (24 septembre)
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