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Santé cardio-neuro-vasculaire : un collectif d’experts élabore un plan global pour changer de paradigme
Toutes les parties impliquées dans la prise en charge des maladies cardio-neuro-vasculaires se sont réunies au sein d’un collectif, Cap Cœur, pour élaborer un plan national qui défend une approche globale contre ces pathologies. Parmi les mesures préconisées, il y a notamment la généralisation du Nutri-Score, des consultations dédiées au dépistage, mieux former aux gestes de premiers secours, lutter contre les inégalités d’accès aux soins…
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Première cause de mortalité chez les femmes et deuxième chez les hommes, les maladies cardio-neuro-vasculaires (MCNV) sont responsables d’environ 140 000 décès par an. À cette mortalité s'ajoutent des séquelles fonctionnelles lourdes, notamment après AVC, mais aussi dans l’insuffisance cardiaque ou les artériopathies. Un poids économique pour l’Assurance maladie estimé à plus de 29 milliards d’euros par an. Pourtant, seulement 2% des dépenses seraient consacrées à la prévention. Pour l’Alliance Cap Cœur, un collectif regroupant sociétés savantes, fédération de patients et institution académique, ce déséquilibre justifie un changement de paradigme, associant prévention, dépistage, accès aux soins et soutien à la recherche.
"L’Alliance Cap Cœur propose un véritable plan national pour la santé CNV car le défi est considérable", annonce la Pre Hélène Eltchaninoff, présidente de la Société française de cardiologie (SFC). L’enjeu du collectif est ainsi de décliner les orientations du "Safe Hearts Plan" européen en un Plan Coeur français doté d’objectifs, d’une coordination et de moyens à la hauteur du poids sanitaire et économique des MCNV, en s’appuyant sur la nouvelle loi de prévention et de stratégie nationale pour les MCNV adoptée en juillet 2026.
Prévenir dès l’enfance
La prévention constitue le premier axe du plan proposé. Pour le Pr Victor Aboyans, en charge du Plan Cœur au sein de la SFC : "Si les principaux facteurs de risques CNV étaient écartés ou contrôlés, 80% des MCNV pourraient être évitées. La prévention doit commencer tôt. La petite enfance, l'enfance et la jeunesse sont déterminantes pour la santé future. L’éducation à la santé, l’activité physique, une bonne alimentation devraient être renforcées dès l’école." Parmi les propositions avancées figure notamment la généralisation du Nutri-Score.
Des consultations dédiées devraient également permettre à chacun de connaître ses principaux indicateurs : pression artérielle, cholestérol, glycémie et risque cardiovasculaire (CV) global. "Par ailleurs, près de 50 000 morts subites surviennent chaque année en France et moins de 10% des victimes en réchappent. Former aux gestes qui sauvent et garantir l'accès aux défibrillateurs est clairement une nécessité", conseille-t-il.
Dépister aux âges clés
Le plan préconise un dépistage structuré tout au long de la vie. Concernant près d’une personne sur 200 en France, l’hypercholestérolémie familiale constitue une cible privilégiée. Son dépistage précoce, notamment chez l’enfant, permettrait d’identifier les sujets atteints puis leurs apparentés. L’HTA est une autre priorité. Selon le Dr Marc Villacèque, président du Conseil national professionnel cardiovasculaire : "Sur 17 millions d'hypertendus en France, la moitié ne sont pas traités. Et ceux traités ne sont souvent pas aux objectifs."
Par ailleurs, la santé CV des femmes constitue un enjeu spécifique. En effet, certaines situations nécessitent une vigilance particulière. "Des complications pendant la grossesse (prééclampsie ou diabète gestationnel) sont associées à une augmentation ultérieure du risque CV (multiplié par 2 à 3). D’autre part, une femme qui a eu un cancer du sein, a un risque augmenté de MCNV dans les sept à huit ans qui suivent. La ménopause est également une période au cours de laquelle les facteurs de risque CV peuvent augmenter", alerte la Pre Martine Gilard, cardiologue et membre de l'Académie nationale de médecine.
Réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins
"Dans l'infarctus du myocarde comme dans l'AVC, chaque minute compte. Or, la couverture territoriale reste inégale : sept départements ne disposent pas d’unité de soins intensifs cardiologiques, et dix d’unité de soins intensifs neurovasculaires. Une victime d’AVC sur deux n’accéderait toujours pas à une unité spécialisée", indique la Pre Charlotte Cordonnier, présidente de la Société française neurovasculaire. La réponse proposée repose sur la construction d’une filière territoriale prenant en compte l'urgence, mais également une graduation des soins. "Elle implique d’identifier les centres de recours, d’articuler la proximité et l'expertise en utilisant davantage la télé-expertise, le numérique et la construction de réseaux régionaux protocolisés", complète-t-elle.
Investir davantage dans la recherche
Enfin, le troisième axe du plan a pour objectif de "faire de la France un pôle d’excellence CNV". L’une des propositions consiste à sanctuariser la recherche fondamentale, translationnelle et clinique, notamment à travers un programme hospitalier de recherche dédié. La constitution de registres nationaux et l’exploitation des données en vie réelle sont également considérées comme prioritaires.
Pour en savoir plus : Livre blanc pour un Plan Cœur national
Références :
D’après une conférence de presse de l’Alliance Cap Cœur (24 septembre).
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