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MRC, réhabilitation cardiaque : 2 nouvelles recommandations transversales
Un meilleur dépistage de la maladie rénale chronique et un élargissement des indications de la réhabilitation cardiaque constituent deux axes majeurs pour améliorer la prise en charge des maladies cardiaques.
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Face au défi du vieillissement et la complexification des patients, l’European Society of Cardiology (ESC) a rédigé deux recommandations inédites à usage pluridisciplinaire et à visée transversale.
La première concerne les maladies rénales chroniques associées à une maladie cardio-vasculaire, car il existe aujourd'hui des relations bidirectionnelles entre les deux qui sont irréfutables. Pourtant, le dépistage de la maladie rénale chronique n'est pas encore systématique chez tous les patients diagnostiqués pour une maladie cardiovasculaire. Il permettrait d’initier des traitements simples, peu coûteux et qui sont décrits comme pouvant préserver la fonction des deux organes. "Or, bon nombre de médecins hésitent à les prescrire à des patients en insuffisance rénale chronique (IRC) en raison d'un risque perçu qui est souvent injustifié", pointe la Pre Sophia Zoungas (Sydney, Australie) . Le diagnostic (basé sur débit de filtration glomérulaire, albuminurie, rapport albuminurie-créatininurie) doit conduire à prescrire un inhibiteur du SRA ou un iSGLT2, associé à un traitement à base de statine. Le texte est extrêmement précis : il rassemble 165 recommandations qui statuent sur la prise en charge de chaque pathologie cardiovasculaire associée, avec le plus souvent un très fort niveau de preuve.
Le second texte présenté à Munich concerne la réadaptation cardiaque qui doit être considérée comme un programme d'exercice à part entière. La prise en charge doit débuter tôt (dans les 14 à 30 jours après un syndrome coronaire aigu, 28 à 42 jours après un pontage) et se poursuivre à long terme, avec le niveau de preuve le plus élevé (classe IA) dans la maladie coronaire. Les indications s'élargissent nettement : insuffisance cardiaque (FEVG altérée ou préservée), LVAD, transplantation, valvulopathies, cardiopathies congénitales, fibrillation atriale et même patients sous traitements cardiotoxiques en oncologie. Le programme doit être individualisé selon une évaluation globale du patient, combiner exercice d'endurance et renforcement musculaire (le High-Intensity Interval Training [HIIT] restant réservé à des patients sélectionnés et supervisés), et intégrer sevrage tabagique, santé mentale, sexualité et retour au travail. Enfin, les recommandations promeuvent la télé-réadaptation et les modèles hybrides pour pallier le principal obstacle actuel, à savoir le sous-accès à ces programmes, notamment chez les femmes, les personnes âgées et les populations défavorisées.
Statines : la prévention primaire est efficace après 70 ans :
Les données cliniques ont toujours été insuffisantes pour trancher la question du maintien des statines après 70 ans en l’absence d’antécédents cardiovasculaires. L’étude Staree, randomisée et contrôlée versus placebo, qui a été présentée cette année à l’ESC permet désormais de dire que l’âge ne devrait pas à lui seul justifier l’arrêt de l’hypolipémiant en prévention primaire : l’atorvastatine 40 mg/j permet en effet de réduire de 30 % le risque composite d’événements cardiovasculaire majeurs versus placebo, chez les 70-74 ans comme après 75 ans.
Dans cette étude, près de 10 000 participants âgés d’au moins 70 ans, sans antécédents cardiovasculaires cliniques, ont été randomisés (avec atorvasatine ou placebo) et suivis sur 5,9 ans en moyenne (LDL-c moyen à l’inclusion : 126,2 et 127 mg/dL dans les 2 groupes respectivement).
À l’issue du suivi, le LDL-c moyen était de 79,3 mg/dL sous statine versus 111,4 mg/dL sous placebo. La survenue du critère principal composite (événements cardiovasculaires majeurs : décès cardiovasculaire, IDM non fatal, AVC, revascularisation coronaire) avait concerné 6 % et 8,3 % des patients respectivement (HR 0,70).
"Staree n’apporte pas la réponse pour tous les patients âgés, car les patients fragiles, comorbides et polymédiqués étaient peu nombreux dans cette étude, a commenté le Pr Francois Mach (Genève, Suisse). Mais elle comble un manque important. La décision thérapeutique doit rester individualisée et intégrer l’espérance de vie ainsi que les autres risques cliniques, thérapeutiques et les priorités du patient".
Au sommaire de ce congrès :
-Une définition simplifiée de l’infarctus du myocarde
-Insuffisance cardiaque : une nouvelle classification et des évolutions thérapeutiques
Références :
Congrès de l’European Society of Cardiology (ESC, Munich du 28 au 31 aout). D’après la session Hotline 2 (29 août).
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