@N Lawrenson/peopleimages.com - stock.adobe.com
Développement psycho-moteur : évaluer l’enfant dans sa globalité
Du tonus au langage, de la vision aux interactions, le suivi du jeune enfant repose sur une observation multidimensionnelle. Quelles sont les clés du repérage précoce en médecine générale ?
@N Lawrenson/peopleimages.com - stock.adobe.com
Le suivi du développement du tout-petit ne se résume pas à vérifier une liste d’acquisitions. "Le médecin généraliste doit surtout apprécier la cohérence entre les différentes dimensions du développement : motricité, langage, communication, fonctions sensorielles, cognition et développement psychoaffectif", affirme la Dre Isabelle Berlie, neuropédiatre au Centre d’action médico-social précoce polyvalent du Maine-et-Loire.
Audition et vision, deux points de vigilance
Lorsqu’une difficulté est repérée à l’examen clinique, le premier réflexe consiste à rechercher une cause organique ou sensorielle. "L’audition et la vision doivent être contrôlées tout au long du suivi, même lorsqu’un dépistage auditif a été réalisé en maternité", insiste la neuropédiatre. Les antécédents familiaux de surdité, certaines infections ou des antécédents neurologiques doivent renforcer la vigilance. Chez le nourrisson, on observe notamment les réactions aux sons puis, avec la maturation, la capacité à localiser leur source. "En cas de doute, il faut adresser l’enfant pour une évaluation ORL', rappelle la neuropédiatre.
La vision mérite la même attention : contact visuel, regard vers le visage, poursuite visuelle, symétrie des mouvements oculaires et recherche d’un strabisme permanent sont autant d’éléments à prendre en compte.
Observer et jouer avec l’enfant
Le développement de la communication précède celui du langage. En consultation, le médecin peut observer le regard, l’intérêt pour l’autre, les vocalises, les tours de rôle, l’imitation et surtout le pointage et l’attention conjointe. "Les acquisitions langagières, quant à elles, doivent être appréciées dans leur dynamique plutôt qu’à partir du seul nombre de mots prononcés. Des imagiers, des jeux ou des questionnaires parentaux peuvent compléter l’observation clinique", indique la Dre Berlie.
Chez le jeune enfant, les capacités cognitives sont largement accessibles par le jeu. "La façon dont il saisit un objet, l’explore, reproduit une action ou comprend une relation de cause à effet renseigne sur ses capacités d’exploration et de représentation. Il est particulièrement intéressant de disposer en consultation d’un espace permettant à l’enfant de bouger et de jouer", estime la neuropédiatre.
Tonus, motricité et symétrie
L’examen moteur repose notamment sur l’observation du tonus, du contrôle de la tête et du tronc, des amplitudes articulaires et de la motricité spontanée. "Vers 3 mois, le contrôle de la tête doit être parfait. À partir de 6 mois, le médecin observe la préhension, le transfert des objets d’une main à l’autre et la symétrie entre les deux membres supérieurs. Entre 7 et 9 mois, la station assise autonome apparaît progressivement. La marche est généralement acquise avant 18 mois", note la Dre Berlie. Une hypotonie, une raideur inhabituelle, une faible motricité spontanée ou une utilisation très asymétrique des membres doivent conduire à approfondir l’évaluation.
Par ailleurs, les interactions précoces entre l’enfant et ses proches participent à la construction de ses compétences. La présence d’un facteur de risque – prématurité, antécédents familiaux, événement néonatal sévère, infection neurologique, anomalie génétique – appelle une vigilance accrue. "En cas d’alerte, le généraliste doit préciser l’anomalie, rechercher une cause, adresser l’enfant, si nécessaire, à d’autres professionnels de santé et le réévaluer régulièrement", conclut la neuropédiatre.
Au programme des JNMG 2026 :
- Mal-être des adolescents : des clés pratiques pour le repérer et évaluer sa sévérité au cabinet
- Troubles somatiques fonctionnels : les comprendre pour mieux les prendre en charge
- Hypnose : les indications en médecine générale
- Démocratiser l’accès à la réadaptation cardiovasculaire
- Arythmie cardiaque par fibrillation atriale : qui réduire ?
- Diabète de type 1 : l’innovation en continu
Références :
Journées nationales de médecine générale, CNIT Paris La Défense, 24-25 septembre. D’après la session "Suivi du nourrisson" (24 septembre)
La sélection de la rédaction
Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?
Pascale Debenest
Non
J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus