livres

Fin de la Pass/LAS, admission directe en pharmacie… Une proposition de loi veut réformer les études de santé

Pharmacienne de profession, la sénatrice Corinne Imbert a déposé une proposition de loi visant à corriger les "lacunes" de la réforme de l'accès aux études de santé. Le texte prévoit également de territorialiser le troisième cycle des études de médecine, et a pour ambition d'améliorer les conditions d'accueil des étudiants en stage.

07/08/2025 Par Louise Claereboudt
PASS/LAS Internat 4ème année de MG
livres

"Les études de santé constituent, pour la Nation, un enjeu sanitaire et universitaire de premier ordre", soutient la sénatrice Corinne Imbert (Les Républicains) dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi (PPL) déposée le 30 juillet dernier. Structurée en trois chapitres, cette PPL porte des mesures visant à répondre "de manière opérationnelle" à l'ensemble des enjeux relatifs aux formations en santé.

Le premier chapitre vise à améliorer le dispositif d'accès aux études de santé en diversifiant le recrutement et en répondant aux principales critiques adressées au système Pass/LAS. Jugé "illisible" par la Cour des comptes dans un rapport rendu en décembre dernier, ce système "n'a pas permis de diversifier les profils recrutés ni d'améliorer suffisamment la réussite des candidats ou leur progression dans les études", déplore Corinne Imbert.

Pourtant, les études en santé demeurent attractives, souligne la sénatrice LR : plus d'un lycéen sur 5 formule au moins un vœu sur Parcoursup pour accéder à un parcours d'accès spécifique santé (Pass) ou à une licence accès santé (LAS). La parlementaire propose donc de revenir à une voie unique d'accès qui consisterait en une formation universitaire de licence comprenant, en première année, "une majorité d'enseignements relevant du domaine de la santé". La liste des disciplines universitaires pouvant être enseignées dans cette licence devra être fixée par arrêté.

Pour favoriser un recrutement de proximité – dont l'Insee a souligné l'importance pour l'installation future des médecins notamment* –, le texte prévoit la mise en place par les universités d'une première année de cette voie unique dans chaque département. Et permet également aux étudiants de demander le redoublement. L'article premier de cette PPL inclut par ailleurs explicitement la masso-kinésithérapie dans les dispositions relatives à l'accès aux études de santé, "aujourd'hui applicables aux seules formations MMOP"*.

L'article 2 autorise, à titre expérimental, l'admission directe d'étudiants en premier cycle de pharmacie par Parcoursup. Objectif : "répondre au phénomène de places vacantes constaté dans cette filière". "La part des étudiants recrutés par admission directe ne pourra excéder, dans chaque université, un tiers des capacités d'accueil", lit-on dans l'exposé des motifs de cette proposition de loi. Enfin, l'article 3 propose d'étendre à l'ensemble du territoire national l'expérimentation d'options santé dans les lycées de zones sous-denses.

Territorialiser l'internat 

Le deuxième chapitre de cette proposition de loi entend territorialiser le troisième cycle des études de médecine. Corinne Imbert suggère d'affecter les deux tiers des étudiants accédant à l'internat dans la région dans laquelle ils ont préalablement réalisé leurs études.

Enfin, le dernier chapitre de cette PPL ambitionne d'améliorer les conditions d'accueil des étudiants en stage. Pour cela, Corinne Imbert suggère de créer quatre statuts homogènes applicables aux maîtres de stage des universités en médecine, en odontologie, en pharmacie et en maïeutique. "Ces maîtres de stage devront avoir suivi une formation préalable nécessaire à leur agrément" et "ils percevront une rémunération en contrepartie de l'accueil des étudiants".

Alors que les futurs docteurs juniors ambulatoires ont fait part de leur crainte concernant le manque de MSU, la proposition de loi prévoit, "à titre transitoire", l'accueil des étudiants de quatrième année dans des lieux de stage dans lesquels exercent "un ou plusieurs médecins généralistes accueillants", préalablement déclarés à l'ARS. "Les étudiants demeureront supervisés par un praticien agréé maître de stage des universités exerçant à proximité du lieu de stage", précise le texte.

"Ces dispositions, destinées à permettre l'accueil des étudiants dans un nombre suffisant de lieux de stage lors des premières années d'application de la réforme, ne seront plus applicables à compter de la rentrée universitaire 2031", peut-on lire encore.

*En 2019, 50% des médecins généralistes formés dans les années 2000 exerçaient à moins de 85 kilomètres de leur commune de naissance

**Médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie.

Faut-il supprimer les ARS ?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

Quel interlocuteur à la place ? Le préfet ? Il n’a pas connaissance des enjeux de santé publique ni des coûts réels des soins. Le... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
Photo de profil de Gérard NOËT
Gérard NOËT
2,1 k points
Débatteur Passionné
Pharmaciens (CNOP)
il y a 9 mois
Attendons de connaître les opinions des enseignants en médecine et pharmacie sur cette proposition de loi. La croissance exponentielle des données des sciences médicales et pharmaceutiques impose de recruter parmi les meilleurs bacheliers ou après une année de classe préparatoire.
Photo de profil de BERNARD G
BERNARD G
729 points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 9 mois
En tout cas, il est temps que le système actuel vole en éclat. ....Si on ne fait pas pire, ce qui est trop souvent le cas !
Photo de profil de AGNES VIDAL
AGNES VIDAL
569 points
Autre spécialité médicale
il y a 9 mois
Encore une fois un chiffre qui sort de je ne sais où, faisant fi de la disparité des multiples statuts des medecins hospitaliers, des echelons..des multiples gardes et astreintes qui s ajoutent au salaire de base . A la retraite depuis plus de 1 an au dernier echelon ancien regine, chef de service( +200€ / mois depuis le sesur..)
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
Après la leucémie de son fils, elle se lance dans des études de médecine : "J'ai voulu redonner ce qu’on m...
05/05/2026
2
Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2