Yannick Neuder lors des questions au Gouvernement, le 6 janvier (capture image Assemblée nationale)
Grève des médecins libéraux : Neuder réclame un "Duquesne des professions de santé"
Lors des questions au Gouvernement, mardi 6 janvier, l'ancien ministre de la Santé a appelé Stéphanie Rist à ouvrir "sans délai" une concertation avec les professions de santé pour "renouer le dialogue et la confiance".
Yannick Neuder lors des questions au Gouvernement, le 6 janvier (capture image Assemblée nationale)
"Alors que nous nous souhaitons tous une bonne santé pour 2026, depuis hier, les médecins sont en grève. Ce n'est ni un hasard ni un mouvement d'humeur. C'est un signal d'alarme d'un système arrivé à bout de souffle", a mis en garde l'ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder, mardi 6 janvier, à l'Assemblée nationale. Et de souligner que, comme il le "redoutai[t]" lorsqu'il était encore locataire de l'avenue de Ségur, les débats sur le budget de la Sécurité sociale pour 2026 "ont acté la fin d'un exercice qui ne satisfait plus personne : ni les professionnels de santé, ni la Cnam, ni le Gouvernement, ni les parlementaires".
Il s'agit d'un "exercice devenu purement comptable, sans vision pluriannuelle, sans perspectives et désormais sans aucune adhésion", a-t-il dénoncé.
S'adressant à sa successeure Stéphanie Rist, à l'occasion des questions au Gouvernement, Yannick Neuder a pointé la "colère immense, profonde et largement partagée" dans les rangs de la médecine libérale, en grève du 5 au 15 janvier. "Les blocs opératoires tournent au ralenti, 80% des spécialistes ont fermé leur cabinet, 90% des cliniques prévoient d'être à l'arrêt. Et que dites-vous à ces médecins qui prennent en charge 2 millions de consultations par jour et aux 2 000 chirurgiens qui ont déjà fait le choix de s'exiler à Bruxelles ?", a-t-il demandé à Stéphanie Rist, sur le banc des ministres.
"Ce sont des faits et ils doivent nous alerter. Ce mouvement ne traduit pas une revendication catégorielle. Il révèle un malaise généralisé et un épuisement profond des professions médicales et paramédicales alors que la santé demeure l'une des premières préoccupations des Français", a insisté le cardiologue de formation. Et de rappeler que l'article 24 sur les rentes économiques a été effacé du budget de la Sécurité sociale "grâce" à son groupe parlementaire. Cet article, qui offrait la possibilité pour le directeur de la Cnam de procéder à des baisses unilatérales de tarif en cas d'échec des négociations, "pointait du doigt la médecine de ville de manière uniforme, absolue, et sans différenciation territoriale".
Le ton solennel, Yannick Neuder a interpellé sa successeure. "Ma question est simple : êtes-vous prête à ouvrir sans délai une concertation, un véritable Duquesne des professions médicales et paramédicales, pour refonder la confiance, repenser les règles du jeu, redonner du sens et enfin, une perspective durable à notre système de santé dans l'intérêt de nos patients ?", a-t-il lancé avant de se rassoir à son siège.
Il n'y a pas les mesures que les médecins craignent dans le budget de la Sécurité sociale
Face aux députés, Stéphanie Rist a d'abord tenu à "rassurer" les médecins libéraux, comme elle avait tenté de le faire avant le début du mouvement dans une lettre ouverte. "Evidemment, j'entends leurs craintes et leur incertitude", a-t-elle assuré, mettant en avant les "nombreux échanges" qu'elle a pu avoir avec leurs représentants depuis sa nomination, en octobre dernier. La rhumatologue de formation a néanmoins souhaité balayer les nombreuses "fausses informations [qui] circulent". "Je voudrais redire qu'il n'y a pas dans ce budget de la Sécurité sociale, que vous connaissez bien monsieur le ministre pour l'avoir un peu préparé, les mesures [que les médecins libéraux] craignent", a-t-elle lancé.
"Il n'y a pas de sanction quand le dossier médical partagé n'est pas rempli, il n'y a pas non plus de mesure d'interdiction de prescription ou de limitation de leur liberté de prescription […] Il n'y a pas non plus de mesure supprimant le secteur 2", a-t-elle listé avec fermeté.
"Au-delà de ces craintes, il y a ce qui se passera dans l'avenir", a-t-elle poursuivi. "Il me semble important de recréer cette confiance autour de la négociation conventionnelle. Le chemin n'est pas perdu, je le crois, et d'ailleurs ce budget de compromis qui a été voté par une majorité de cette Assemblée permet de revaloriser les médecins au 1er janvier", a-t-elle conclu, sans répondre à la demande formulée par Yannick Neuder d'ouvrir un "Duquesne" des professions de santé.
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