stéphanie rist

"Parlons-nous" : à quelques jours de la grève, Stéphanie Rist adresse une lettre ouverte aux médecins

Dans un ultime effort de conciliation avant une mobilisation qui s'annonce historique, la ministre de la Santé a souhaité s'adresser aux médecins, internes et étudiants en médecine pour "dissiper les malentendus" et "renouer le dialogue". 

31/12/2025 Par Aveline Marques
stéphanie rist

"Depuis plusieurs semaines, de nombreuses inquiétudes, et parfois de la colère, s'expriment chez les médecins, les internes et les étudiants en médecine" au sujet de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, reconnaît Stéphanie Rist. C'est pourquoi la ministre de la Santé a souhaité, à quatre jours d'une grève d'ampleur, adresser une lettre ouverte à l'ensemble de la profession.

Alors que des informations "parfois inexactes" circulent, Stéphanie Rist entend ainsi "dissiper les malentendus" sur le texte, qui a été profondément remanié. "La première source de vos inquiétudes concerne la possibilité que les tarifs des actes médicaux ne soient plus définis par la négociation conventionnelle mais imposés par voie réglementaire", relève d'abord la ministre, précisant que le Gouvernement s'y est opposé. "Tant que je serai ministre, je n'aurais pas recours à cette possibilité", s'engage-t-elle.

Il n'est "pas question", non plus, de supprimer le secteur 2, affirme-t-elle. Quant à la taxation des dépassements d'honoraires prévue dans la copie initiale, elle a été supprimée, rappelle Stéphanie Rist. "Mais nous ne pouvons pas nier une réalité : une minorité de professionnels abusent des dépassements, au point de peser sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens et d'occasionner des renoncements aux soins." Face à ces abus, la ministre appelle les partenaires conventionnels à se mettre autour de la table.

Autre point irritant, la pénalité pour manquement au report dans le DMP a été censurée par le Conseil constitutionnel, souligne la ministre, qui souhaite "lever les blocages" à l'usage de cet outil.

"Perte de confiance"

Enfin, concernant les arrêts de travail, les médecins "pourront toujours déroger aux limites de durée" de prescription instituées par la LFSS, insiste Stéphanie Rist.

"Au-delà du PLFSS 2026, je constate également, dans vos interpellations, un sentiment de perte de confiance envers l'Etat et l'Assurance maladie. Je l'entends et le prends au sérieux", lance la ministre, qui assure "privilégier le dialogue au rapport de force". "Parlons-nous, travaillons ensemble et avançons, au service d'un système de santé que nous chérissons et qui mérite, plus que jamais, que nous unissions nos forces pour le préserver", lance-t-elle à la profession. "Ma porte est et restera ouverte pour poursuivre ce dialogue", conclut-elle.

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Je tiens à rappeler aux collègues que logiquement tout produit de santé destiné au public stocké dans un frigo, implique une traça... Lire plus

4 débatteurs en ligne4 en ligne
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Débatteur Passionné
il y a 1 jour
"Au-delà du PLFSS 2026, je constate également, dans vos interpellations, un sentiment de perte de confiance envers l'Etat et l'Assurance maladie. Je l'entends et le prends au sérieux", lance la ministre, qui assure "privilégier le dialogue au rapport de force". "Parlons-nous, travaillons ensemble et avançons, au service d'un système de santé que nous chérissons et qui mérite, plus que jamais, que nous unissions nos forces pour le préserver", lance-t-elle à la profession. "Ma porte est et restera ouverte pour poursuivre ce dialogue", conclut-elle. C'est sympa de dialoguer, mais il faut aussi que le ministère accepte que l'on puisse lui dire non. Enfin, ca serait sympa de dialoguer avec le bon ministère. Puisque avant tout le problème est un problème financier qui nécessite un dialogue direct avec le ministère des finance et non une personne qui n'a pas la main. Voir une discutions en direct avec les commissaires européens puisque les ministres ne sont plus que des intermittents du spectacle.
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 jours
Toujours la même rengaine! Blablatons pendant des mois, signons une convention qui figurera au journal officiel six mois plus tard, avec un report d’application de six mois pour cause de budget insuffisant….et encore un an ou deux de gagnés. Pendant ce temps, et alors que nos chers députés et sénateurs échouent depuis des mois à voter un budget pour le pays, ils se sont votés en catimini début 2024 sans un froissement de publicité une augmentation de 300€/ mois pour les députés et 700€/mois pour les sénateurs de l’AFM pour tenir compte du « contexte inflationniste »!!!! C’est ce que l’on appelle « restaurer la confiance vis à vis des élus ».
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760 points
Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 2 jours
"Une minorité de professionnels abusent des dépassements, au point de peser sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens et d'occasionner des renoncements aux soins." Le déremboursement des prescriptions des médecins non conventionnés n'est même pas abordé par la ministre. Pourtant par ce déremboursement la SS et l'Etat "abusent au point de peser sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens et d'occasionner des renoncements aux soins", dans les déserts médicaux par exemple. Et "face à ces abus de la SS et de l'Etat, la ministre N'APPELLE PAS les partenaires conventionnels à se mettre autour de la table." Normalement, pour signer une convention, chaque partenaire fait un pas vers l'autre pour trouver un accord. Sinon ce n'est pas une convention. Si l'exercice hors convention est interdit, la convention devient une obligation. Pour pouvoir resserrer la laisse puis le collier. Une seule solution : déconventionnement massif. Vous ne voulez pas ? Alors continuez vomme ça, mais ne vous plaignez pas ensuite.
 
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