"Parlons-nous" : à quelques jours de la grève, Stéphanie Rist adresse une lettre ouverte aux médecins
Dans un ultime effort de conciliation avant une mobilisation qui s'annonce historique, la ministre de la Santé a souhaité s'adresser aux médecins, internes et étudiants en médecine pour "dissiper les malentendus" et "renouer le dialogue".
"Depuis plusieurs semaines, de nombreuses inquiétudes, et parfois de la colère, s'expriment chez les médecins, les internes et les étudiants en médecine" au sujet de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, reconnaît Stéphanie Rist. C'est pourquoi la ministre de la Santé a souhaité, à quatre jours d'une grève d'ampleur, adresser une lettre ouverte à l'ensemble de la profession.
Alors que des informations "parfois inexactes" circulent, Stéphanie Rist entend ainsi "dissiper les malentendus" sur le texte, qui a été profondément remanié. "La première source de vos inquiétudes concerne la possibilité que les tarifs des actes médicaux ne soient plus définis par la négociation conventionnelle mais imposés par voie réglementaire", relève d'abord la ministre, précisant que le Gouvernement s'y est opposé. "Tant que je serai ministre, je n'aurais pas recours à cette possibilité", s'engage-t-elle.
Il n'est "pas question", non plus, de supprimer le secteur 2, affirme-t-elle. Quant à la taxation des dépassements d'honoraires prévue dans la copie initiale, elle a été supprimée, rappelle Stéphanie Rist. "Mais nous ne pouvons pas nier une réalité : une minorité de professionnels abusent des dépassements, au point de peser sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens et d'occasionner des renoncements aux soins." Face à ces abus, la ministre appelle les partenaires conventionnels à se mettre autour de la table.
Autre point irritant, la pénalité pour manquement au report dans le DMP a été censurée par le Conseil constitutionnel, souligne la ministre, qui souhaite "lever les blocages" à l'usage de cet outil.
"Perte de confiance"
Enfin, concernant les arrêts de travail, les médecins "pourront toujours déroger aux limites de durée" de prescription instituées par la LFSS, insiste Stéphanie Rist.
"Au-delà du PLFSS 2026, je constate également, dans vos interpellations, un sentiment de perte de confiance envers l'Etat et l'Assurance maladie. Je l'entends et le prends au sérieux", lance la ministre, qui assure "privilégier le dialogue au rapport de force". "Parlons-nous, travaillons ensemble et avançons, au service d'un système de santé que nous chérissons et qui mérite, plus que jamais, que nous unissions nos forces pour le préserver", lance-t-elle à la profession. "Ma porte est et restera ouverte pour poursuivre ce dialogue", conclut-elle.
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