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Le Conseil national de l'Ordre des médecins demande la dissolution du CDOM de Paris, étrillé par l'IGF
Ce mercredi 8 avril soir, les conseillers de l'Ordre national des médecins ont voté à 90 % pour la dissolution du conseil départemental de l'Ordre de Paris, a révélé Le Canard enchaîné. C'est désormais à l'ARS de prononcer officiellement la dissolution.
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"Placer temporairement le CDOM 75 sous la tutelle du Conseil national, suivi de sa dissolution en vue d'assurer son renouvellement intégral". Telle était la recommandation numéro 13 de l'Inspection générale des finances (IGF), dans son rapport à charge sur l'Ordre des médecins.
Ce mercredi 8 avril, les conseillers nationaux ont voté à 90 % pour la dissolution du CDOM parisien, a révélé Le Canard enchaîné. C'est désormais au directeur général de l'agence régionale de santé d'acter la dissolution.
"Le conseil départemental de l'Ordre des médecins de la ville de Paris (CDOM 75) connaît depuis 2024 une situation de crise", pointait l'IGF dans son rapport. Après l'annulation des élections ordinales qui se sont tenues le 11 février et le 20 octobre 2024 par deux décisions successives du tribunal administratif de Paris, une nouvelle élection a été organisée le 21 septembre 2025. Elle fait, elle aussi, l'objet d'un recours devant le tribunal administratif.
"L'annulation du mandat de la moitié des membres du conseil pendant une durée totale de 10 mois s'est traduite par une dégradation du service rendu aux usagers de l'Ordre (médecins comme patients), qui n'a pas été compensée par la mobilisation des conseillers titulaires et suppléants toujours en fonction", ajoutait l'IGF, qui a constaté une "gouvernance opaque et des dysfonctionnements structurels" au sein de l'institution parisienne, ainsi que "des défaillances importantes du conseil dans l'accomplissement de ses missions"
Les justifications du CDOM
Avant le vote, le bureau de l'Ordre parisien aurait envoyé un mail aux conseillers nationaux pour plaider sa cause, rapporte Le Canard. Les achats de vins et de champagnes seraient réservés aux "séances plénières mensuelles [...], lors des vœux institutionnels annuels et à l’occasion de pots de départ ou d’événements internes", a notamment justifié le CDOM.
"Les faits révélés sont graves. Ils appellent des réponses immédiates et une transformation en profondeur. La justice est saisie, des décisions ont été prises, et nous irons jusqu’au bout pour garantir que les ordres professionnels remplissent pleinement leur mission de protection des patients et des praticiens", avait déclaré Stéphanie Rist, dans un communiqué diffusé le mardi 31 mars, annonçant prendre "'acte" de la décision de l'IGF de saisir la procureure de Paris, sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale.
"Au regard de la gravité de ces constats", la ministre de la Santé "avait demandé au Conseil national de l’Ordre des médecins de vérifier si les conditions pouvant conduire à la dissolution" du CDOM 75 "sont remplies et de proposer, le cas échéant, au directeur général de l’ARS Ile-de-France de prononcer cette dissolution".
[avec lecanardenchaine.fr]
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