Etudes, rémunération, retraite : Agnès Buzyn face aux angoisses des médecins | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Etudes, rémunération, retraite : Agnès Buzyn face aux angoisses des médecins

Des études à la retraite, en passant par les conditions d'exercice et la rémunération… La profession de médecin est une pleine évolution. Des bouleversements qui peuvent générer de vives inquiétudes : en témoignent les avis exprimés par plus de 4000 d'entre vous dans le cadre de notre enquête en ligne sur les nouveaux modes de paiement promus par le rapport Aubert. Dans un entretien exclusif accordé à Egora, Agnès Buzyn tente d'apaiser les craintes des médecins et décrypte les enjeux des réformes en cours.

 

Egora.fr/Le Panorama du médecin : A votre appel, 4 115 professionnels de santé lecteurs d'Egora ont donné leur avis sur les propositions du rapport de la mission Aubert sur le financement du système de santé. Les libéraux ont manifesté un attachement presque viscéral au paiement à l’acte. Ce modèle est-il voué à disparaître ?

Agnès Buzyn : Le paiement à l’acte ne va absolument pas disparaître. C’est le mode de financement historique de la médecine libérale française et il restera majoritaire. L’idée est plutôt de le compléter, pour mieux reconnaître et rémunérer des activités que les médecins font tous les jours sans que cela soit pour autant valorisé. C’est notamment le cas de la coordination du parcours de soins, qui doit mieux être prise en compte.

Nos problématiques de santé évoluent avec le temps : si le financement à l’acte est pertinent lorsque les prises en charge sont ponctuelles (pour les maladies infectieuses, par exemple), celui-ci doit s’adapter aux nouveaux besoins. Nous avons de plus en plus de patients chroniques, avec des prises en charge plus globales et des parcours bien identifiés. Je souhaite adapter les modes de financement à la pratique réelle des médecins.

J’entends les inquiétudes que révèle cette consultation et je souhaite lever une ambiguïté : forfaitisation ne veut pas dire baisse de rémunération. Il s’agit de transformer notre système pour favoriser la pertinence et les pratiques vertueuses, la qualité plutôt que la quantité. À l’arrivée, tout le monde s’y retrouvera puisque l’on augmentera la qualité des soins et la qualité de vie au travail. C’est le sens et l’objectif du rapport de Jean-Marc Aubert. Les médecins verront rapidement qu’il n’y a pas à s’inquiéter, bien au contraire.

 

Plus de 90 % des libéraux estiment que les actes de base, notamment la consultation du médecin généraliste, sont sous-cotés. Une revalorisation est-elle à l’ordre du jour ?

L’augmentation de l’acte n’est pas l’alpha et l’oméga de la transformation que nous souhaitons collectivement. Plutôt que d’augmenter toujours la cotation de l’acte, ce qui ne serait pas entièrement adapté pour valoriser les bonnes pratiques, je préfère compléter par d’autres modes de rémunération, comme ce qui avait été fait avec la ROSP, ou encore la création de consultations complexes et très complexes. Il ne faut pas opposer les modes de paiement. La rémunération au forfait va permettre de rémunérer tous les professionnels qui interviennent dans le parcours de soins, à la fois pour les actes et la manière dont ils se coordonnent. Cela prendra mieux en compte la totalité des besoins du patient. On reste dans la même logique : on reconnaît un travail fourni et on trouve un mode de rémunération qui le met en valeur.

Le paiement à l’acte représente 87 % de la rémunération globale des généralistes. Dans quelle mesure allez-vous augmenter la part des rémunérations forfaitaires ?

Si je souhaite que les missions exercées par les médecins généralistes en dehors des seuls actes soient rémunérées, je ne me suis pas fixé pour autant d’objectif normatif. Définir une telle proportion a priori n’aurait pas de sens, il faut d’abord voir ce qu’il est pertinent de financer. Cela dépendra d’ailleurs de la patientèle du médecin. Dans certains territoires où il y a beaucoup de personnes âgées, la rémunération au forfait du diabétique équilibré pourrait représenter une part plus importante dans la rémunération du professionnel. À l’inverse, si vous travaillez à côté d’une gare, avec une patientèle essentiellement de passage, la rémunération forfaitaire risque de prendre moins de place. Quoi qu’il en soit, il est important que cela fasse partie de la négociation conventionnelle et que ces forfaits soient travaillés en amont avec les professionnels, les conseils nationaux professionnels qui sont les mieux à même de connaître les pratiques du terrain.

Près de 8 médecins et infirmiers libéraux sur 10 s’opposent à la mise en place d’un paiement au forfait pour le suivi du patient chronique. Ils redoutent tout à la fois de devenir des salariés de l’Assurance maladie et d’être enfermés dans un système trop rigide. Comment lever ces craintes ?

C’est totalement fantasmatique. On parle d’un mode de rémunération...

12 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…