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"On en parle pour se donner bonne conscience, mais on fait semblant" : le point étape cinglant d'un député en charge d'une mission sur la prévention
Ce mercredi 6 mai, le député LREM du Rhône, Cyrille Isaac-Sibille, en charge d'une mission gouvernementale sur la prévention primaire en santé, a réalisé un point d'étape sur le sujet. Il rendra ses propositions le 13 juillet prochain. En attendant il appelle à faire preuve "de courage politique" pour agir sur la prévention.
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Et si, en luttant contre les déserts médicaux, le Gouvernement se trompait de bataille ? C'est en substance, le message laissé par le député centriste Cyrille Isaac-Sibille chargé, par le Premier ministre, d'une mission sur la prévention en santé. Accompagné du Pr Franck Chauvin, en charge du pilotage du groupe d'expert associé à la mission et de Malik Lahoucine, ex-directeur adjoint de l'ARS de Bretagne, en appui à la mission parlementaire, le député Isaac-Sibille a réalisé un point d'étape de la mission.
"Ce qui m'a le plus surpris c'est qu'en France, on fait semblant de faire de la prévention. Tout le monde en parle pour se donner bonne conscience, mais on fait semblant", a taclé d'emblée le député lors d'une conférence de presse organisée à l'Assemblée nationale. "Ce qui occupe les ministres, c'est l'offre de soins", constate le député, médecin ORL de profession.
"L'enjeu est de transformer le système qui est aujourd'hui un système de soins, en réel système de santé", a abondé le Pr Chavin. Car "l'accès à un médecin traitant ne change pas la santé d'un individu", remarque-t-il, soulignant qu'il "n'y a aucune corrélation entre le nombre de médecins et l'espérance de vie". "En Mayenne, qui est le plus grand désert médical, c'est là ou l'espérance de vie est la meilleure, alors qu'à l'inverse sur la Côte d'Azur, elle n'est pas très bonne alors qu'il y a énormément de médecins", ajoute Cyrille Isaac-Sibille.
"Le système de soins, c'est 20% de la santé des individus"
"Le système de soins, c'est 20% de la santé des individus, il faut s'occuper de l'ailleurs", insiste Franck Chauvin. Car la France est l'un des seuls pays où la mortalité néonatale a réaugmenté, déplorent les auteurs de la mission. Ils appellent donc à une réelle "production de la prévention".
"Nos prédécesseurs en 1945 étaient bien plus malins que nous" observe Cyrille Isaac- Sibille, "ils ont mis en place la PMI, la médecine scolaire et la médecine du travail", en parallèle du système de soins. Mais "les soins c'est la grenouille qui est devenue un bœuf" et "les médecins de prévention ne font plus rien", dénonce l'élu qui pointe que "les jeunes sont les grands perdants" de ce système.
Aujourd'hui, les plans de préventions sont multiples et "difficilement lisibles pour les citoyens", remarquent les responsables de la mission, tout en constatant une absence d'évaluation des dispositifs et une intervention de multiples acteurs sans aucune coordination. "Il y a un nombre impressionnant d'actions de prévention", souligne le Pr Chauvin. "On sait ce qu'il faut faire pour que ça marche mais rien n'est fait donc il n'y a aucune chance qu'elles produisent le moindre effet", analyse-t-il.
En attendant de livrer leurs propositions, le 13 juillet prochain, les responsables de la mission appellent à faire preuve de "courage politique" et "à professionnaliser la prévention". "Le soin est confié à des professionnels mais la prévention est souvent faite par des amateurs", remarque Cyrille Isaac-Sibille. "Notre ambition est de construire une proposition qui puisse être reprise dans le cadre d'un projet de loi, avec du courage politique. On n'a pas le choix sinon le système va s'écrouler", prévient-il.
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