Psychologue

Mon soutien psy : les psychologues dénoncent la "mise sous tutelle médicale" de leur profession

Un décret paru le 6 mars est venu modifier les modalités de sélection des psychologues assurant des séances dans le cadre de Mon soutien psy. Fermement opposé à ce dispositif depuis le départ, le collectif Manifestepsy dénonce une "mise sous tutelle" de la profession.   

17/03/2026 Par Louise Claereboudt
Assurance maladie / Mutuelles
Psychologue

"Un pas de plus vers la paramédicalisation des psychologues", s'insurge le collectif Manifestepsy dans un communiqué de presse diffusé ce lundi 16 mars. Dans le viseur de l'organisation ? Un décret, paru le 6 mars, venant modifier le processus de sélection des psychologues assurant des séances dans le cadre du dispositif Mon soutien psy.

Désormais, la sélection des psychologues conventionnés se fait par l'intermédiaire d'experts psychologues qui appuient "l'autorité compétente". Laquelle n'est autre que le médecin conseil national auprès du directeur général de la Caisse nationale de l'Assurance maladie (Cnam).

"Les psychologues conventionnés Mon soutien psy seront donc désormais sélectionnés par une autorité médicale. Les 'experts psychologues' sont 'consultés', mais […] c'est l'autorité médicale qui décide", s'indigne le collectif, constitué en réaction à la mise en place de ce dispositif.

Pour rappel, ce dernier propose jusqu'à 12 séances d'accompagnement psychologique chez un psychologue partenaire. La séance coûte 50 euros, mais est remboursée à 60 % par l'Assurance maladie. Le dispositif "s'adresse à toute personne, dès 3 ans, qui se sent angoissée, déprimée ou éprouve un mal-être", indique l'Assurance maladie sur son site Internet.

Au terme de ces 12 séances, si l'état du patient ne s'est pas amélioré, un psychiatre doit être sollicité, précise le guide pratique à destination des médecins. Ce que fustige Manifestepsy. "Si, au-delà de 12 séances avec le psychologue conventionné, c'est au psychiatre de décider de la prise en charge du patient, cela implique que ce psychologue ne pratique plus librement", écrit-il.

"Ainsi le rôle du psychologue conventionné se précise de plus en plus : un psychologue sélectionné par le médecin conseil de la Cnam, totalement paramédicalisé et dont la fonction est de faire du soutien, sous la tutelle du médecin psychiatre", désapprouve le collectif pour qui participer à ce dispositif, "c'est accepter de devenir un auxiliaire paramédical soumis aux désidératas de la CPAM". 

Pour Manifestepsy, "ce conventionnement met en danger l'identité même du psychologue, le forçant à travailler selon la vision univoque du ministère de la Santé". "Il ne permettra plus aux psychologues, lorsque leur tutelle médicale sera définitivement établie, de mener à bien des psychothérapies en accord avec leurs patients, dans une relation de confiance, en créant une alliance thérapeutique et en adéquation avec leur code de déontologie", met en garde l'organisation.

"Les psychologues conventionnés ne seront plus souverains de leurs méthodes, de leurs outils et ne fixeront plus de manière autonome le cadre de leur prise en charge", poursuit le collectif qui appelle, une nouvelle fois, au "boycott massif" de "cette mesure délétère". Et de conclure : "Combattre la destruction de notre profession par ce Gouvernement, c'est avant tout ne pas participer nous-mêmes à cette destruction en nous conventionnant !" 

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